Par DDK | 18 Mai 2017 | 836 lecture(s)

Évocation - Douze ans après sa disparition

Salah Sadaoui toujours très écouté

Douze années déjà depuis le décès de l'artiste kabyle Salah Sadaoui, qui nous a quittés un certain 10 mai 2005, des suites d'une longue maladie. L'auteur de l'indémodable "Yecreq yitij yuli wass" et bien d'autres chansons inoubliables, a laissé une empreinte indélébile dans la chanson kabyle, où ses œuvres sont toujours écoutées par un large public qui lui est resté encore fidèle.

Aâmi Salah pour les intimes est né en 1936 dans la région de Tamellaht, dans la wilaya de Bouira. Enfant, il est parti vivre à Alger dans la Casbah, où il s'initia à la musique et au chant. Très jeune, il intégra la chorale de l'association "L’espérance sportive" où il fera connaissance avec le chef d'orchestre Amraoui Missoum.

Il s'intéressa à la chanson Chaâbie tout en écoutant la chanson orientale, égyptienne notamment, lesquelles influeront plus tard sur sa carrière artistique. A cette époque, avant le déclenchement de la guerre de libération nationale, il animait au sein de la troupe "La rose blanche" des galas dans les cafés de la Casbah. En 1954, il émigra en France, où il exercera plusieurs métiers pour vivre, tout en animant des soirées artistiques dans les cafés tenus par la communauté maghrébine.

Il y rencontra un franc succès. Dans la suite, il retrouvera son maître, Amraoui Missoum, qui émigra aussi vers l’Hexagone. Il intégrera son orchestre comme percussionniste et choriste. Dans cet exil, Salah Sadaoui rencontrera d'autres ténors de la chanson kabyle à l'instar de Cherif Kheddam, Akli Yahiatène et Kamel Hamadi avec qui il a travaillé en étroite collaboration. Il participa également à la tournée de la troupe artistique du FLN dans les pays de l’Est, laquelle avait pour objectif de sensibiliser l’opinion internationale sur la cause algérienne.

A l'indépendance du pays, Sadaoui a choisi de rester en France où il s'engage dans une carrière solo après avoir joué aux côtés d’Amraoui Missoum. Etant auteur, compositeur et interprète, il composa beaucoup de chansons qui abordaient des thèmes d'actualité comme l'exil, les maux de la société, l'amour, la désillusion, la morale, etc. On trouve aussi dans ces œuvres des sketchs avec son complice et compère de toujours Kaci Tizi Ouzou, avec qui il jouait des pièces de théâtre.

Salah Sadaoui était aussi de tous les combats pour la cause amazighe. En 1966, il intégra l'Académie Berbère créée par Bessaoud Mohand-Arab. Cela ne l'a pas pour autant éloigné de la sphère artistique, où il continua à produire et à composer pour les autres chanteurs comme Meriem Abdi et Samy El Djazaïri entre autres. Il créa sa propre maison d'édition; "Sadaoui Phone", et ce probablement pour mieux gérer sa carrière et s'extirper des tracasseries des autres maisons d'éditions qui imposaient leurs "diktat" aux artistes.

Chantant tantôt en kabyle tantôt en Arabe Algérien, le fils de Tamellaht a su subjuguer un public acquis à ses œuvres comme: "Yecreq yiṭij","A Rebbi kečč d lqawi","A ɛemmi Sliman", "Ɛyit, mellit","Ya bent bladi","Dak khouya","Zzman"," Ḥebbit netzewwej weḥdi","inid feu a gma", et bien d'autres titres phares. Quelques années avant sa mort, il se retira de la scène, à cause de la maladie qui aura raison de lui. Il s’est éteint le 10 mai 2005 laissant derrière lui un riche répertoire d'œuvres musicales et artistiques. Un patrimoine toujours apprécié et écouté.

Y Samir.

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