Par DDK | 19 Juin 2017 | 4541 lecture(s)

L’échangeur des 4 chemins, la pénétrante, l’évitement de Kherrata, la centrale pétrochimique…

Ce qu’attend Béjaïa de ses nouveaux députés

L’initiative prise par le wali Mohamed Hattab de réunir les nouveaux parlementaires de la wilaya pour les associer à la relance du développement à Béjaïa ne peut que réjouir.

C’est une première et un pas rassurant et surtout révélateur de l’intention et de la disponibilité du premier responsable de la wilaya à tenter d’accompagner et de veiller à relancer la machine localement. Un soulagement face au problème des retards qu’accusent les projets dans la wilaya de Béjaïa qui semble perdurer. En effet, des grandes réalisations retenues à la traine, on citera notamment l’échangeur des quatre chemins, la pénétrante autoroutière, le centre hospitalo-universitaire, la centrale pétrochimique et l’évitement de la ville de Kherrata. Si ce dernier a enfin été mis en service, ce n’est pas le cas des autres qui ont enregistré, depuis, un retard prolongé allant pour certains jusqu’à trois ans. Les projets de la centrale pétrochimique, au même titre que celui du CHU, sont eux gelés. La plateforme pétrochimique a été, pour rappel, promise à la wilaya en compensation de la raffinerie annoncée avant d’être annulée il y a quelques années de cela. Elle devait être réalisée à El Kseur avant qu’on ne décide de la délocaliser vers Boudjellil. Mais depuis, rien à l’horizon, alors que sa mise en exploitation était prévue pour l’année prochaine. Au jour d’aujourd’hui, seule la déclaration au sénat de l’ancien ministre des relations avec le parlement, Khellil Mahi, suscite encore de l’espoir chez les citoyens quant à sa réalisation, eux qui comptent sur ce projet, structurant et devant créer quelque 3 000 emplois, pour diminuer le chômage dans la région. Il avait dit que «le projet n’était ni annulé ni déplacé, mais subordonné à la réalisation du dédoublement de la voie ferrée et de la pénétrante autoroutière». Mais ces deux projets risquent de prendre des années encore, hypothéquant cette plate-forme pétrochimique. Si pour le projet de la pénétrante, un tronçon a été inauguré laissant présager la réalisation du deuxième segment dans moins d’une année, ce n’est pas le cas pour le dédoublement de la voie ferrée. Ce projet, prévu sur un itinéraire de 87 kilomètres entre Béjaïa et Béni Mansour, a été confié à un groupement d’entreprises pour une enveloppe de 65 milliards de dinars, mais les oppositions des propriétaires terriens riverains ont bloqué son démarrage qui aurait dû avoir lieu il y a un quinquennat de cela.

Ces grands projets qui changeront la wilaya

Pour ce qui est du CHU, mis à part la décision de la commission de choix de terrain dépêchée d’Alger qui avait opté pour la commune de Boukhelifa au «détriment» de celle d’Oued Ghir, le projet reste encore au stade des… projections. Pourtant son inscription remonte à 2009. Enfin, le projet de l’échangeur des quatre chemins lui non plus tarde à être concrétisé. Il devait être livré, dans un premier temps, au début du deuxième trimestre 2015, c'est-à-dire il y a deux années de cela, mais à ce jour, il n’est qu’à 60 % de taux de réalisation. Si l’on considérait les déclarations de l’ancien wali, les délais avaient été prorogés à avril dernier. Mais deux mois après, le bout du tunnel n’est toujours pas visible. Selon un cadre de la société en charge du déplacement des réseaux électriques, la société de réalisation de ce projet risque de rester encore une autre année pour l’achever. Il a parlé de l’important nombre d’ouvrages qui restent à réaliser et des voussoirs qui doivent être ramenés d’Annaba. Le directeur des travaux publics avait promis, sur les ondes de la radio locale, d’entamer leur pose en janvier dernier, mais à ce jour, avouera un des cadres du secteur, « ils n’ont même encore pas été fabriqués ». Faut-il rappeler que ce projet était programmé depuis le début des années 2000, grâce à un montage financier des collectivités locales, mais il avait buté, à l’époque, sur des oppositions dont celle dressée par les commerçants riverains, qui redoutaient l’extinction de leur activité. Ainsi donc, cet ouvrage d’art a accusé un retard avant même l’entame des travaux. Cette contrainte ayant été levée par les services compétents qui ont décidé, au début de l’année 2011, de le prendre en charge en préservant l’intérêt des contestataires par la conception d’un nouveau tracé, une autre contrainte est venue le bloquer. En effet, la société Sonatrach s’y est opposée arguant empiétement du projet sur le couloir de servitude de son pipeline. En 2012, enfin, le chantier a été lancé avec des délais de réalisation de deux années. Or, cinq ans après il n’en est rien. Hormis ces projets, il y a d’autres qui sont inscrits et dont l’entame des travaux était programmée depuis longtemps, mais pas la moindre pierre n’a été posée au niveau de ces chantiers. Il s’agit notamment du dédoublement des routes nationales N°26 et 9. Concernant cette dernière d’ailleurs, la partie relevant de la wilaya voisine de Sétif a été achevée depuis belle lurette. Ce qui est loin d’être le cas pour Béjaïa ? C’est sans doute là autant de défis à relever localement pour l’actuel exécutif de wilaya. Des projets qui ont besoin d’être portés aussi haut par les nouveaux parlementaires de la wilaya, réunis mercredi dernier chez le wali Mohamed Hattab pour se pencher justement sur une feuille de route à même de remettre Béjaïa sur l’orbite du développement. En effet, face au slogan retenu «ensemble pour Béjaïa», il ne devrait plus y avoir de place pour le laxisme des uns et des autres. La population locale attend beaucoup de l’administration comme de ses élus à tous les niveaux, particulièrement les nouveaux députés appelés à défendre au niveau central la relance et la concrétisation des projets en souffrance dans la wilaya. L’opposition des citoyens devrait aussi être bannie devant l’intérêt général.

A. Gana.

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