Par DDK | 13 Septembre 2017 | 1199 lecture(s)

3e journée des Rencontres cinématographiques de Béjaïa

Le voyage de Keltoum émeut les cinéphiles

Pour la troisième journée des rencontres cinéma-tographiques de Béjaïa, le public était toujours au rendez-vous.

Sur l’affiche, une panoplie de courts métrages, dont Khalina Haka de Mahdi Barsaoui, Nirin de Josua Hotz, Vers la tendresse de Alice Diop, Le voyage de Keltoum de Anis Djaad, De l’autre côté du miroir de Rim Laredj, La passagère de Sarah Hatem. Or, pour la soirée, il y avait au programme La république des enchanteurs de Fanny Liatard et Jérémy Trouilh. Ce dernier débute avec Ghislaine qui danse sur le toit, Kamel qui se fait beau et Salomon qui ment à son frère. À eux tous, ils racontent une cité, une république faite d’enchanteurs. Ensuite, Demain dès l’aube de Lotfi Achoui. En fait, Demain dès l’aube est un long métrage. C’est tout à la fois l’histoire de la naissance d’une amitié et le portrait fébrile d’un pays hanté par des fantômes. Entre enquête policière et récit intime, Demain dès l’aube raconte les destins croisés de trois jeunes dans une Tunisie post-révolution qui oscille entre espoir et désillusion. Par ailleurs, concernant Le voyage de Keltoum, c’est un court métrage qui rapporte l’histoire d’une immigrée exerçant la fonction d’infirmière dans un hôpital en France. Keltoum est obligée de travailler pour subvenir aux besoins de sa famille. Son travail l’a éloignée de son mari et de son fils qui ont fini par lui reprocher son absence depuis leur installation en France. Keltoum peine à joindre les deux bouts, surtout quand sa sœur aînée la supplie de l’emmener se recueillir sur la tombe de leur mère à Alger. C’est là que tout a basculé. Keltoum ne réussit pas à s’en procurer l’argent qu’il faut pour le voyage et demande aide à sa petite famille qui l’a déçue. Mais elle finit par exhausser le vœu de sa sœur malade. Or, pour le second court métrage intitulé De l’autre côté du miroir, il rapporte le combat intérieur d’une jeune fille «Louise» qui, après des années d’absence, convoque son père pour un ultime tête-à- tête. Le rôle du père de Louise est joué par le grand acteur algérien, Mohamed Adjal. Il incarne le rôle d’un père algérien, installé en France et qui épousa une Française avec laquelle il eut une fille. Le père revient en Algérie quittant sa famille. La jeune fille, affligée par l’absence de son père, rentre dans un conflit intérieur. Elle s’imagine face à son père lui reprochant son absence durant toutes ces années. À huis clos, deux générations se confrontent, s’aiment, se haïssent et finissent par se rencontrer. Ce court métrage est aussi un regard poétique sur la France et l’Algérie, sur cette double identité de l’héroïne qui la fissure de tout ce qu’elle ne comprend pas. «Le père est uniquement convoqué dans son esprit, il n’est pas vraiment là, le père est absent on le perçoit comme ça, en décalé, comme une image», apprend-on de Rim Laredj, la réalisatrice. Un autre scénario s’est greffé sur l’original, c’est celui des acteurs, «c’est ce qui a fait la particularité de l’œuvre», dira la réalisatrice. Elle ajouta que le court métrage est tourné en deux jours uniquement.

Mechmeche Salima

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