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Beni Amrane Affrontements avec les forces de l'ordre sur fond de protestation contre l’implantation d'un C.E.T

Dix blessés dénombrés

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Soirée très agitée, avant-hier, au centre-ville de Beni Amrane, à une vingtaine de kms au Sud-est de Boumerdès. Des heurts y ont éclaté entre des groupuscules de manifestants qui avaient séquestré le président de l’APC et une brigade des forces de l’ordre. Tentant d’intervenir pour libérer l’édile municipal, les policiers furent bloqués par des groupuscules de jeunes dont certains étaient armés de blocs de pierres. Les heurts qui ont duré près d’une demi-heure ont occasionné près d’une dizaine de blessés sans gravité. C’est surtout grâce à l’intervention des notables de la municipalité que le calme fut rétabli, a-t-on signalé. Le maire a été enfin relâché mais ce n’est qu’un calme apparent, puisque que le motif de la protestation persiste. Tout avait commencé dans la matinée. Soutenus par de nombreux habitants de la commune voisine d’Ammal, des centaines de citoyens de Beni Amrane s’étaient attroupés devant la mairie, en signe de protestation contre l’implantation d’un centre d’enfouissement technique à proximité de leurs agglomérations. Ce projet décidé par la wilaya, au lieu dit Boutouil, est catégoriquement refusé notamment par les habitants des douars des deux chefs lieux communaux. «Nous avons besoin de projets de développement et d’infrastructures éducatives ou sanitaires, non pas de décharges et de saletés», s’emporteront des représentants d’agglomérations secondaires d’Ammal, à l’instar de ceux d’Aït El Hadj Lounis et de Tiza. «Nous n’accepterons jamais de vivre les mêmes souffrances que celles que vivent les habitants de Corso. Ils sont quotidiennement exaspérés par la puanteur d’une telle station de déchets réalisée non loin de leurs habitations», clameront d’autres délégués des douars de Beni Amrane. Ce centre urbain a été donc, avant-hier, le théâtre d’une spectaculaire manifestation contre un le projet. Ce dernier que les autorités locales auraient elles-mêmes refusé lors de quatre sessions ordinaires de la wilaya, en plus des lettres adressées à cette première instance départementale. Et l’on comprendrait alors que le maire a été pris en otage, suite à un dérapage de la manifestation, par des protestataires qui recherchaient la médiatisation de leur action et voulaient faire pression sur les responsables concernés.

Salim Haddou