Par DDK | 6 Juin 2016 | 985 lecture(s)

Entretien avec le président de l’association «El Baraka», M. Menad Ahcène

« Nous ne disposons d’aucun fonds »

- La dépêche de Kabylie : Vous qui êtes sur le terrain, comment se présente la situation des handicapés et des démunis à travers notre wilaya ?
M. Menad Ahcène : La situation est loin d’être reluisante, je dirai qu’elle est alarmante. La pauvreté et la précarité prennent des dimensions qui devraient alerter tout le monde. Le quotidien des familles pauvres et des personnes en situation d’handicap est difficile. À l’approche du mois sacré qui nécessite plus de dépenses, la situation sera plus difficile. Les responsables concernés, les donateurs et même le simple citoyen sont tous appelés à plus de solidarité et de générosité. Notre pays n’a pas toujours été en position d’aisance mais la solidarité légendaire a contribué à traverser la tempête sans beaucoup de dégâts.

Justement, qu’envisage votre association de faire pour aider les personnes handicapées et en situation difficile ?Pour ce mois de ramadhan, nous allons accomplir plusieurs actions, à savoir la distribution de colis alimentaires, des effets vestimentaires et des médicaments. Nous comptons aussi organiser une campagne de circoncision au profit des enfants issus de familles nécessiteuses. Dans tous les cas de figure, nous n’allons pas baisser les bras pour venir en aide aux familles en situation difficile. Nous ferons du porte à porte, s’il le faut, pour collecter des dons et les faire parvenir à ceux qui en ont besoin à travers les quatre coins de notre wilaya.

Avez-vous les moyens de réaliser toutes ces actions ?
C’est justement là que réside le grand problème. Je ne vous cacherai pas que, pour le moment, notre association ne dispose d’aucun fonds. Notre unique source est incontestablement le donateur. D’ailleurs, nous saisissons l’opportunité que nous offre notre quotidien pour lancer un appel urgent aux services concernés, aux gens aisés, aux bienfaiteurs et même aux simples citoyens d’être généreux et solidaires. Notre bureau, sis aux Ouadhias, est ouvert à tout le monde.

Quelle solution préconisez-vous pour venir à bout de cette précarité, notamment chez les personnes handicapées ?
La première action à entreprendre est de bannir l’immobilisme qui caractérise l’action sociale. La direction concernée est invitée à sortir sur le terrain pour être à l’écoute des handicapés et les accompagner. Cette frange de la société mérite de vivre dans la dignité, tout en bénéficiant de ses droits. La scolarité et la formation, l’emploi, le logement, l’accessibilité, la prise en charge sanitaire et l’augmentation de leur pension sont, à mon sens, des mesures urgentes à entreprendre. Les gens en général doivent savoir que des milliers de familles à travers notre wilaya souffrent dans la discrétion totale. Il faut leur venir en aide spécialement en ce mois sacré pour qu’ils puissent, à leur tour, trouver quelque chose à mettre sous la dent à l’Iftar. Chapeau bas pour la dépêche de Kabylie.

Entretien réalisé
par Hocine Taib

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