Par DDK | 16 Mai 2018 | 955 lecture(s)

Théâtre régional Kateb Yacine

La pièce l’AS révèle la réalité du terrain !

«L’AS» aux différentes facettes du metteur en scène Abdelhamid Daamache, de la coopérative culturelle et artistique «Assatir» de Bab El Oued, s’est produite, hier, au théâtre régional Kateb Yacine. C’est une coopérative indépendante avec des liens avec l’APC de ladite ville. Elle est créée en 2012 et fait son bonhomme de chemin dans le 7ème art depuis. Toute la pièce s’est déroulée dans un centre psychiatrique où un trio a occupé entièrement le temps et l’espace, durant une bonne heure. Deux malades mentaux : Dahou Daoud (dans le rôle de Taqui) et Ben Kouar Nourdine (jouant le rôle de Chérif) et un médecin, jouant le rôle d’un avocat. Dans l’unique salle du centre, les deux comédiens vont et viennent, tantôt l’un dessine, l’autre court... Quelqu’un frappe à la porte. Ils n’osent pas ouvrir de peur d’être sanctionnés. Finalement, l’un d’eux ouvre et recule rapidement. «Je viens vous voir pour vous rendre votre liberté et vos droits», dit celui à qui on ouvrit la porte. Se présentant comme étant un avocat, il tenait une cage dans laquelle un oiseau de plusieurs couleurs attira l’attention des malades. La réponse ne tarda pas à venir des deux malades : «Il parle comme ceux de la TV». Le faux avocat ne cesse de poser des questions et ses interlocuteurs se demandent qui l’a envoyé. Se rendant compte que la porte est ouverte, l’oiseau s’est envolé, ce qui peina l’avocat. Il leur interdit de manger et de boire alors que ce sont eux qui lui servaient à boire et à manger. «La main dans la main, nous surmonterons cette crise de la faim (As) et nous essaierons de dormir pour ne pas la sentir nous tirailler l’estomac et les intestins. Nous sommes capables de rester plusieurs jours sans manger, sans boire et sans parler ! Serrez vos ceinture !» rappelle l’avocat. Ils essaient, par ironie, de juger l’avocat mais se disent : «Et si l’avocat est de mèche avec le juge ?» S’habituant avec lui, les malades commencent à raconter, chacun ce qui l’avait amené à être ici, dans cet établissement, qui pour eux, est une prison. Il est à signaler que la pièce sera rejouée lundi 14 mai 2018.
M A Tadjer

Abdelhamid Daamache, metteur en scène
«Le texte est adapté à la réalité algérienne»
«Le texte est écrit en 2014, adapté d’un texte irakien de Mohamed Abdellaoui. Tout a été changé dans ce texte, mis à part l’idée générale et l’ossature. Il est adapté à la réalité algérienne et avec le langage algérien (arabe populaire) et ce qui se passe actuellement dans notre pays. Le texte est revu à quatre reprises et à chaque fois, nous trouvons quelque chose à ajouter selon les circonstances de l’heure. Les malades sont en réalité dans une prison et les peines trop lourdes»

Propos recueillis par M. A. T

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