Par Boualem Slimani | 12 Juillet 2011 | 3287 lecture(s)

Il fut le premier atomicien du Tiers monde

Toudja rend hommage à Abdelhafid Ihaddaden

Le théâtre régional de Béjaïa a abrité la semaine dernière une conférence animée par Mohand Gacemi, professeur à l’ENA, consacréra la vie du Chahid Abdelhafid Ihaddaden.

Ce dernier, originaire de Toudja, fut, pour ceux qui l’ignorent, le premier citoyen du «Tiers Monde» à être diplômé en Energie nucléaire. Issu d’une famille de jurisconsultes, Abdelhafid est né le 9 mars 1932 à Sidi Aïch où son père Mohand Saïd exerçait les fonctions de Cadi-notaire. Après de brillantes études primaires à Jijel (1938-1943), Abdelhafid a poursuivi son enseignement secondaire au collège de Bougie (l’actuel Ibn Sina) de 1944 à 1953. Ensuite, l’enfant de Toudja s’envole vers la France pour continuer ses études supérieures à l’école des Arts et Matières à Paris (1953-1956). La dernière étape de son cursus scolaire fut à Prague (Tchécoslovaquie) où il était étudiant en Génie nucléaire. Abdelhafid est connu aussi pour son militantisme au sein de l’UGEMA (Union Générale des Etudiants Musulmans Algériens) et de la fédération du FLN qui activait en France. Parmi les missions qui lui ont été confiées, celle consistant d’assurer la liaison avec certains pays de l’Europe centrale, et cela en vue de l’achat des armes. Abdelhafid «qui voulait ouvrir les pages de l’histoire à la puissance de l’atome en faveur de son pays au lendemain de son indépendance» a été assassiné le 11 juillet 1961. En effet, l’avion Ilyouchine 18 de la compagnie tchécoslovaque assurant la liaison Prague-Bamako via Rabat et qui transportait Abdelhafid, a explosé ce jour-là au-dessus de Casablanca. Pour son frère historien, Zahir Ihaddaden, et les anciens du MALG, l’explosion était sans doute l’œuvre des services spéciaux français.

Boualem Slimani

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