Par DDK | 16 Février 2017 | 1779 lecture(s)

Djamel Belkadi, directeur de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou

«189 établissements restent sans directeurs»

En marge de la rencontre organisée à l’UMMTO avec des conseillers d’orientation, le directeur de l’éducation de la wilaya de Tizi-Ouzou nous a accordé cet entretien où il s’exprime sur plusieurs sujets relatifs à son secteur.

La Dépêche de Kabylie : Vous avez entamé l’année scolaire en cours avec un manque d’effectif pédagogique et administratif que beaucoup d’établissements ont signalé. Où en êtes-vous à présent ?
M. Belkadi Djamel : Concernant l’encadrement pédagogique, on a réglé ce problème d’une manière définitive. Pour cette année, au niveau primaire, on n’a pas de contractuels. Tous les enseignants sont confirmés. Concernant le lycée, on a procédé cette année avec des listes d’attente qui sont toujours ouvertes. A chaque fois qu’un manque est signalé, on recourt à ces listes. Certaines d’ailleurs ont été épuisées. Dans ce cas, on est obligés de recourir aux remplacements, en attendant un nouveau concours qui se tiendra cette année. Concernant l’encadrement administratif, nous avons en effet un manque. On a 13 lycées sans proviseurs, 33 CEM et 143 écoles primaires sans directeurs. Dans le statut de l’éducation, on doit subir un concours puis suivre une formation pour pouvoir accéder au poste de directeur, donc ce n’est pas facile. A titre d’exemple, pour les postes de proviseurs de lycées, on a eu l’année dernière la participation de 20 candidats et il n’y a eu qu’un seul reçu qui a été engagé à Souk El Ténine. C’est un gros problème. Le manque est palpable en effet, mais un censeur peut cependant remplacer un directeur, mais ce n’est qu’un vice-directeur, il n’est pas ordonnateur. Pour le cas de Beni Douala par exemple, où on n’a ni superviseur ni directeur, ce dernier étant à la retraite depuis novembre dernier, on a installé un censeur et un surveillant général. Pour le problème de la cantine, celle-ci fonctionne et il y a un cuisinier, mais ils n’aiment pas la qualité de la cuisine.

Plusieurs perturbations ont eu lieu cette année, à cause de la grève et des intempéries… Comment comptez-vous gérer la situation ?
Un certain retard est dû aux intempéries et le début de l’année a en effet été caractérisé par les grèves des syndicats, une grève nationale je tiens à préciser et qui n’avait aucune revendication régionale. S’agissant des intempéries, c’est en effet un problème spécifique notamment aux régions montagneuses. Nous avons un retard par exemple à Aïn El Hammam et Iferhounène. Nous avons pris attache avec les directeurs et les inspecteurs administratifs des écoles primaires et on a tracé une stratégie de compensation. Au niveau de chaque établissement et pour tous les paliers, on a un programme spécifique et on est en train de le suivre. On a obligation de rendre un compte détaillé au ministère de l’Education pour chaque établissement. Les parents des élèves qui habitent loin des lycées ont demandé à ce que leurs enfants puissent travailler les vendredis et samedis au niveau des établissements primaires proches d’eux et nous avons répondu favorablement à leur requête.

Plusieurs protestations ont aussi eu lieu à travers différents établissements de la wilaya, votre commentaire ?
Oui, il y a des manques, il y a des pannes parfois. Par exemple, il y a eu une panne d’électricité aujourd’hui à Maâtkas, on a appelé la SDC qui va prendre le problème en charge. A Taka (Tizi Gheniff), l’école de Mkira a vu trois de ses salles complètement brûlées dans un incendie. Nous avons pris en charge les élèves, ils continuent leur scolarité et bénéficient d’une cantine, en attendant de reconstruire. On ne laisse pas les élèves sans prises en charge, dès qu’il y a un problème, nous réagissons en collaboration avec les autorités locales. Il faut préciser que Tizi-Ouzou est la seule wilaya où le problème de cantine ne se pose pas. Sur un ensemble de 595 cantines scolaires, une seule sert des repas froids. Le reste est fonctionnel. Je tiens à vous informer que depuis deux jours, les cantines scolaires sont à la charge des APC. Le budget de ses cantines ira aux APC.

Un autre problème se pose dans le secteur. Il s’agit des logements de fonction…
C’est un grand problème, très sensible. Les retraités doivent quitter ces logements d’une manière ou d’une autre. Nous leur sommes reconnaissants pour ce qu’ils ont donné à l’éducation nationale, mais ceux d’entre eux qui ont un autre logement doivent libérer les logements de fonction. Pour les autres, nous les prenons en charge jusqu’à ce que leurs situations s’améliorent. Des enquêtes sont faites. On a des services qui sont spécifiquement chargés de traiter et prendre en charge les doléances et les préoccupations des enseignants.

Entretien réalisé par Kamela Haddoum

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