Par DDK | 12 Aout 2017 | 2330 lecture(s)

YACINE RAMDANI, maire d’Oued Ghir

«Me représenter ? Oui, si on me le réclame !»

Élu maire d’Oued Ghir en 2012 sur une liste MPA, Yacine Ramdani dresse dans cette interview le bilan de son mandat, qui prendra fin dans moins de quatre mois. Il défend un bilan plutôt «positif et satisfaisant», malgré, déplore-t-il, «des blocages» d’une opposition qu’il qualifie de «stérile».

La Dépêche de Kabylie: Votre fonction de maire prendra fin dans quatre mois. Quelles sont vos principales réalisations durant ce mandat ?
Yacine Ramdani: L’aménagement urbain, notamment l’assainissement des eaux usées (AEU), la réfection des routes, l’éclairage public, l’alimentation régulière en eau potable, la rénovation et l’extension des écoles primaires étaient au cœur de nos actions, qui visaient l’amélioration du cadre de vie de nos concitoyens. À notre arrivée, plusieurs réseaux d’assainissement de la commune étaient dans un état calamiteux, alors que des localités, ou des quartiers entiers, en étaient carrément dépourvues. Nous avons inscrit des dizaines d’opérations à travers le territoire de la commune pour remédier à cette situation, car nous avons jugé prioritaire la dotation de nos villages de ce réseau. À titre d’exemple, nous avons investi 800 millions de centimes rien que dans le village El-Merdj, pour la réalisation d’un réseau AEU neuf et d’un bassin de décantation en vue de l’éradication des fosses septiques utilisées par les citoyens pour l’évacuation des eaux usées. Nous avons consacré tout au long de notre mandat de grandes sommes d’argent, que ce soit pour la réfection des réseaux AEU défectueux, leur extension ou la réalisation d’autres neufs. C’est, ainsi, que nous avons inscrit des opérations similaires dans les villages Ibourassen (1,2 milliard), Amaâdan (2,5 millions DA), lotissement n°3 au chef-lieu communal (2,5 millions DA), Zala (1,4 million DA), Meddour (7 millions DA), Tayma (8 millions DA), Tamda (2,5 millions DA), Hellil (5 millions DA), quartier Salmi (2,4 millions DA) et Tighdirine (3 millions DA), pour ne citer que ces localités. Cela nous a coûté plusieurs milliards de centimes comme l’indiquent bien ces chiffres.

Des enveloppes conséquentes ont été aussi investies pour la réfection des routes…
Effectivement. La rénovation du réseau routier nous aura beaucoup occupés durant l’actuel mandat. Nous avons inscrit plusieurs opérations pour le revêtement des pistes de quartiers en béton, des routes moins fréquentées en tri-couches et des chemins communaux principaux, donc souvent empruntés par des automobilistes, en béton bitumineux. En ce qui concerne les pistes de quartiers, nous en avons revêtues plus de 50 en béton, pour un montant dépassant les cinq milliards de centimes. Parmi les routes ayant bénéficié d’un revêtement en goudron, je citerai celles traversant les localités d’Ibourassen, Mellala, Tamda, Taourirt Larbaâ, Ibaouchen, Hellil, Zala et Tayma. Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive. Concernant le lotissement Ibourassen, la réalisation des VRD a été prise en charge dans le cadre d’un programme sectoriel avec un montant de 5,5 milliards. L’APC n’a pas suffisamment de moyens financiers pour assumer à elle seule la viabilisation de ce quartier.

Est-ce que ces routes rénovées et aménagées sont aussi bien éclairées ?
Justement, parallèlement à la rénovation du réseau routier, nous avons consacré 28 millions de DA pour la réfection, l’extension et l’entretien de l’éclairage public à travers tout le territoire de la commune. Par ailleurs, nous avons financé, dans le cadre des PCD, la réalisation de neuf postes maçonnés destinés à l’amélioration de l’alimentation en électricité. Cela a mis fin grâce aux équipements qui y ont été installés par la SDE aux problèmes des chutes de tension. En outre, nous avons participé avec une enveloppe de 1,4 million DA, dans le cadre d’un montage financier APC-BW, à une opération d’électrification de 120 habitations.

Le logement reste l’un des besoins majeurs des citoyens. Est-ce que votre commune est suffisamment dotée en programmes de logements pour satisfaire la demande ?
Concernant l’habitat rural, 365 familles ont bénéficié d’aides à l’auto-construction. Elles ont même achevé leurs travaux de construction. Toutefois, la majorité de ces maisons ne sont pas encore raccordées à l’électricité. Je profite de cette occasion pour demander aux pouvoirs publics et à la SDE leur intervention, en vue d’assurer l’alimentation en électricité à ces nouvelles habitations. Actuellement, nous avons 300 autres bénéficiaires, dont les dossiers ont été approuvés par l’APC. Ils attendent les décisions d’attribution de leur aide financière de 700 000 DA. Cependant, je juge ce quota insuffisant comparativement au besoin exprimé. Notre commune avait bénéficié d’un programme de 450 logements sociaux, dont la liste des pré-bénéficiaires a été rendue publique il y a plus de deux ans. La commission des recours a validé définitivement 356 attributions, alors qu’un nombre de 94 pré-bénéficiaires ont été disqualifiés après vérification par ladite commission du fichier national du logement. Ils seront remplacés par d’autres demandeurs de logements qui le méritent. La remise des clés pour ces logements de type social interviendra probablement à la rentrée sociale, une fois les VRD réalisés. À cela s’ajoute un autre programme de 100 logements RHP, en voie d’achèvement. Ces unités sont destinées essentiellement au recasement des habitants des quartiers précaires de Tiberakine à Mellala et la SAS au chef-lieu communal. Nous avons aussi sur le territoire de la commune un programme de 145 logements LSP confiés à deux promoteurs. Les listes des bénéficiaires ont été approuvées par la commission de wilaya. Dans un autre chapitre, nous attendons l’achèvement des logements sociaux en cours de réalisation dans le cadre de la nouvelle ville implantée sur le territoire de notre commune. Je réclamerai un quota pour les citoyens de notre municipalité. Ceci dit, je pense qu’avec ses 20 000 habitants, la municipalité d’Oued Ghir nécessite des programmes de logements plus conséquents, notamment dans le FONAL et ceux de type social, pour répondre aux besoins croissants exprimés.

