Par DDK | 18 Mai 2017 | 4977 lecture(s)

ABDELOUAHAB AÏT MENGUELLET, maire de Tizi-Ouzou, démissionne du parti

Séisme au RCD !

C’est un véritable séisme qui s’est emparé hier de la maison RCD. Le maire de la commune de Tizi-Ouzou, une municipalité des plus symboliques et des plus stratégiques et pour la Kabylie et pour le parti, Ouahab Aït Menguellet, vient carrément de claquer la porte du parti.

Il le fait avec fracas, «à la hauteur de la gravité de la décision», précise-t-il, tout en avouant qu’il n’avait pas d’autres choix face au «reniement» des valeurs auquel a abouti le parti. Des mots très durs en somme, qui suffisent à eux seuls pour dire toute la frustration d’un maire qui dénonce bien des écarts dont il charge désormais son ex-parti, non sans égratigner au passage son président en exercice.

Nous reproduisons ci-après la déclaration de démission complète, rendu publique, hier, lors d’une conférence de presse tenue par le maire démissionnaire, à son bureau de maire, à la mairie de Tizi-Ouzou : «Il y a des moments dans la vie où l'on est contraint de prendre des résolutions, parfois cruelles. Par cette maxime introductive, je suis foncièrement chagriné d'annoncer mon retrait définitif des rangs du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie. Cet acte solennel, je l'ai voulu à la hauteur de la gravité de la décision. Il est destiné aux militants dévoués de notre Rassemblement et à mes concitoyens qui m'ont élu à la magistrature municipale de la Commune la plus symptomatique d'Algérie qui trouveraient dans cette soudaine décision matière à discussion. A ceux-là et uniquement à eux, je dois des justifications car conscient de l'obligation morale qui m'y lie. Considérée comme l'aboutissement d'un combat juste des générations antérieures, la création du RCD me semblait salutaire et mon adhésion y était naturelle, volontaire, voire impérieuse pour apporter ma contribution à l’œuvre. Depuis, ma fidélité aux idées et même aux hommes était sans faille, à l'instar des milliers de militants à la sincérité et à l'engagement avérés. Comme les courants d'eau, la vie d'un parti connaît implacablement des méandres et notre Rassemblement n'y a pas échappé. Tant que l'origine restait exogène, nous avions su et pu, à chaque fois, en redresser le parcours. Cependant, les comportements et attitudes inappropriés et déviationnistes à plus d'un titre dont se sont rendus coupables, ces derniers temps, ceux qui étaient censés en être les objecteurs, interpellent les consciences des militants, dont la mienne. Lorsque le choix de la représentation des citoyens à un parlement national s'entache de puérilité et d'accommodements, lorsque des connivences et des égoïsmes s'entrelacent et des appétits s'avivent, lorsqu'on commue une défaite cinglante en un moment de festoiement, lorsqu'on adopte une attitude sélective et dédaigneuse à l'endroit de l'Histoire, les manquements sont nombreux pour ne s'en tenir qu'à ceux-là, il y a comme un reniement des valeurs originelles de notre Rassemblement. Doit-on conjecturer d'une sournoiserie de déstabilisation et de destruction ? Le décor en semble, à bien des égards, planté. S'amenuisant inexorablement, l'espace de la pratique politique devient l'apanage de quelques illuminés, peu propice à l'expression plurielle. Après vingt-huit (28) ans de militantisme, la sagesse me recommande la solution la plus apaisée. Abhorrant toute forme de négativisme, je demeurerai, cependant fidèle à notre combat identitaire et aux idéaux universels de démocratie et des droits de l'homme. Je tiens à réitérer ma disponibilité à tous mes concitoyens à les servir humblement à chaque fois j'en serai sollicité».

En résumé, le maire démissionnaire de son parti ne compte pas pour autant se retirer de la vie politique. Ce qui réjouira sans doute la population de Tizi-Ouzou qu’il a fini par rallier à sa cause même si au départ, il a été élu avec un taux de participation étriqué.

Avec le temps, les actes et surtout les promesses tenues et sa droiture dans la gestion de la cité, Abdelouahab Aït Menguellet que tout le monde quasiment sur la place de Tizi appelle affectueusement D’da L’ouahab a su conquérir ses concitoyens, comme l’administration locale et régionale d’ailleurs. Tout le monde lui voue en effet un profond respect et le RCD a sans doute perdu gros avec son départ.

Arezki H.

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