Par Y.Samir | 23 Septembre 2014 | 2122 lecture(s)

Chanson : Son dernier album date de 2005

Dihya, la reine de la chanson chaouie engagée, de retour !

Elle a déjà sorti 4 albums et le cinquième est en préparation, à en croire quelques indiscrétions. Dihya, de son vrai nom Zohra Aïssaoui, est née en 1950 au village Taghit, blotti dans la chaîne montagneuse des Aurès. Elle a grandi dans un milieu pastoral, où les chants et les traditions avaient une importante place. A juste 8 ans, sa famille rejoignit son père qui s’était établi en France. Mais ces huit années vécues au bled serviront de catalyseur à sa future carrière artistique, puisque Dihya y puisera son inspiration. Une empreinte qu’on retrouve dans toutes ses chansons. Mais Dihya n’a pas fait que dans le folklore. Elle s’est investie, corps et âme, dans la chanson engagée, pour défendre la cause amazighe, aux côtés des autres artistes Chaouis, à l’instar d’Amirouche, ancien membre du groupe Ighounam. Dès son premier album, sorti en 1981, Dihya connut un franc succès avec « Kerd ! Kerd !», un hymne à la femme algérienne à laquelle elle demande de se soulever, de s’émanciper et se libérer. Attachée à sa culture d’origine, l’artiste y rend un vibrant hommage au roi numide Yugurthen, dans une chanson qui vous donne des frissons. Une année après, en 1982, Dihya sort son deuxième album, intitulé «Usin-d usin-d !». Cet opus rencontra un énorme succès dans la communauté berbère, en France, et auprès d’un large public en Algérie. Dans cet album, la diva, fidèle aux sonorités chaouies, avec des instruments du terroir comme el Gasba, le bendir et la flûte, a su donner un coup de modernité à la musique Chaouie, avec un savant mélange de nouveaux instruments. La voix cristalline, douce et émouvante de Dihya ne laisse personne indifférent. Dans les chansons comme « Djamila », « Imettawen » et « Ayache », pour ne citer que celles-ci, la chanteuse nous transporte vers les Aurès, avec leurs reliefs rugueux, ses gorges profondes et ses canyons où a vécu la reine des berbères ’’Dihya’’, le modèle de notre artiste. La chanteuse sortira un 3e album quelques années plus tard, pour ensuite disparaître complètement de la scène musicale. Il a fallu attendre l’année 2005 pour voir la reine de la chanson chaouie signer un 4e album, tout aussi merveilleusement travaillé que les précédents. Un mélange de musique traditionnelle et moderne. Dans cet opus, au titre très révélateur de « Lezzayer ass-a » (l’Algérie d’aujourd’hui), la diva dresse un tableau noir de la situation dans laquelle évolue le pays. Dans cette chanson qui a donné son titre à l’album, elle parle des racines, que l’on oublie peu à peu, et de ces bouleversements que connaît le pays. Toujours fidèle à son Amazighité, Dihya chante la culture ancestrale malgré l’éloignement de ‘’Hamurt-iw’’ comme se plaisent à dire nos frères Chaouis. Après 2005, l’artiste n’a plus sorti d’album, mais a néanmoins continué à animer des concerts privés. Actuellement, l’on dit que Dihya préparerait un nouvel album. Elle y chanterait même en duos, avec, notamment, Ferhat Imazighen Imula, l’autre chanteur engagé.

Y.Samir

5.00