Par DDK | 20 Avril 2011 | 2731 lecture(s)

Liberté, j’écris ton nom

La crise multidimensionnelle et sociétale que nous vivons nous renvoie à une question centrale et incontournable celle de la Nation construite par la violence et imposée par la force dans un système où seule la force des armes s’exprime comme mode de gestion des conflits et des contradictions par un pouvoir issu d’une oligarchie militaire qui se donne tous les droits et moyens d’interventions pour maintenir l’Algérie dans cette impasse par l’instrumentalisation, la manipulation des réseaux et autres moyens arbitraires et opaques grâce au pétrole seule source de richesse pour alimenter la corruption comme mode de fonctionnement de toute dictature pour son maintien en discréditant toute action allant dans le sens de la prise de conscience collective en jetant le discrédit sur tout et tuant dans l’œuf tout embryon qui rappelle la vie dans sa dimension dynamique de la pensée et de l’existence empêchant ainsi l’espoir de voir naître une voie qui ouvre les horizons d’espoirs d’un rêve d’une Algérie plurielle comme cet arc en ciel aux couleurs qui définissent cette pluralité enracinée dans ses territoires pour extraire cette richesse source de l’épanouissement de l’être dans son environnement naturel et affectif, sentiments d’appartenance à une communauté de destin que le destin nous a jeté dans ces combats dans des réflexes et instincts de survie d’abord et puis comprendre notre histoire commune pour chercher les mots qui puissent d’écrire notre désarroi face à un monde qui refuse de comprendre qu’on ne peut tuer une mémoire au nom du sacré qui a sacralisé les dogmes et les tabous.

Le mouvement d’Avril 80 a le mérite de poser cette question, la question qui a brisé le silence, ébranler les fondements d’une Nation, seul mouvement politique jusqu’à aujourd’hui qui a crée l’espoir d’un printemps qui restera à jamais dans notre mémoire collective comme repère de notre histoire, et qui a déclenché un processus même inachevé mais pose les jalons d’une pensée nouvelle en rupture avec le conditionnement idéologique de la vision d’une Nation dont les contours exclusifs ont bloqué le mouvement de l’histoire et ont provoqué le désastre d’aujourd’hui dont lequel on assiste impuissant au dépérissement de notre particularisme qui représente le dernier rempart à un projet dangereux qui a atteint les entrailles de notre âme celle qui symbolise le plus grand symbole de notre existence celle qui habite nos montagnes aujourd’hui occupées par ceux qui ont mis ce pays dans un état indescriptible et de chaos total, quelque soit l’habit qu’ils portent le Kamis ou la tenue Kaki, des babouches ou des rangers, ils sont uni dans le même projet celui de nous soumettre de force à l’accomplissement de leur idéal, celui de nous détruire dans une logique de guerre permanente pour achever la construction de leur Nation.
Le mouvement de 80 a ouvert l’espace de la parole, libérer les énergies et les intelligences dans un environnement hostile, porter un espoir à travers le mouvement culturel berbère qui porte son nom, a fédéré les ambitions dans une démarche nouvelle et moderne et dans un soucis de consensus qui a inscrit à travers le séminaire de Yakouren un combat nouveau avec une génération nouvelle dont l’élite a joué un rôle historique dans le processus de la réappropriation de l’espace de débat vite restreint dans la logique d’intégration au cadre existant mais a planté dans ce paysage l’irréversibilité de la question Amazigh comme langue et identité d’un peuple qui refuse de se voir spolié de son histoire. Ce mouvement a réveillé les consciences au-delà du territoire dont il a pris naissance et sa source c'est-à-dire la Kabylie pour prendre racine dans toutes les régions berbérophones de l’Afrique du Nord et au-delà, il a traversé la mer et les océans pour poser les fondements d’un destin nouveau dans un monde acquis aux vertus de la stabilité et le statut quo figé par la guerre froide entre l’Est et l’Ouest à travers l’institution internationale qui est ONU avec son principe de non ingérence au nom de la souveraineté des Etats indépendants dont on paye aujourd’hui les conséquences.
