Par DDK | 13 Juin 2018 | 1203 lecture(s)

Maison de la culture Mouloud Mammeri

Hommage à Rachid Mesbahi

Un hommage a été rendu au chanteur Rachid Mesbahi, durant la soirée d’avant-hier, à la Maison de la culture Mouloud Mammeri, devant une assistance très nombreuse composée de familles, amis et proches du chanteur, et en présence du SG de wilaya, du P/APC de Tizi-Ouzou et de nombreux artistes.

Au lever de rideau, Hamidi Saïd a entamé la soirée par une chanson en hommage à Slimane Azem «Tizi-Ouzou». L’autre chanteur, Gacem Rabah, dans «Ruh anfiyi» s’adressant à sa bien-aimée : «Depuis ma maladie, je ne vois que du noir. Ils sont sur mon chemin et m’empêchent de continuer. Les amis d’antan sont rares aujourd’hui». C’est un rappel mais aussi un conseil que le chanteur voulait donner aux jeunes qui ne choisissent pas leurs amis et il enchaine avec «Anwa assaqsigh felas». Elle s’est éclipsée, les yeux ne retrouvent plus sa trace et c’est l’angoisse qui prend place. Saïd Khazem enchaîne avec une chanson de Rachid Mesbahi «3uhdeghk a savoun netnach» que le chanteur lui-même reprend quelques minutes plus tard dans un style particulier. «Yemma Azizen» est un hommage à la mère. Le sentiment de tout exilé qui laisse sa mère au bled pour se retrouver sous d’autres cieux par obligations familiales, demandant avec insistance pardon à la maman, «ô mère ne te fais pas de soucis – Je ne tarderai pas à revenir». Slimane Azem n’est pas en passe d’être oublié, au contraire, il est revisité à plusieurs reprises et les chanteurs ont repris ses chansons éternelles. «Saha dhi lwaqt aghedar»-«Amantas marayehsal», des chansons immortelles qui vous plongent dans une profonde réflexion. Le chanteur Rachid Mesbahi puise de son répertoire des chansons appréciées du public et parfois chantées en chœur telles «Ayisli» «Dkem idel3amriw» est chantée en duo avec sa petite fille. C’est aussi Dahmane El Harrachi qui revient cette nuit, avec «Assahbaa», «Ya rrayah». L’hommage à Matoub fait monter le mercure «sla3vitt ayavehri» très applaudie. Les parents ne sont pas oubliés au cours de cette soirée, et le chanteur Rachid le rappelle à tous avec «Ulac wi 3zizen feli siwa vava d yemma», suivi d’une chanson sur le patrimoine et l’amour de la patrie «Athamourthiw». La soirée s’est prolongée tard dans la nuit avec des chansons de jeunesse chantées dans un style chaabi très apprécié.
M. A. Tadjer

Nabila Gouméziane, directrice de la culture
«Je souhaite bonne fête à tous les artistes»
«Cet hommage entre dans le cadre de la journée de l’artiste. La veille, nous avons primé les lauréats d’Alhan wa chabab d’où s’est émergé Si Achour ! C’est la relève et nous ressentons un sentiment de satisfaction. Ce soir, nous rendons hommage à une personnalité de la chanson kabyle, ancienne génération, natif de la ville de Tizi-Ouzou. Il a marqué de son emprunte la musique kabyle, la musique chaâbie. En cette journée de l’artiste, je souhaite bonne fête à tous les artistes, un prompt rétablissement aux malades et Allah yarham tous ceux qui ne sont plus de ce monde.»

Aldjia, chanteuse
«J’ai tenu à être présente»
«Je suis très heureuse d’être là et c’est Rachid lui-même qui m’a invitée à cet hommage, en France. J’ai tenu à être présente».

Rachid Mesbahi, chanteur
«C’est la fête pour tout le monde»
«C’est la fête pour tout le monde. Je remercie tous les organisateurs qui m’ont réservé cet hommage où j’ai pu retrouver des amis que je n’ai pas vu depuis cinquante ans. J’ai tenté de satisfaire toutes les couches de la société en touchant à tous les soucis et toutes les préoccupations. J’ai rendu hommage à Slimane Azem, Dahmane El Harrachi. En France, en exil, nous étions une famille, entre artistes algériens. Je suis parti en 1958. Et depuis 1969, j’y suis installé en famille».

Propos recueillis par M. A. T.



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