Par DDK | 30 Octobre 2016 | 3300 lecture(s)

Ghilas Zikiou, un jeune talent qui monte, qui monte...

Le clip Ibiza en vogue

Douceur, suavité et mélomanie sont les maîtres mots qui reviennent tel un leitmotiv en évoquant le jeune chanteur Ghilas Zikiou. Bercé depuis sonenfance par le son de la musique, Ghilas a cru à sa bonne étoile, en s’accrochant vaille que vaille à son rêve le plus cher qu’est de chanter. Mariant belles mélodies et des paroles douces comme le miel, le natif du village Tiliouacadi a su conquérir les cœurs de milliers d’amoureux de la chanson kabyle. Ses tubes sont appréciés par un auditoire large et varié, constitué notamment de jeunes qui ne cessent de le soutenir et d’assister à ses concerts et galas organisés dans les quatre coins de la Kabylie. Avec une voix masculine au timbre chaleureux, Ghilas fait son petit bonhomme de chemin dans l’univers de la chanson kabyle. La scène algérienne, notamment, pullule de jeunes chanteurs en herbe qui tentent tant bien que mal de se frayer un chemin dans la chanson. Les styles, les voix et les sensibilités diffèrent. C'est pourquoi certains parviennent à briller sous les projecteurs, tandis que beaucoup n'accèdent jamais à la lumière. Ghilas Zikiou, par son dévouement pour la musique, caresse le rêve de faire partie du gratin de la chanson kabyle et peut être accéder à une carrière plus prometteuse à l’international. Son 3e album qui est arrivé dans les bacs, il y a quelques mois, a été bien accueilli par les fans de ce genre musical, un genre qui séduit de plus en plus de mélomanes. Générosité, sérieux et simplicité sont autant de qualificatifs qui reviennent lorsque les amis et fans de Ghilas tentent de le décrire. Son naturel force le respect et l'estime de ses proches qui le dépeignent comme un homme qui apprécie particulièrement les choses simples de la vie, l'art dans son ensemble. Il met tout son amour qu'il voue au perfectionnisme dans tout ce qu'il entreprend. Ghilas Zikiou est passionné de l'art en général et de la musique en particulier. Depuis son plus jeune âge, à peine 4 ans, Ghilas fredonnait déjà des mélodies comme à l’image de Jordy, et ce, grâce à son père qui l’initiait à l’univers de la musique. Passionné de sport, notamment le karaté et le football, l’enfant de Tiliouacadi n’avait qu’une idée en tête, c’est jouer de la musique et rien que de la musique. Appuyé par le papa qui lui composait des chansons, Ghilas tenait mordicus à enregistrer son premier album en 2001, mais faute de moyens financiers, le projet est si vite tombé à l’eau. Toutefois, cela ne l’a pas résigné à lâcher prise, d’autant plus que l’art musical coule dans les veines de ce jeune talent. À dessein de garder contact avec le public, Ghilas n’hésitait aucunement à monter sur scène à chaque fois que l’occasion se présentait pour se donner à cœur joie de chanter sans retenue. Après des débuts hésitants, le monde de la chanson lui ouvra enfin les portes pour enregistrer son premier album, sorti en 2009 sous le titre «Mon amour». «Ma première apparition sur scène fut à El-Flaye en 2004. À cette époque, je fréquentais le collège de ladite localité, en sus, la troupe des scouts que je côtoyais m’a permis de percer davantage dans la chanson en composant mes propres poèmes que je chantais sur scène», se remémore Ghilas. Et d’ajouter : «Le premier album m’a pris deux ans pour que cet opus voit le jour en 2009. Le succès n’était pas au rendez-vous, mais c’était une belle expérience. En 2010, j’ai sorti un single sur l'équipe nationale dans une compilation allez les verts». Et comme l’appétit vient en mangeant, le prodige N’Ath Waghlis a mis sur les bacs un deuxième album en 2011 sous le titre «Am-tismin», avec les éditions “Numidia”. Un autre en 2013 avec les chansons phares comme «Yad a-tayri» aux éditions “Melody plus”, et en 2014 un single “Zwaj i-bghigh ad-zewjegh”. Les albums s’enchainaient au même titre que le succès qui commence à sourire à la nouvelle star de la musique kabyle. Un quatrième album voit le jour en 2015 avec des chansons que les jeunes connaissent par cœur comme «Kemm tebghid yiwen» et «Ibiza». Cette dernière chanson a fait le buzz sur les réseaux sociaux, notamment avec un superbe clip qui n’a rien à envier à ceux qu’on voit en boucle sur les chaines de télévision et autres supports médiatiques. «Les éditions Gwash Musique de France sont chargées de la commercialisation de mon produit à l’international. Une opportunité pour moi de s’exporter à l’hexagone et de faire valoir mon art auquel je me consacre corps et âme», nous avoue avec un brin d’optimisme, Ghilas. Cet album que le chanteur se voulait celui de la maturité dans les paroles avec des poèmes au sens profond et méditatif, à thèmes variés allant du social au sentimental en passant par ceux de l'espoir, mais aussi dans la musique. La quête d’ouverture vers d'autres rythmes musicaux qu'il vient d'introduire dans la chanson kabyle est largement perceptible à travers les différentes chansons. De puissantes mélodies qui émergent incontestablement des entrailles de la Kabylie profonde, servies par une envoûtante et divine voix abyssale. Mais surtout une incommensurable force instrumentale, qui repousse à l'extrême les frontières de la musique. C'est la recette propre à Ghilas. L’avenir promet forcément de belles surprises à ce talent que d’aucuns ne peuvent nier.

Bachir Djaider

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