Ce mouvement était précurseur et à l’avant-garde d’un monde nouveau avant même la chute du mur de Berlin qu’on nous présente comme un tournant historique du monde d’aujourd’hui, la Kabylie a été en avance par rapport à l’histoire dans cette région du globe qu’on veut aujourd’hui balayer d’un trait l’héritage de ce combat par le vent qui nous vient des voisins, un vent de changement qui siffle à nos oreilles pour oublier combien même ont est en avance par rapport à l’histoire. Il est à l’origine de la création de la ligue des droits de l’homme à travers ses militants infatigables, porter les valeurs de la laïcité, de la liberté de pensée, les valeurs de la modernité et de la justice qui ont provoqué un tremblement de terre et la désigne à travers la stigmatisation continue dans un discours haineux et provocateur en mobilisant les constantes sacrées telle la nation est une et indivisible, l’unicité du territoire et l’unité du peuple, un Etat centralisé et centralisateur, soumise à l’autorité centrale d’Alger quitte brandir le danger de la Balkanisation de l’Algérie dont nos chers intellectuels de tout bord n’arrêtent pas de vomir sur la place publique pour louer leur amours à la nation arabe et à l’idéal des peuples arabes dans une dimension surnaturelle mélangée à la fiction pour voir aujourd’hui le tsunami que provoque la chute un par un de ses mythes fondateurs d’une grande nation où les dictateurs et rois se retrouvent dans cette assemblée appelée ligue arabe qui dessinent nos destins.
Tout ce qui vient de la Kabylie est suspect, désigné à la vindicte populaire comme au temps des croisades, tout algérien doit être fier d’être arabe et musulman dans une fierté irrationnelle et émotionnelle qui soulève l’incompréhension et l’intolérance envers tout ce qui est différent, la différence est bannie au profit de la fierté d’être algérien arabe et musulman et le malheur d’être kabyle. Il faut porter le voile intégrale sur notre identité et notre histoire, renoncer à notre idéal de vie et d’existence pour exister dans le national.
Le processus de dépossession à travers l’arabisation et l’islamisation de notre école, des institutions et de l’administration, tous les moyens de propagande à travers la télévision et les radios, toute production intellectuelle et culture doit s’inscrire dans cette œuvre de destruction massive qui a engendré l’aliénation et la violence, elle se normalise et produit la norme de pensée où la contradiction n’a pas le droit d’exister dans une uniformité qui nous rappelle le fascisme, un fascisme rompant qui produit cette situation où la liberté de pensée n’a pas le droit d’exister. Elle a produit l’émergence d’un courant qui nous vient de loin qu’on appelle l’intégrisme islamique qui va encore approfondir la crise et se place comme sauveur de nos valeurs sous l’œil complaisant du pouvoir, un autre moyen de manipuler l’imaginaire collectif pour fermer les portes à tout processus rationnel qui puisse évacuer tant d’années de privation de liberté.
L’ouverture politique en 1989 n’a pas permis l’émergence d’un débat profond pour sortir de cet engrenage et de ce face à face malgré les illusions d’un espoir qui ont soulevé tant d’enthousiasmes après plusieurs décennies de privation, de répression et de matraquage idéologique d’une pensée unique d’entrevoir une éclaircie dans cet horizon sombre et fermé à toute idée de croire qu’un changement est possible avec le même régime et qu’une dictature peut se moderniser se reconvertir aux vertus de la démocratie. Le multipartisme de façade a engendré en Kabylie la première fracture démocratique et a fragilisé notre modèle de défense qui a résisté aux tirs de missiles lancées par la rampe d’Alger sans discontinuité pour atteindre sa cible qui est l’âme Kabyle. Ce que les pouvoirs successifs depuis l’Independence n’ont pas réussi, les deux courants dominants Kabyles (le nationalisme moderne et le moderne national) incarné par le FFS et le RCD, l’extrême gauche n’est pas du reste vont s’atteler à normaliser la Kabylie dans un processus d’intégration au cadre national avec des discours différents certes mais dont les objectifs sont identiques.
