Par DDK | 14 Aout 2018 | 1910 lecture(s)

BÉJAÏA - 16e édition du Festival de la chanson amazighe

Takfarinas met le feu à Bougie

Takfarinas a fait vibrer, avant-hier au soir, les planches de la scène du stade scolaire de Béjaïa.

La pelouse et les gradins ont difficilement contenu les spectateurs qui étaient venus en masse assister au gala de la star de la musique moderne kabyle, qui ne s’est pas produite à Béjaïa depuis plusieurs années. Les familles ont commencé à affluer vers le lieu du déroulement du spectacle plus de deux heures avant son début, qui a eu lieu aux environs de 22 heures. Le gala n’a pris fin que vers 1h du matin tellement Takfa, cette «bête» de scène, n’a pas voulu lâcher son micro et son instrument de musique. Il voulait à tout prix faire plaisir à ses fans de Béjaïa. En parfaite symbiose avec son public, il interpréta une vingtaine de chansons puisées de son répertoire. Il commença par la fameuse chanson intitulée «Azul» pour clôturer la soirée avec «Chouiya Chouiya», pour le grand bonheur des dizaines de milliers de personnes présentes qui n’ont pas arrêté de danser et de chanter en chœur avec leur idole.

L’hommage à El Bouhi et Boudjemaâ Agraw

Takfarinas ne soufflera que le temps d’un entracte de quelques minutes, durant lequel le directeur général de l’Office national des droits d’auteurs (ONDA), principal organisateur, avait remis à la veuve d’Abdelkader Bouhi et à Boudjemâa Agraw, auxquels l’hommage a été rendu à l’occasion de l’organisation de la 16e édition du Festival de la chanson amazighe, des cadeaux pour tout le travail fait durant leur carrière artistique. La présence de Boudjemâa au spectacle de Takfarinas a permis aux deux artistes de se réconcilier après une brouille qui a duré 34 années. «Nous avons arrêté de chanter ensemble depuis 1984 et nous ne sommes pas revus depuis 2005. Aujourd’hui, ce fut un plaisir d’interpréter deux chansons sur scène avec Takfarinas et dont l’une d’ailleurs nous a permis d’obtenir, en 1975, le premier prix du Festival organisé par le comité des fêtes de la ville d’Alger», a avoué Boudjemâa Agraw. Justement, le point chaud de la soirée était lors de la montée sur scène de Boudjemâa Agraw pour chanter avec Takfarinas qui l’avait demandé. Ces retrouvailles se sont concrétisées par l’interprétation, en duo, de deux anciens tubes qu’ils avaient chanté ensemble par le passé. À la fin du spectacle, la fille de Boudjemâa a remis un bouquet de fleurs à Takfarinas qui était très ému et il l’a fait savoir à l’assistance. Un très beau geste de la part de Boudjemâa que toute l’assistance avait apprécié. Bien qu’il soit presque une heure du matin, aucun spectateur, encore moins l’artiste, n’ont voulu quitter le stade tellement ils étaient contents de se retrouver après une longue absence. Un début de festival prometteur. D’autres artistes se produiront également chaque soir, jusqu’à la fin du Festival qui aura lieu mercredi prochain avec un autre grand de la chanson kabyle, Mohamed Allaoua en l’occurrence.
A Gana.

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