Par DDK | 14 Novembre 2017 | 831 lecture(s)

Chanson Il contient 10 titres

L’album de Fatma II dans les bacs

Encore une voix féminine dans la chanson kabyle. Bien que le terrain musical soit largement dominé par les hommes de remarquables voix féminines se distinguent.

Ces derniers temps, des chansons rythmées, communément appelées le rythme 4/4, sont généralement destinées à la consommation festive où des chanteurs de la nouvelle génération excellent en réappropriant la scène artistique. Consciemment ou inconsciemment, Fatma II essaie d’extraire de l’oubli un autre genre de rythme. Tiré du terroir de la chanson kabyle et confiné dans un contexte très restreint, l’album met au devant de la scène «Urar n lxalat», un genre qui était, jadis, un moment de chant fort dans les fêtes kabyles, mais qui, malheureusement, tend à disparaître. Dans cet opus, l’artiste propose 10 chansons qui traitent de différents thèmes, mais qui ont tous un même champ lexical. En effet, le berceau des titres n’est que les lieux privilégiés par cette chanteuse et ses multiples composantes physiques ou morales, auxquelles elle a été confrontée. «Tilawin» est le titre phare de l’album. Ce dernier est un hommage de la chanteuse à son idole, Lalla Fatma Mohand Amechtouh Tilikelte. Avec des paroles bien choisies (ini-asent ad d-asent), elle incite les femmes à visiter le mausolée de Lalla Fatma. Dans «Tin i d-yusan», elle met en exergue la valeur et le bienfait de ces visites qui, d’après elle, exaucent les vœux de ses visiteurs. Avec une musique douce, une berceuse du genre kabyle, la chanteuse traite le thème de sa troisième chanson, intitulée «Lufan». Contrairement à la précédente, la chanson «Tislatin» est composée d’un rythme de fête, dont les paroles ne sont qu’une sorte de louanges et d’éloges des nouveaux mariés. «Efk-iyi-d lheqq-iw», quant à elle, traite de l’épineux sujet de la non-reconnaissance de la femme par les siens. Elle revendique, haut et fort, sa part d’huile, entre autres. Dans la chanson «Azrar», Fatma II décrit la femme kabyle, embellie par ses bijoux et sa tenue. La 7e chanson, «Seksu ifetlen», est une reprise de Llala Fatma Mohand Amechtouh Tilikelte. Cette chonson aborde la gastronomie amazighe, en général, et kabyle, en particulier. «Taghribt», «Tibugharin» et «Tabuqalt» sont les autres titres de l’album. À signaler que les paroles et la musique sont l’œuvre de la chanteuse elle-même, à l’exception de «Seksu ifetlen», qui, d’après elle, appartient à Lalla Fatma Mohand Amechtouh Tilikelte. Il est à noter également que plusieurs musiciens ont participé à la production de cet opus. On cite ainsi, entre autres, Chabane Mejkane au mandole et clavier, Akeche Karim à la percussion, Houria à la chorale, sous la direction artistique et production d’Ibrahim Adjlout.

Farida Elharani

0