Par Ali Remzi | 18 Janvier 2011 | 2709 lecture(s)

Entretien Ouahiba Chaoui Poétesse

«La poésie me permet de colorer ma vie durant les moments d’obscurité»

La Depêche de Kabylie : Comment êtes-vous venue à la littérature ?

Ouahiba Chaoui: C’est plutôt la littérature qui est venue vers moi, la littérature est un univers captivant qui a pu m’émerveiller et me subjuguer dès mon enfance, depuis que j’ai appris à m’immerger dans la lecture, dans les livres, dans les mots, depuis que j’ai été atteinte de sensibilité littéraire.

Vous écrivez en Arabe et en Français. Parlez-nous de vos écrits littéraires ?
Je m’exprime quelquefois en Français, mais plus souvent en Arabe, notamment en ce qui concerne la poésie chaâbi, c’est là où je sens que je me trouve le mieux, mes écrits ne sont qu’une forme d’expression artistique simple et démêlée de mes pensées et de mes différents points de vue.

De grands artistes du Chaâbi vous sollicitent pour chanter vos poèmes en Arabe. Peut-on savoir plus sur ces propositions ?
Oui, mais ce n’est qu’un projet qui n’est pas encore sorti de son berceau, j’avais contacté un grand artiste du chaâbi, et je préfère ne pas citer son nom, il m’a exprimé sa volonté de chanter mes textes, sauf que le don artistique tout seul risque de ne pas suffire dans notre climat culturel. En essayant de me trouver un début exact et précis pour ce qui est de mon ambition artistique et littéraire, je me suis rendue compte que le chemin est non seulement long mais plein d’obstacles qui empêchent l’artiste de se réaliser, certaines formalités bureaucratiques qui n’ont rien à voir avec la culture ou bien l’art, entravent le bon déroulement de certains projets artistiques qui risquent de périr dans le berceau sans jamais voir la lumière.

Que représente la poésie pour vous ?
La poésie pour moi ! C’est les couleurs de ma vie, elle me permet de colorer ma vie durant les moments d’obscurité ou de pénombre, la poésie est l’interprète doué et astucieux de mes larmes et mes joies.

Quelle est la thématique qui revient le plus dans vos écrits ?

Mes écrits touchent souvent certains sujets d’actualité, ils visent, d’une manière ou d’une autre, notre réalité vécue que ce soit à l’échelle locale ou à l’échelle mondiale, la souffrance humaine, en général, excite et enthousiasme mon inspiration.

Y a-t-il des écrivains qui vous influencent ?
Oui, et le premier qui m’a influencée dès mon plus jeune âge, c’est le poète soufi populaire marocain du 16e siècle, Sidi Abderrahmane El Mejdoub, mais sinon, chaque écrivain sincère peut m’influencer, voire m’inspirer, en faisant abstraction de son degré de célébrité.

Pourquoi écrivez-vous ?
J’écris parce que ça fait partie de moi, j’écris parce que ça me donne la conviction que je vis réellement, j’écris parce que je ne peux faire autrement. Tout simplement, j’écris parce que j’en ai besoin.

Que pensez-vous de la littérature algérienne actuelle ?

Je m’excuse, mais je crois que je n’ai ni le droit ni la disposition de répondre à cette question. En l’occurrence, je ne me considère pas suffisamment qualifiée pour le faire, néanmoins, je peux vous dire d’une façon générale, qu’en Algérie il y a de plus en plus d’écrivains qui s’intéressent surtout à faire luire leurs noms dans le ciel de la littérature, tout en se désintéressant du but divin de l’écrivain.

Quel est le dernier livre que vous avez lu ?
Femmes, manifestez-vous, de Taslima Nasreen.

Quels sont vos projets d’écriture ?
Actuellement, je me concentre sur la poésie chaâbi, car il y a tout de même la perspective que le projet dont je vous ai parlé depuis peu soit réalisable, et on verra après, car je suis en quête de me réaliser dans des domaines artistique et culturel, autres que la littérature et la poésie. Enfin, Je vous remercie de m’avoir accordé ce petit espace d’expression, pour m’exprimer et pouvoir déclarer ouvertement mon amour envers la littérature.

Entretien réalisé par Ali Remzi

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