Par DDK | 18 Mai 2017 | 2197 lecture(s)

Bouira - Entretien avec Mme Saliha Cherbi, directrice de la maison de la culture

«Un alléchant programme spécial-Ramadhan»

Afin de faire le point sur la situation de la maison de la culture Ali Zaamoum, nous avons demandé à sa directrice, Mme Saliha Cherbi, installée en janvier dernier, de nous expliquer son approche pour redynamiser un établissement qui peine à retrouver ses marques.

La Dépêche de Kabylie : Vous avez été nommée à la tête de la maison de la culture de Bouira en janvier dernier, qu’est-ce qui a changé depuis votre arrivée ?

Saliha Cherbi : La maison de la culture est restée deux ans et demi sans directeur. Je ne dis pas qu’elle n’a pas fonctionné pendant tout ce temps, mais l’absence d’une gestion ayant des objectifs clairs et précis a eu des conséquences. L’état des lieux fut éloquent.

Quel est d’après vous le rôle que doit jouer cette structure ?

Celui de découvreur et de formateur d’abord. A travers nos ateliers (atelier de littérature, de dessin, de peinture, de théâtre, de poésie…), nous allons au devant des jeunes qui présentent des aptitudes, des dons ou des talents pour tel ou tel art. Nous les prenons en charge et les aidons à développer leurs potentialités.

La formation doit être notre fer de lance. Il faut préciser que nous les prenons en charge à un âge où tout est encore possible. Nous leur permettons, à travers des rencontres périodiques, d’avoir des échanges et un dialogue avec leurs aînés. Et l’expérience est des plus enrichissantes. Les activités développées au niveau des ateliers concourent à faire de la maison de la culture un centre d’épanouissement et de rayonnement.

Comment évaluez-vous les activités de la structure par rapport à ceux du théâtre régional et de la bibliothèque principale ?

Je préfère m’abstenir de toute comparaison. Mais je peux affirmer que la maison de la culture, qui a sa propre bibliothèque et son propre théâtre, concentre toute la vie culturelle de la wilaya. Lorsque nous accueillons des événements tels les rencontres sur le film révolutionnaire organisées le 19 février ou les festivités de célébration de la Journée de la femme, nous leur donnons une dimension nationale.

Cela n’empêche pas que de tels événements soient célébrés ailleurs au chef-lieu de wilaya ou dans d’autres communes. Ce que je sais, c’est que grâce à ses moyens et à son personnel formé et rodé, la maison de la culture Ali Zaamoum est en train de se replacer au centre de la vie culturelle nationale.

Qu’avez-vous déjà entrepris pour signifier la rupture avec les anciennes pratiques ?

Evitons les mots qui laisseraient supposer que rien n’a été fait avant. La maison a de tout temps accueilli des programmes alléchants. Mais c’est au niveau de la direction que les choses n’allaient pas. La maison a souffert de l’absence d’un responsable qui jouerait le rôle qui est le sien. Et ce rôle, j’entends le réhabiliter. Et aujourd’hui, un premier bilan peut déjà attester de ce changement. J’ai déjà parlé des journées du 19 février où le réalisateur Mohamed Rahel a été honoré pour son film "Le combat du cœur".

J’ai évoqué la journée du 8 mars où pendant une semaine il y eut des expos d’arts plastiques et de produits artisanaux, ainsi que des concours sur les habits traditionnels, l’art culinaire, le dessin... Il y eut également des pièces de théâtre, un défilé de mode, etc. La journée du 19 mars a elle été marquée par des conférences, dont celle de Mohamed Bedjaoui, auteur d’ouvrages historiques, des expositions et des représentations théâtrales en rapport avec l’événement.

A l’occasion des vacances scolaires, nous avons établi un riche programme pour les enfants comportant des divertissements et activités telles la lecture, le dessin, le chant et même de la plantation d’arbres. Mais c’est la journée du savoir qui a été célébrée avec le plus de faste. Du 13 au 16 avril, il y a eu une exposition de livres, où le livre amazigh a tenu une place à part grâce à la maison Assirem, présente à cet événement. Les arts plastiques ont complété le programme.

La célébration du printemps berbère a été marquée par la projection de deux films de Djamila Tabouni et d’Ali Mouzaoui, ainsi que deux conférences d’Ahmed Bilek, ancien membre du HCA, et de Hacène Halouan, ayant pour thèmes Mouloud Mammeri et la langue amazighe. Le 1er mai, la maison de la culture a reçu la visite de la ministre éthiopienne de la Culture, accompagnée d’une importante délégation.

Cette soirée artistique a été animée par deux groupes éthiopiens et fut rehaussée par la présence du wali et des autorités de la wilaya. Le 8 mai, nous avons organisé une exposition de livres sur la Révolution, une autre sur les arts plastiques, ainsi qu’une excursion à Sétif dans le cadre de cet événement majeur de notre histoire. Et pour la clôture des festivités, nous avons organisé la projection du film ‘’8 mai 45’’, de Yasmina Dib, en présence du docteur Zinedine Kacimi, professeur à l’Université de Tizi-Ouzou.

Qu’est-ce que vous avez préparé pour le mois de Ramadhan ?

Nous avons tracé un programme qui nous espérons sera à la hauteur des attentes du public. Nous avons une pléiade de chanteurs locaux qui, par groupes de trois ou quatre, animeront les soirées ramadanesques. Ils seront 55 artistes en tout. La maison aura également l’honneur et le plaisir d’accueillera de grandes vedettes, entre autres Nadia Benyoucef et Rabah Asma. Nous envisageons également introduire pour les femmes une soirée spéciale Boukala.

Des travaux ont par ailleurs été entrepris à l’intérieur de l’établissement...

C’est exact. Les murs avaient besoin d’être repeints. Nous avons donc jugé nécessaire de leur donner un coup de pinceau. On a l’impression que tout brille comme aux premiers jours de son inauguration.

Aziz Bey

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