Par DDK | 12 Juin 2018 | 1071 lecture(s)

Salle Le Hoggar de DBK

Stratège ou la schizophrénie des Algériens

Le comédien Abbas Mohamed Islam, de Béni Izgan, wilaya de Ghardaïa, a gratifié le public de Draâ Ben Khedda, d’un monologue intitulé «Stratège». Ce fut dans la soirée d’avant-hier, vendredi, dans la salle de cinéma Le Hoggar. Une programmation du Théâtre régional Kateb Yacine, en collaboration avec l’APC et la troupe «Etoile Filante». De nombreuses situations furent campées par le jeune comédien. Il endosse d’abord le rôle d’un malade atteint de la pelade (maladie héréditaire) qui le remplit de complexes. Son rêve est d’épouser Dounia qui ne fait pas attention à lui et le rejette. Puis, il joue le rôle d’un soulard qui rumine ses souvenirs de la guerre, se remémorant les évènements tragiques du 8 mai 1945. Toute une galerie de personnages sera ainsi proposée aux spectateurs, de différentes nationalités et origines, parlant tantôt de pétrole, de politique internationale, de maladies et de célibat… Le code de la famille, le service national, les printemps arabes y passeront également… Sans décor et usant d’un simple chapeau, d’une casquette ou d’un bonnet, le comédien a su captivé l’assistance par son talent.
M A Tadjer

Mohamed-Islam Abbas, comédien
«La moralité, Il faut être soi-même»
«J’ai été formé à l’école d’art dramatique à Bordj El kifan (Alger). Actuellement, j’enseigne dans cette même école et je suis metteur en scène et comédien au théâtre national. J’ai eu la chance de participer à différents feuilletons et pièces de théâtre avec Benguettaf et Sonia notamment. Concernant ce monologue, le texte d’origine est d’Ahcène Tilani (dramaturge de Skikda). Nous l’avons revu et adapté à la situation actuelle du pays. On y parle notamment de la maladie dite pelade, causée par le stress. L’Algérien ne sait plus sur quel pied danser, il s’assimile à des personnes de différentes cultures et origines. Et s’il y a une moralité à l’histoire, c’est qu’il faut être soi-même».

Propos recueillis par M. A. T.

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