C’est deux courants dominants alimentés essentiellement par les cadres issu du MCB vont affaiblir la Kabylie, la rendre vulnérable par les luttes acharnées pour le contrôle de cette région dans une ambition nationale sans ouvrir le débat quand à sa redéfinition. La question Amazigh avec toute son implication sera écartée du discours politique condition pour avoir sa place dans le national. Ces courants dont la base objective qui constituent leurs partis est essentiellement Kabyles vont procéder à un glissement idéologique conforme aux exigences imposées par la réalité politique et de la pensée soit nationaliste ou néocoloniale dans sa dimension universelle issue des siècles de lumière. La pensée Kabyle à travers son particularisme séculaire se retrouve étouffée et confinée dans un confinement, impuissante à sortir du piège de dépossession par manque d’élite apte à porter cette dimension historique de la réhabilitation de son particularisme comme réponse à la crise multidimensionnelle.
Ce n’est pas la manifestation du 25 Janvier 1990 à Alger organisée par le MCB commissions nationales (encore nationale) qui changera la donne mais symbolise le dernier souffle avant sa mort programmée par l’incurie de nos hommes. L’échec du processus électoral va ouvrir une période noir dans notre histoire à partir de Janvier 1992 qui provoquera des traumatismes profond dans une guerre entre l’armée et les islamistes où la Kabylie sera impliquée par la force, sommée de prendre position et de choisir entre la peste et le choléra à travers les deux courants qui prendront une nouvelle identité entre réconciliateurs et éradicateurs. Cette fracture profonde va ouvrir une brèche énorme et laisser des traces d’une défaite après tant d’années de combat dans un consensus qui reste encore dans l’imaginaire collectif comme symbole du mouvement de 1980. Les alliances contre nature entre saint Egidio et les généraux vont instaurer un climat de méfiance et de désamour envers l’élite qui a compromis le destin de la Kabylie. Cet état sera amplifié par le DRS qui a investi le terrain pour accentuer encore plus le sentiment de mépris envers nous même.
L’élite politique est totalement discréditée, vidée de ses compétences la Kabylie est livrée à elle-même, sa cohésion volée en éclats et rentre dans une phase de dégénérescence, comme le reste du pays. C’est dans cette situation de crise profonde que des voix s’expriment d’abord à travers Salem Chaker qui a le courage politique d’assumer une ligne de démarcation claire dans la rupture radicale avec ces deux courants dans une logique de la reconnaissance à la Kabylie de son statut comme entité autonome de part son particularisme. Il sera suivi par des militants de la mouvance berbériste issue de 80 dont je fais parti et je profite aussi pour rendre un vibrant hommage à Malika Baraka avec qui j’ai partagé cet idéal de combat nouveau jusqu’à aujourd’hui pour lancer les assises d’une nouvelle pensée qui défend le droit du peuple Kabyle dans un environnement hostile où le débat est un tabou et toutes les questions de fonds sont évacuées au nom de la préservation de la nation dans sa définition encore en vigueur aujourd’hui.
La grève du cartable déclenchée en 1994 uniquement en Kabylie a vu réapparaître les deux courants sur la scène politique dans un affrontement sans merci malgré les appels à la raison. Elle va aggraver encore plus le désarroi et approfondir le clivage alors que dans le reste du pays on nous stigmatise. Des débats intenses se sont déroulés pour faire émerger cette pensée elle se soldera par un premier document intitulé « les Questions Amazigh actuelles » édité en 1996. Le processus est en marche et l’idée prend son chemin doucement mais surement. La problématique de la Nation est posée pour la première fois dans notre histoire depuis le mouvement national et de la crise berbériste de 1949 à aujourd’hui dans un processus lent fait d’échecs et de victoires mais qui a enrichi notre patrimoine riche en expériences humaines fait de drames comme tout processus de l’histoire.
