Par DDK | 23 Aout 2018 | 1114 lecture(s)

AOKAS - Gala de solidarité

L’organisation décriée

L’association pour la promotion de la jeunesse et du travail humanitaire de la wilaya de Béjaïa est à l’origine des galas de solidarité organisés à Aokas. C’est en collaboration avec le CHU et l’APC de la localité et avec le soutien de l’ONDA que ces méga-concerts ont été initiés pour collecter l’argent nécessaire à l’acquisition du matériel pour la pratique des opérations chirurgicales pour le traitement de l’éléphantiasis au niveau du CHU de Béjaïa. Cette filariose lymphatique est causée par un ver véhiculé par les moustiques et qui fait que les membres inférieurs de la personne atteinte enflent démesurément. Toutefois, selon le professeur Danoune, DG du CHU, qui s’est exprimé sur les ondes de la radio Soummam, c’est une maladie qui se propage en Afrique subsaharienne ou en Inde mais rarement en Algérie. Mais la prévention est nécessaire surtout au niveau des zones où il ya des eaux dormantes. Les statistiques donnent une centaine de cas en Algérie. Le professeur Danoune dira que l’opération lancée a pour objectif de faire un protocole national de prise en charge en faisant un recensement scientifique sur tout le territoire, afin de procéder à leur traitement via des opérations chirurgicales avec une moyenne de 6 à 7 par mois. «Nous avons un bloc opératoire et des spécialistes algériens venus de l’étranger qui aideront à la formation de notre personnel en la matière. Maitriser des techniques de microchirurgie de pointe et traiter, en plus de l’éléphantiasis, le lymphœdème qui est une complication du traitement du cancer du sein qui se traduit par un gonflement du bras, font partie de nos objectifs à long terme», rajoutera le DG du CHU de Béjaïa. Une louable initiative qui permettra la prise en charge de cette frange de malades en Algérie plutôt que de dépenser des sommes faramineuses à l’étranger. Néanmoins, un bémol a été souligné. Le manque d’expérience de l’association chargée de l’organisation desdits galas a fait que celle-ci fut calamiteuse. Tout d’abord, les deux concerts d’Aokas ont débuté avec deux heures de retard et les portes du stade municipal, lieu du déroulement des spectacles, n’ont été ouvertes, notamment au deuxième jour, que quelques minutes à peine avant l’entame. En plus de ces retards, les organisateurs ont fait appel à des jeunes étrangers à la localité pour faire office de vigiles, si bien que même la députée de la région a failli ne pas accéder au stade avec son mari et sa fille, ayant été empêchés de rejoindre le carré réservé aux familles. Et en parlant de familles, deux carrés leur ont été réservés. L’un était protégé par des barrières, mais pas le second. «Je n’ai jamais compris ce principe de diviser les familles», fulminera Laid, un père de famille qui ajoutera : «J’ai été aux galas organisés au stade scolaire de Béjaïa et je n’en retiens que du positif contrairement à Aokas où la désorganisation a régné». En effet, les deux galas d’Aokas, dont le premier a engrangé de l’argent alors que pour le second l’entrée fut bizarrement gratuite, ont été un fiasco du point de vue organisationnel. Par ailleurs, la pelouse du stade a été complètement détériorée, le comité d’organisation n’ayant pas jugé utile de la couvrir d’une bâche comme ce fut le cas au stade scolaire de Bejaia lors du déroulement du festival de la chanson amazighe. «C’est une erreur monumentale d’avoir autorisé l’organisation de ce genre d’activités sans aucune sécurité pour la pelouse qui a coûté la bagatelle de cinq milliards de centimes», dira, avec amertume, Mokhtar, Directeur technique de l’école de football et ancien entraîneur de la JSMB. Donc, en fin de compte, cette louable initiative a été gâchée par la mauvaise organisation.

A Gana.

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