Par DDK | 19 Juin 2018 | 944 lecture(s)

Timizart Retour sur le Ramadhan

L’association Tusna fut au rendez-vous

Dans la commune de Timizart, l’association Tusna a bien animé le Ramadhan, au village Abizar. Ce bourg, le plus peuplé de la commune, était une destination pour ceux qui s’intéressent à l’art et à la culture, pour assister aux différentes rencontres littéraires, où ont été traitées plusieurs thématiques liées à Tamazight, l’histoire et autres. «Notre programme pour les soirées du Ramadhan fut spécial cette année. Nous avons donné de l’importance au Savoir, à la littérature, à l’histoire et la culture amazighe. Nos activités se prolongeront tout l’été», explique Salah Abizar, secrétaire général de l’association. Trois rencontres littéraires ont, en effet, été organisées durant le Ramadhan ayant connu la présence des hommes des lettres et ceux qui s’intéressent à la culture. La première fut animée par deux écrivains; Rachid Boukheroub sur «la littérature orale et la sauvegarde de la culture amazighe», rencontre suivie par la présentation des œuvres des deux écrivains. La deuxième rencontre a eu comme thème, “La résistance des Ath Djennads contre l’occupation turque”, avec Abdellah Arkoub et Ahcène Mariche. Ils ont dévoilé une étape de l’histoire méconnue de la région et de toute la Kabylie, où les indigènes de l’époque avaient refusé de se soumettre à l’occupant turque et à sa politique des impôts qui n’épargne aucun villageois. Les deux écrivains ont éclairé l’assistance sur cette insoumission, et l’union des paysans contre ce nouvel ennemi. La dernière rencontre animée par Hacène Halouane et Hamid Bilek, avait pour thème «Tamazight, un projet de société : de Boulifa à Mammeri, le chemin est tracé». La conférence, pragmatique, et l’assistance qui maitrise le thème ont rendu la rencontre plus intéressante, notamment durant les débats, où les deux conférenciers n’ont épargné aucun effort pour éclairer davantage sur cette question, qui reste l’affaire de tous. L’écrivain Hacène Halouane déclara : «Le combat pour Tamazight est le notre, personne ne va le faire à notre place, pour ça il faut promouvoir cette langue dans notre vie quotidienne, parler, lire, et écrire en Tamazight. Avec ces trois pratiques, on peut faire à Tamazight une place dans l’écrit, puisque maintenant elle est toujours dans l’orale, et c’est un miracle qu’elle n’ait pas disparu». Hamid Bilek de son coté a insisté sur l’importance de continuer ce combat qui remonte à des siècles et, sur l’obligation de décrire la société kabyle de l’intérieur, puisque on a toujours été connus par les travaux des autres. Durant toutes ces soirées ont été en présence du premier responsable de la commune, Lounas Djouadi. «Je remercie cette association pour les efforts fournis. Notre commune a fait des panneaux d’indications en Tamazight qu’on posera prochainement, et j’informe les présents qu’on est sur le point de lancer le premier salon du livre Amazigh à Timizart pour cet été», dira M. Djouadi. Lounas Mehala, précédemment maire ajouta : «L’histoire des Amazighs est connue depuis des siècles. Salluste, entre autres, a écrit sur la guerre de Jugurtha. Nos jeunes doivent lire notre histoire et être fiers de leur appartenance.»«Ce genre de rencontres, avec des spécialistes, manquent pour avoir plus d’informations sur notre culture qu’on ignore et qu’on néglige terriblement. Je remercie cette association pour ce programme riche, et on espère assister à d’autres rencontres similaires», déclara un assistant à cette rencontre. L’association Tusna a clôturé son programme pour ce mois sacré, par une fête de circoncisions, tout comme la récompense des meilleurs élèves lauréats de l’examen de cinquième. Un gala artistique a aussi été organisé à l’occasion.
Djaffar Ouigra.

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