En 1998 l’élection de Aziz Bouteflika va ouvrir une page nouvelle dans la continuité du régime en place et dans le même système politique avec une nouvelle donne celle de la concorde nationale qui a vu les militaires blanchis de leur crimes et l’armée islamiste réhabilitée dans le civile et les crimes qui restent impunis. Il sera l’homme qui va marquer cette décennie. Les partis Kabyles défaits et exclus de cette démarche, ils ont effectué leurs sales besognes et ont été renvoyé à leurs maisons qu’ils continuent à nier toujours par peur de se voir affligés une correction comme les enfants de l’école. C’est dans cette situation de marasme, de déception et de désillusion qu’un évènement en 2001 est survenu suite à une provocation qui a mal tourné dans la gendarmerie par l’interpellation d’un jeune lycéen mort suite à une balle qui va mettre le feu à la poudre dans cette poudrière qui n’attend que l’étincelle pour soulever le couvercle d’une cocotte minute qui explose dont personne ne pouvait présager de la violence engendrée par cette provocation qui a soulevé tout un peuple dans l’espoir de mettre fin à cette dramatique histoire dans laquelle on est enfermé.
Après le printemps de l’espoir de 80, on parle du printemps noir qui a endeuillé la Kabylie et l’a plongé dans un traumatisme profond même aujourd’hui on n’ose pas en parler vu l’émotion qu’elle a suscité. Je ne peux d’écrire quand je discute avec les acteurs de ce mouvement la blessure qu’elle a engendré telle un tsunami qui a tout détruit sur son passage pour ne laisser qu’un paysage de désolation.
Cette histoire nous marquera à jamais et provoquera une rupture émotionnelle vis-à-vis du reste du pays qui est resté indifférent face à ce drame dont 127 jeunes à fleur de l’âge ont donné leur vie dans un combat où la tragédie est déjà écrite par ceux qui ont voulu détruire l’espoir d’une jeunesse qui n’aspire qu’un à monde de liberté. Avec moins que ça le régime en Tunisie est tombé dans l’émotion qu’elle a suscitée aujourd’hui chez nous, alors qu’en Kabylie l’insurrection générale dans un climat de guerre n’a pas fait sortir aucune voix dans le reste du pays ni soulevé la moindre indignation pour arrêter le massacre, comme en Avril 80, elle n’a suscité aucune adhésion. Une marche sur Alger est organisée pour porter la plate forme d’Elkseur dont on peut discuter la teneur, mais la mobilisation unique dans l’Algérie postcoloniale avec des millions de Kabyles qui descendent sur Alger dans l’indifférence général alors qu’en Egypte deux million sur plus de 80 millions d’Egyptiens ont chuté le régime de Moubarak dans l’adhésion totale des algériens. L’histoire est la à témoigner, tout ce qui vient de la Kabylie est à inscrire comme contre révolution au modèle de pensée qui a défini les tenants et les aboutissant du projet de détruire sa trace.
C’est dans cet environnement qu’un groupe de militants ont osé franchir le pas en créant le MKL, mouvement pour la Kabylie libre à l’hôpital de Tizi-Ouzou devant le choc produit par cette situation qui dépasse l’imaginaire et vous laisse impuissant face à une réalité qui vous dépasse dans sa dimension inhumaine même le colonialisme français n’a pu créer ce sentiment pendant la guerre d’Algérie. Ce groupe deviendra l’un des fondateurs du mouvement pour l’autonomie de la Kabylie. Je découvre aujourd’hui avec eux la profondeur du drame à travers leur lecture dans une pudeur qui cache mal le sentiment de révolte d’une profondeur qui les a poussé à rompre avec le cadre national qui ne peut produire que ses drames répétés mais tout gardant l’espoir d’exister dans cet ensemble qu’on appelle l’Algérie.
