A Bouira, sur la pointe des pieds
Pour une première, c’est une première. Le MSP aura réussi à se présenter dans les six communes concernées par les élections partielles. Chose qui, jusqu’à aujourd’hui, était quasiment impossible à imaginer, pour cause de la non adhésion de la région aux projets islamiques. Même au fort moment de la déferlante islamiste, notamment lors des élections de 1991, aucun parti de mouvance islamique n’avait réussi à s’implanter dans la région à l’exception de la localité d’Ath Mansour, la seule municipalité acquise à l’ex-FIS dans toute la daïra de M’chedallah. Il est fort probable que cette localité renoue justement avec ses anciens amours puisque, en plus du MSP, El Islah lorgne lui aussi du côté des sièges vides d’Ath Mansour. Sinon, dans les cinq autres communes, les populations s’interrogent du fait que le MSP brigue des mandats, dans des contrées qui lui sont clairement hostiles. En plus des propos inhérents à une certaine évangélisation de la Kabylie, la politique de cette structure ne semble guère être au goût des citoyens qui lui reprochent son caractère xénophobe à l’encontre des Kabyles. “Nous savons pertinemment ce que veut Bouguerra Soltani… Sa politique est claire à ce sujet…il cherche à discréditer les Kabyles, tout en critiquant les archs…” Telle est l’avis des personnes interrogées quant à la participation du MSP dans la région Est de Bouira. Pourtant, d’autres citoyens nous révèleront que cette structure, qui ne se fait guère d’illusions sur ses chances de triompher, ne fait, en réalité, que marquer sa présence politique pour ces élections. Une présence qui, notons le, fait défaut au FFS et au FLN, supplantés par un parti de mouvance islamique. “Même en faisant partie de l’alliance présidentielle, le MSP demeure, pour nous citoyens, une structure de mouvance islamiste”, ainsi s’exprime Smail, enseignant de son état. Pour lui, la présence du MSP dans des régions kabyles est hautement symbolique : “Il faut dire que dans cette région qu’est la Kabylie, le MSP ne mise pas réellement sur la politique mais plutôt sur le volet social. En profitant de la misère et de la pauvreté, la formation de Aboudjerra Soltani tente de s’infiltrer dans la société, au moyen de ses satellites caricatifs. Une sorte de cheval de bataille”.Une bataille, qui semble perdue d’avance, puisque si l’on croit les dires de citoyens, aucun nom figurant sur les têtes de listes de cette formation n’est connu. A Aghbalou, le nom de Touati Mohamed, qui doit mener le MSP à la magistrature communale, passe pour être un illustre inconnu. Même scénario dans les localités de Saharidj, M’chedallah, Ahnif et El Esnam. Les têtes de liste sont des personnes qui n’ont, pour la plupart d’entre elles, jamais fait de politique. “Pourquoi voulez-vous que l’on vote pour un étranger a la région, lorsqu’on sait que les anciens maires, tous originaires et habitants la localité, n’ont pas réussi à venir à bout des problèmes de la commune?” Cette interrogation suscite beaucoup de remous au sein des populations d’autant plus que cet état de fait reflète assez bien la réalité.
Hafidh B.





