Par DDK | 26 Aout 2018 | 867 lecture(s)

Chanson

Le nouvel album d’Ahmed Awzelleg dans les bacs

L’artiste Ahmed Awzelleg poursuit sa saga sur les guillerets chemins de la chanson. Faisant sienne d’une rare constance dans l’effort, et d’une rigueur à toute épreuve, il nous convie à une nouvelle escapade en dehors des sentiers battus. Il en est à sa 8e fournée, dont la mise sur le marché a eu lieu fin juillet 2018 : «ce nouvel album devait sortir en janvier 2017, mais pour des raison de santé, l’échéance a été repoussée», nous a-t-il fait savoir. «Isem ik», l’une des chansons-phares de ce nouvel album, qui en compte 8, est un hommage posthume à l’un des pionniers de la chanson kabyle, Cheikh Arab Awzelleg en l’occurrence. L’âme de ce monstre sacré de la culture s’en trouve ressuscitée. «Ijah», est une chanson poignante qui interpelle autant qu’elle récuse les impérities de l’exilé. Noyé dans l’alcool, la luxure, au point de vendre son âme au diable, et renier sa famille, sa patrie, se renier. «A tabrats» et «Urgighk» livrent le prolongement de cette histoire à 3 actes, construite autour de la thématique de l’exilé et de l’exil. Par le truchement d’une missive, l’exilé tente de se justifier auprès de siens, afin de renouer les liens distendus jusqu’à la rupture. C’est la quête désespérée d’une hypothétique absolution. Pour sa part, «Urgighk», décline l’existence torturée de l’épouse laissée au Bled. En dépit d’un destin implacable, elle cultive le secret espoir de retrouver un jour son bien-aimé… «Ur nuk san ara», chantée en duo avec sa fille Lamia, monte en épingle les relations conflictuelles entre des individus, embourbés dans des chamailleries inutiles et insensées, au lieu de cohabiter en harmonie. Elle invite à la réflexion et suggère des voies de sortie. «D kem», est un bel hommage à la femme algérienne, drapée d’une épaisse toison d’or. C’est un clin d’œil à la mère, à l’épouse, à la sœur, à la fille. Elle évoque son rôle incontournable dans l’éducation et la transmission des valeurs. De quoi tirer gloire et fierté. «Buh a tayri w», est un plaidoyer pour l’amour. L’amour de sa dulcinée. L’amour du prochain, l’altérité. On y apprend l’ambivalence des sentiments et leur dévoiement qui vire à la rupture inéluctable. Et pourtant, cet amour est aussi vital que l’air qu’on respire. Enfin «Ayaman», est dédiée à la mémoire de Rayane, un jeune du village Khenfor (Ouzellaguen) disparu tragiquement en juillet 2016, noyé dans une mare.

N. Maouche.

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