Par DDK | 25 Aout 2018 | 1214 lecture(s)

Chanson

Un nouvel album et un mariage pour Moh Amichi

Après une période d’absence et de prise de recul, revoilà Moh Amichi avec un nouvel album à travers lequel il observe une halte pour faire le point sur un pan de sa vie avant d’ouvrir une nouvelle page.

à travers son nouvel opus, l’évidence est que l’artiste aura retenu deux chapitres qui l’ont visiblement marqué jusqu’aux os. D’abord sa défunte maman, partie dernièrement pour un monde meilleur, à laquelle il dédie d’ailleurs ce dernier album intitulé Yemma.

Et puis son dépit après ce premier amour qui a fini par flancher au bout d’un temps. C’est en gros et en détails ce qui domine ce sobre produit, paradoxalement, à la fois festif et triste. Un beau mélange de fête et de deuil, de rythmé et de lourd, de coloré et de sombre, d’éclaircies étonnamment empreintes d’une énorme couche de déception, de déboires, de contrariétés, de désillusions et d’amertume, à l’image de la pochette du CD enveloppée d’une couleur noire grisonnante…

Seuls le nom et l’intitulé de l’Album «Yemma» sont maculés en rouge sang, comme pour dire la double déchirure subie intérieurement. Moh Amichi 2018 se décline comme sous un ciel assombri, mais l’artiste n’a rien perdu de sa nature, de sa jovialité, de sa vitalité, il déclenche toujours des éclats de rire au quart de seconde. Il passe d’une saison à une autre, d’un monde à un autre, sans transition. Il n’a pas de temps à perdre, même s’il n’a rien à faire.

Dans son chant, il est tout aussi divers. D’une simple relance, il passe du Chaâbi au folklore, de la mélancolie à la ballade… Et le voilà qui se lance dans le rap à travers ce dernier album. Du pur Amichi, tel un chaudron sur le feu, en constante ébullition qui incite au défoulement, à la vitesse… Avec lui le déplaisir, le linceul sont vite dépassés pour laisser place à la scène, au jeu de lumières, au déhanché et à la dentelle soirée. Le CD est à consommer sans modération.

C’est un plat cinq étoiles avec un menu de sept titres : «Dhouliw» (mon cœur), «Cherav Echira» (vin et Canabis), «Wali» (Contemple), «Yemma» (Maman), «Yelha» (exquis), «Thessarkhesdhiyi» (Humilié) et «Ma Kabylie». Il est déjà sur le marché. Sorti aux éditions Dyla Music le 25 juillet dernier. Entre temps, Moh Amichi s’est offert un beau mariage. Un vrai et en grand. Et ça repart !

R. B.

0