Par DDK | 13 Septembre 2018 | 1553 lecture(s)

CALIGRAPHIE - Ce sera du 17 septembre au 20 octobre

Smail Metmati expose le tifinagh à Paris

La poésie et les proverbes issus du patrimoine algérien sont sa source d’inspiration, le qalame (le roseau taillé) son outil de travail et le tifinagh sa passion.

Smail Metmati l’artiste peintre et calligraphe algérien à choisi cette fois- ci de contacter son publique avec « la liberté » en choisissant pour l’affiche de sa prochaine exposition de calligraphies berbères intitulée Azar (racine) la lettre Z, symbole de la liberté en tifinagh. L’exposition débutera du 17 septembre au 20 octobre à Paris au siège de l’association de culture berbère. Le vernissage et la rencontre avec le public sont prévus le vendredi 21 septembre à 18 h. Contacter par téléphone, Smail Metmati nous livre le contenu de sa nouvelle collection à laquelle il a consacré 6 mois de travail, en parallèle ,il exposera aussi des toiles réalisées en 2015,2016 et 2017, son exposition comprend en tout une trentaine de toiles de différentes dimensions composées de poésie et de proverbes ayant pour thème : l’Algérie, l’identité, la bravoure, la femme, l’homme, l’arbre ,le printemps …Il s’est inspiré de la poésie de : Ad sefrugh de Si Mohand Ou M’hand ,ayagur de Taous Amrouch,assirem de Djura,le zayer tamdint yelhan de Slimane Azem ,on y trouve aussi Cherif Kheddam, Ait Menguellet ,T aleb Rabah,Kamel Hamadi,El Anka et d’autres. Ses proverbes sont puisés de l’art populaire tels que :Itejera yiweth,leheb imxallaf(le même arbre porte des fruits différents) ,Argaz ikerrez,tamettut therrez :l’homme laboure(la femme engrange ),Truhun w udmawen tghimin dyismawen (les visages s’en vont ,les noms restent ),Awal ma wezil yefra ma ghezzif add yawi kra (si un propos est bref, il est simple ,s’il est long il entrainera quelque chose ). L’artiste transcrit en tifinagh en s’inspirant des grands de la chanson algérienne et des proverbes populaires en utilisant l’argile pour ses couleurs afin de donner à ses toiles un caractère authentique. Avec sa main habile il ne peut que créer des œuvres d’arts. Sur le choix du tifinagh, notre interlocuteur nous dira : « Je suis un grand passionné de l’art de la calligraphie tifinagh,qui est une écriture conservée par les touareg et gravée sur la roche depuis des siècles. Je l’utilise dans mon travail dans un but artistique ». « Mon travail est pour l’humanité, je le fais pour promouvoir le tifinagh et dire qu’il y a une écriture berbère,»poursuit-il. L’ancien de l’école nationale des beaux –arts d’Alger précise : « La calligraphie tifinagh est ma spécialité, c’est une nouvelle discipline, qui malheureusement n’est pas enseignée dans les écoles d’arts, le caractère tifinagh n’est pas une écriture cursive comme le latin ou l’arabe, elle est composée de lettres bâton, l’une à coté de l’autre avec des formes géométriques : point, carré, cercle, triangle, lignes verticales et horizontales ». Pour rendre hommage à Matoub Lounes ,le calligraphe a choisi une manière original :une toile sera consacrée à la chanson « le3mer-iw » avec un texte poétique de Dahbia Ammour intitulé : « deux muses qui m’amusent », ou elle fait l’éloge des deux artistes dont voici un extrait «…ils sont tout deux passionnées de la langue amazigh, langue qu’ils travaillent ,qu’ils câlinent, qu’ils améliorent …l’un l’a prospectée de l’intérieur, la poésie et la musique sont les moyens pour élever plus cette ambition pour transformer le réel …il glorifie le tragique sans cesse ,chante l’amour de son pays ,glorifie les hommes héroïques …l’autre grand créateur poursuit ses pas depuis ses origines, ils se rencontrent dans leur belle expression, l’une orale et l’autre scripturale. Le lien de rencontre est ce jour de la commémoration à travers cette trace tangible qui est celle d’une toile dédicacée à l’occasion de l’anniversaire de la disparition physique de notre chantre de la chanson engagée qui a payé de sa vie … ». L’artiste ne veut rien laisser au hasard ,il veut faire les choses en grand d’ailleurs lors du vernissage , il y aura une présentation panoramique sur écran de plus d’une centaine de ses toiles sur fond musical du chant de Taous Amrouch .

Sonia. I

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