Par DDK | 19 Juin 2017 | 1723 lecture(s)

Mahammed Rabah, sous-directeur à Algérie Poste Tizi-Ouzou

«Les agences ouvertes en nocturne»

A travers cet entretien, Mahammed Rabah, sous-directeur à Algérie poste Tizi-Ouzou, annonce l’ouverture des agences postales en nocturne durant cette dernière semaine du Ramadhan. Il parle aussi d’autres questions de l’heure se rattachant au secteur.

La Dépêche de Kabylie : On signale un manque de liquidités dans plusieurs bureaux de poste, notamment à Azeffoun et Souk El Ténine… Ce qui n’est pas pour rassurer à la veille de la fête de l’Aïd.
Mahammed Rabah : Pour la disponibilité des fonds, il y a une réglementation : chaque bureau de poste ouvre droit à un montant bien déterminé, à ne pas dépasser, suivant son classement. C’est également une affaire de sécurité des convoyeurs. Nous avons 158 bureaux de poste ouverts au niveau de la wilaya de Tizi-Ouzou. On travaille avec une entreprise étatique pour l’acheminement des fonds et on ne peut couvrir tous les bureaux de postes tous les jours. Donc, ces derniers font leur programme selon leur besoin. Et comme les statistiques des opérations de retrait chez les citoyens ne sont pas toujours les mêmes, quelques bureaux de postes se retrouvent, parfois, en rupture de liquidités. D’autres, en revanche, qui n’ont pas consommé la totalité de l’argent, annule l’acheminement. Pour que les bureaux de postes soient réguliers, il faut que la demande de la population soit, elle aussi, régulière. Je m’explique : si un citoyen fait un retrait de 20 000 DA à Souk El Ténine ce mois, il doit l’effectuer chaque mois sur le même endroit et de cette manière on aura des statistiques fiables pour anticiper la demande en liquidités dans tel ou tel endroit. Ceci dit, une chose est certaine, il n’y a jamais eu de rupture de fonds, mais plutôt un retard dans l’acheminement de l’argent. Je cite un exemple : le jour de l’acheminement de l’argent vers Azeffoun, on tombe sur une route fermée par les citoyens, on est alors obligés de rebrousser chemin et d’annuler l’opération. Cet état de fait et tous ces aléas pénalisent évidemment la population. La disponibilité des fonds et le programme d’acheminement sont respectés, donc il n’y a pas de raison de nous en vouloir sur ce point.

Des dispositions supplémentaires ont-elles été prises pour la fin de ce mois de Ramadhan ?
Toutes les mesures ont été prises pour ce mois de Ramadhan. Cette année, ça sera un peu exceptionnel, on aura à faire avec tous les virements des salaires, des retraites et autres. Mais on fera tout pour répondre aux besoins de la population. D’ores et déjà, je peux vous dire qu’un programme de nuit sera opérationnel dès le début de la dernière semaine du Ramadhan, ce qui va assurément réduire l’affluence en journée.

Est-il prévu d’ouvrir de nouveaux bureaux de poste ou de rouvrir d’anciens jusque-là demeurés fermés par «mesure de sécurité» au niveau de la wilaya ?
On a ouvert un bureau de poste à Tizi n’Terga en mars dernier. On procédera aussi, incessamment, à l’ouverture de celui de Tamaassit, du côté d’Aghribs. Il est question également de la réouverture des bureaux qui ont été fermés par mesure de sécurité, à l’instar de ceux de Timizart Loghbar, Tala Amara et Bouhinoun.

Les citoyens se plainent également du manque de personnel dans certains bureaux de poste. Comment comptez-vous y remédier?
Le problème de l’effectif se pose beaucoup plus sur le plan qualitatif que sur le plan quantitatif. Le remplacement d’une personne expérimentée partie en retraite par un jeune débutant, qui a besoin d’au moins 5 à 6 ans de formation, reste le souci majeur de nos différents services. Cette contrainte nous pénalise vraiment actuellement, parce que chaque bureau de poste a besoin d’au moins deux personnes avec une expérience d’au moins 15 ans. Je vous laisse imaginer les suites de leur remplacement par deux débutants. Il y a par ailleurs des postes carrément dépourvus de personnel, je citerai le cas d’Aït Ouaban, d’autres souffrent juste d’un manque comme celui de Tala Athmane, entre autres.

On signale aussi un souci avec les distributeurs (DAB) et les cartes magnétiques. Qu’en est-il exactement ?
En ce moment, on travaille avec la carte Edahabiya. Elle a été mise en service en décembre 2016. Nous à Tizi-Ouzou, on est actuellement à 14 000 cartes et d’ici la fin de ce mois de juin, il y aura presque 60 000 cartes. Les anciennes cartes seront toutes remplacées par ces nouvelles. Les détenteurs des anciennes cartes doivent demander cette nouvelle carte dès maintenant, parce que d’ici peu les anciennes ne seront d’aucune utilité et seront bloquées automatiquement. Il n’y aura plus d’activation ou d’actualisation. La demande de la carte Edahabia se fait par Internet, une procédure simple. On la demande via le site d’Algérie Poste www.poste.dz et la carte sera disponible dans un mois ou 45 jours au plus tard. Algérie Poste a préféré cette procédure de commande par rapport à la délivrance automatique, comme c’était le cas auparavant, parce que beaucoup d’anciennes cartes n’ont pas été récupérées par leurs propriétaires. L’avantage avec la carte Edahabia c’est que l’on peut payer des achats avec. Actuellement, on peut payer le carburant dans quelques stations services et faires des achats dans plusieurs magasins, dans des pharmacies, entre autres, en attendant la généralisation de l’opération. Par ailleurs, je tiens à signaler ceci : dès que le nombre de détenteurs de carte Edahabia atteindra 60% à Tizi-Ouzou, nous allons procéder à l’arrêt définitif des anciennes cartes. En effet, les distributeurs automatiques (DAB) vont faire une migration de système, donc elles ne seront plus reconnues par ces machines. La moitié de la population de la wilaya de Tizi-Ouzou (600 000) détient un compte CCP. Elle est classée, également, la première à l’échelle nationale dans la densité postale avec ses 158 bureaux de postes ouverts, loin devant les autres wilayas. La population doit rendre hommage aux postiers au lieu de les condamner. Il y a des postiers qui font face à 400 personnes dans la journée, on imagine alors sa situation. C’est vrai aussi qu’il y a des insuffisances, mais si la population nous aide, nous pouvons pallier à ces carences.

C’est votre conclusion ?
Juste une dernière mesure projetée en prévision de la saison estivale. Vu l’affluence des citoyens en cette période des vacances, nous allons mettre le paquet pour faire face aux besoins des estivants au niveau du littoral, à Azeffoun et Tigzirt. Il se peut que les bureaux de poste soient ouverts en continu dans ces villes.

Entretien réalisé par Hocine Moula

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