L’Histoire, l’historicité de la colonisation de l’Algérie

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S. Ait Hamouda

L’Histoire, sommairement, s’écrit comme un conte, se lit comme un récit et se comprend comme des faits ayant marqué un peuple, son passé, son présent et son avenir. Il est un peu exagéré de lier l’histoire à la légende où encore d’exagérer les performances ou les actes de bravoure d’un peuple pour marquer les exploits et les prouesses en manipulant l’écrit, cela s’appelle une vue historiciste de son histoire. Donc, une vue restrictive, abusive, de son passé. Il est des moyens de penser le passé sans le pervertir, sans le doper de vrai et d’ivraie, sans en faire une mythologie. L’Histoire est écrite par les historiens, ils savent rassembler les documents, faire des recoupements, interroger des témoins et avec tout ça, écrire l’histoire sans fioritures, sans exagérations et sans arrière pensées. Il va de soi que le pays veut récupérer les cranes de ses martyrs se trouvant toujours chez l’ancien colonisateur plus d’un siècle et demi après. «L’Algérie poursuit ses efforts à travers ses canaux diplomatiques pour la récupération des crânes de ses martyrs conservés au Musée de l’Homme en France». Zitouni a souligné que le travail des commissions conjointes se poursuit encore sur les dossiers de la mémoire, notamment les archives et les victimes des essais nucléaires, dans l’espoir que chacun puisse bénéficier de ses droits. Tayeb Zitouni avait assuré, en juin dernier, que cette affaire «est prise en charge» au plus haut sommet de l’État. «Nous œuvrons actuellement en collaboration avec le ministère des Affaires étrangères pour une prise en charge optimale de cette question dont l’histoire remonte à plus d’un siècle» Les crânes à restituer sont ceux de résistants algériens du début de la colonisation française. Ce sont les crânes secs qui appartiennent, entre autres, à Mohamed Lamjad Ben Abdelmalek, dit Cherif «Boubaghla», Cheikh Bouziane, chef de la révolte des Zaatchas, dans la région de Biskra en 1849, Moussa El-Derkaoui et Si Mokhtar Ben Kouider Al-Titraoui. On parle aussi de la tête momifiée d’Aïssa El-Hamadi, lieutenant de Chérif Boubaghla, qui fait partie du lot à restituer, outre le moulage intégral de la tête de Mohamed Ben-Allel Ben Embarek, lieutenant de l’Emir Abdelkader. Il va sans dire que ces cranes constituent pour l’Algérie un trésor inestimable alors que pour la France, ni plus ni moins, qu’un trophée de guerre.

S. A. H

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