Parlons des équipements publics, qu’avez-vous réalisé dans ce domaine ?
D’abord, nous avons réalisé trois antennes administratives, respectivement à Amaâdan, Taourirt Larbaâ et Ibourassene. Un montant de 7 00 millions de centimes a été dégagé pour chacune d’elle. Pour celle d’Ibourassen, elle sera réceptionnée dans deux mois. Ces infrastructures ont été construites dans le cadre de notre politique du rapprochement de l’administration publique des administrés. Nous avons aussi mené à terme les travaux de construction de la bibliothèque communale. Elle a besoin d’être équipée en matériel nécessaire pour qu’elle soit ouverte au public. L’achèvement de la crèche communale a été aussi au centre de nos préoccupations. Nous sommes la seule commune, parmi les treize ayant bénéficié d’un projet similaire au niveau de la wilaya, à avoir réceptionnée cette infrastructure. Nous l’avons louée pour un particulier à 124 millions/année. Nous avons également contribué dans le projet de transformation du siège de la garde communale d’Oued Ghir en unité de la Protection civile.

La commune dispose de dix écoles primaires. Est-ce que cela répond aux besoins ?
Notre commune est en pleine extension. La réalisation d’autres écoles primaires s’impose pour couvrir les besoins qui s’accroissent d’année en année. À notre niveau, nous avons mis le paquet pour soulager un tant soi peu la surcharge des classes et améliorer les conditions d’études de nos enfants. Nous avons réalisé plusieurs salles de classes, financées par nos propres moyens, aux établissements scolaires d’Amaâdan, Hellil, Boumasour et Taourirt Larbaâ. Neuf classes ont été construites au chef-lieu communal pour remplacer celles existantes en amiante. Nous avons construit une cantine scolaire par les moyens humains et matériels de l’APC à l’école de Boumansour. Mieux, nous avons doté l’ensemble de nos écoles primaires en gaz de ville et en chauffages. Aussi, nous avons consacré un budget de l’ordre de 180 millions de centimes pour effectuer des travaux de peinture au niveau de ces écoles primaires.

Au village Ibachirene, des parents se plaignent de ne pas pouvoir inscrire leurs enfants au préscolaire, faute de places…
J’ai proposé au directeur de l’école primaire d’Ibachirene d’aller vers le système de la double vacation. J’ai promis de prendre en charge la fourniture des tables en cas de besoin. Aussi, je suis prêt à plaider la cause de ces parents auprès de la direction de l’éducation pour engager un autre enseignant, afin de satisfaire la demande exprimée.

Qu’avez-vous fait pour les jeunes ?
Sur les quatre stades de proximité en matico prévus, nous avons réalisé un au village Ibachirene. Pour les trois autres projetés dans d’autres localités, ils ont été malheureusement suspendus faute de disponibilité d’assiettes foncières. Nous avons également financé la construction d’une maison de jeunes à Taourrit Larbaâ, pour un montant de 550 millions de centimes. Au dessus de l’antenne municipale d’Ibourassen, nous avons aménagé une salle de lecture.

La wilaya de Béjaïa est malade de son environnement. Quelles sont les mesures qui ont été prises à votre niveau ?
Dans un premier lieu, nous avons acquis 1 200 bacs à ordures que nous avons distribués sur l’ensemble des villages. Pour une meilleure collecte des déchets ménagers, nous avons acheté deux bennes tasseuses, deux tracteurs avec bennes, deux camions et une case. Nous sommes l’une des rares communes dans la wilaya où la collecte des ordures ménagères se fait régulièrement.

Quelles sont les plus grandes difficultés rencontrées dans l’exercice de votre mandat ?
L’attitude négative de l’opposition et le manque de ressources financières. Malheureusement, l’opposition majoritaire ne faisait que dans le blocage. Parfois, il a fallu une dérogation du wali pour approuver les salaires des fonctionnaires de l’APC. Malgré cette opposition stérile, nous avons pu gérer les affaires courantes de la commune. L’autre contrainte est d’ordre financière. Nous dépendons principalement des différentes subventions de l’État pour élaborer nos programmes de développement. Notre rente fiscale est de seulement 9,9 milliards de centimes, alors que la masse salariale de l’APC est de 8 milliards. Les autres entrées financières nous parviennent de la mise en adjudication du marché municipal pour la somme de 110 millions par an et de la location de la crèche communale pour 124 millions/l’année.

Êtes-vous satisfait de votre bilan ?
Oui. Je pense que mon bilan, qui est aussi celui de mon équipe, est positif et satisfaisant. Nous avons réalisé tout cela malgré les blocages de l’opposition.

Comptez-vous briguer un deuxième mandat ?
Si les habitants de la commune et le mouvement associatif me sollicitent, je répondrai volontiers à leur appel. D’ailleurs, je leur rends un grand hommage pour leur soutien tout au long de ce mandat.

Entretien réalisé par Boualem Slimani

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