Le mouvement pour l’autonomie de la Kabylie est né de cette douleur et a lancé tous les espoirs dans un combat nouveau, ils ont le mérite de rompre le silence et de casser un tabou pour croire à une voie qui mettra fin à ces injustices mortifères d’un peuple qui a subit la dictature d’une idéologie d’apartheid de part sa différence et son ancrage à son histoire. Pendant ce temps la Kabylie se démêle avec ses représentants qui d’abord ont exclu l’élite puis clochardiser le politique et enfin mener le mouvement dans une voie de garage en détruisant l’espoir suscité par cette mobilisation sans précédant ce qui accentue le sentiment de frustration et d’impuissance de pouvoir un jour voir nos actions porter ses fruits.
La pensée autonomiste a le mérite de poser la problématique du désir d’avenir. Comme en 80, elle a posé les jalons d’un monde nouveau en avance avec le reste du pays à la traine des ses décideurs. Le séminaire de 2002 organisé autour de la question centrale « l’autonomie en débat » a apporté les premières pierres d’un édifice en construction. Le mouvement doit se refonder pour porter un projet claire et visible pour convaincre l’ensemble de la Kabylie du bien fondé de notre action qui s’inscrit dans la convergence de nos intelligences comme seule alternative au système et aussi comme seule issue à la dictature et aux projets de régression civisationel incarné par l’islamisme qui a envahi nos terre. C’est dans ce sens que je m’inscris à la philosophie du texte signé par Hamou Boumedine, Sofiane Adjlane et Ait Bachir sur les colonnes d’EL Watan sur la refondation du mouvement autonomiste qui a le mérite de clarifier le positionnement idéologique et politique de notre démarche.
Aujourd’hui la Kabylie est livrée au banditisme, au salafisme, au maquis islamiste, à l’armée et à la gendarmerie qui occupent nos territoires et détruisent nos valeurs et notre modèle de société, occupent l’espace et nous impose leur dictat comme autant avec l’occupation qui se sont réapproprier notre patrimoine en nous expropriant, aujourd’hui c’est pareil pour faire une conférence ou un débat il faut demander l’autorisation au régent, pardon au wali symbole de notre dépossession et vestige du colonialisme pour lui dire que ce n’est pas politique c’est juste une activité culturelle qui rentre dans vos calculs. Pendant ce temps nos chers politiques vont à Alger pour prendre la bâtisse, dans des discours à vous donner la nausée alors que nos enfants sont détruits par l’école et notre patrimoine tombe en ruine.
Le politique est discrédité, aucun discours ne peut prendre on est dans une situation bloquée, bloquée d’en haut par la crise politique du pouvoir et d’une société détruite d’en bas après tant d’années de traumatises, entre les deux c’est le vide et l’incertitude. Il ne peut y avoir de solution dans le cadre de cet Etat-Nation avec son régime à renverser et sa dictature à bannir et son système à détruire. La Kabylie ne doit rien à attendre d’eux, elle doit prendre son destin en mains sans se faire d’illusion, peut être que l’espoir viendra de nos villages perchés dans ses montagne qui nous donnent une leçon d’humilité à travers le village de zoubga organisé en mini république avec sa constitution et Taqerbust qui a organisé le séminaire de la « Kabylie en débat ».
Entre la crise berbériste de 49, jusqu’à aujourd’hui en passant par 1980 et 2001, autant de dates qui symbolisent nos combats, j’espère que le prochaine printemps sera celui de la victoire d’un peuple qui n’aspire qu’à sa liberté et construire son devenir pour ses enfants qui apprendront à l’école « liberté j’écris ton nom».

Aziz Tari
(Ancien détenu d’Avril 1980)

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