Par DDK | 13 Septembre 2017 | 4827 lecture(s)

SMAïL RABHI, directeur des travaux publics de Tizi-Ouzou

«La rocade nord c’est pour fin septembre»

Dans cet entretien, le premier responsable du secteurdans la wilaya, M. Smaïl Rabhi, fait le point sur l’avancement des projets de son secteur.

La Dépêche de Kabylie : Peut-on savoir où en sont les différents projets lancés par votre secteur ?
Smaïl Rabhi : Il faut déjà savoir qu’on a des projets inscrits sur le budget de l’État et d’autres sur le budget de wilaya et programme FCCL. Ce qui implique que notre secteur n’est concerné par aucune mesure de gèle ou de suspension de projets. Pratiquement, toutes les opérations inscrites ont été réalisées ou en voie de l’être. Le projet de la rocade Nord, par exemple, qui relie la RN72 à la RN12, est en voie d’achèvement sur 7 km et elle sera livrée fin septembre. La cadence des travaux est très importante. Nous travaillons pour honorer notre engagement. À noter que lors de la dernière visite du ministre en juin dernier, nous avions eu un terrassement rocheux à faire, toute une montagne. Cette opération sera terminée, au plus tard, après demain, et on commencera les revêtements sur les lieux. On avance très bien, on sera dans les délais. On a aussi le projet de l’évitement de Drâa El-Mizan qui est actuellement à l’arrêt pour un problème d’expropriation. La procédure est en cours. On a quelques familles à reloger dans le cadre du programme RHP. Il y a aussi le très important projet de la pénétrante autoroutière, qui est réalisé par l’agence des autoroutes. Nous, on se charge de la libération des entreprises, les expropriations, la levée des contraintes... Les 10 premiers km devraient être livrés avant le 31 décembre prochain.

Concernant justement ce projet, il y a eu dernièrement une grève des ouvriers…
Exactement, mais on n’est pas concernés. Il y a une réunion qui se tient actuellement entre le maître de l’ouvrage et l’entreprise pour régler ce problème. On a aussi un programme d’entretien des routes nationales sur le budget de l’État. Il concerne le revêtement des confortements. À ce niveau, on a un problème de CP (Crédit de payement) mais il est national, ce qui nous a valu un retard dans la réalisation de ce projet. Aussi, le programme d’échangeur de Fréha qui connait un avancement important, est à 80% de taux de réalisation. D’ici deux mois, on le mettra en service. Ce point accident-gêne sera éliminé. À partir de cet échangeur, on va assurer toutes les directions. Juste plus haut, à côté du pôle d’habitat qui est en train d’être construit, on a lancé les travaux pour la réalisation d’un autre échangeur. Ce dernier permettra de desservir ce nouveau pôle d’habitat. Vous avez soulevé le problème des expropriations. Où en-êtes-vous avec l’opération ? C’est un volet en cours de traitement. Pour information, concernant la pénétrante autoroutière, le couloir est pratiquement ouvert. L’opération prend du temps, je ne pourrais dire si tous les dossiers sont assignés. La contrainte qui se pose réellement, c’est la multitude de parcelles dans la pénétrante. Des fois, c’est un découpage en petites parcelles. Chacune nécessitant un dossier et une procédure égale à celle des grandes superficies. On reçoit quotidiennement les citoyens pour leur expliquer que la procédure prend du temps.

Qu’en-est-il des projets inscrits sur le budget de la wilaya ?
Sur ce plan aussi, on n’a pas de contraintes. Pour le programme du FCCL qui concerne les chemins communaux, on avait une cagnotte de quelque deux milliards de dinars. On a pratiquement tout achevé. On est à 90% de taux d’achèvement. Sauf pour les travaux du gaz qui ne sont pas encore achevés. La nouvelle opération, d’un milliard trois cent de dinars accordés par le ministre de l’Intérieur lors de sa dernière visite, en est à la phase de passation de contrat. Toutes les entreprises sont retenues. Juste quelques précisions sur cette opération, on a 93 projets sur pratiquement toutes les daïras. Sur ces 93 actions, on va toucher 243 km de chemins communaux. On va désenclaver des zones, on a des ouvertures et des revêtements de pistes. Cela permettra à nos citoyens de se déplacer dans le confort et la sécurité. On espère pouvoir réaliser tous ses projets dans les plus brefs délais pour qu’on puisse encore bénéficier de financement d’autres projets. Les besoins de la wilaya ne sont pas d’un milliard trois cent, mais bien plus que cela.

Peut-on avoir un aperçu des besoins de la wilaya ?
Actuellement on a recensé plus de deux milliards de dinars de besoins, toujours pour des ouvertures de pistes, revêtements… On a essayé, à travers ce programme, de rééquilibrer les choses dans toute la wilaya, en touchant aux zones défavorisées dans le sud, notamment. Le choix de ces actions a été fait en fonction des priorités. Les grandes liaisons intercommunales. Ainsi, le bénéfice reviendra à un nombre important de citoyens à travers plusieurs communes. On a pris en charge, aussi, à travers ce programme certains problèmes de confortement.

Plusieurs chemins communaux ont été faits puis refaits en l’espace d’un temps réduit, ce qui est une grosse perte d’argent. Quelles sont les raisons ?
C’est à cause des problèmes du gaz et des réseaux d’assainissement. Malheureusement, la remise en état des lieux ne se fait pas comme il se doit. C’est un point sensible qui est récurrent à travers tout le territoire. La remise en état fait défaut. Il faut savoir qu’une infrastructure, une fois touchée sur un endroit, devient un point faible, ce qui favorise sa dégradation. C’est ce qui s’est passé dans plusieurs routes qui se trouvent actuellement dégradées à cause des travaux du gaz.

Pourtant, il y a bien une clause qui oblige l’entreprise à remettre en état. À défaut, elle n’aurait pas droit à son chèque…
C’est un volet qui n’est pas bien maîtrisé. Je n’ai pas le détail sur la gestion de ce point dans les cahiers des charges de la Sonelgaz. Peut-être, ils n’ont pas les outils nécessaires pour imposer cette remise en état. On fait des mises en demeure, des courriers, mais à un moment donné, on est obligés de prendre en charge, car on ne peut pas laisser le citoyen dans cet état.

À chaque précipitation pluvieuse, la ville se noie. Avez-vous pris des mesures pour éviter cette situation, surtout que l’hiver approche ?
Il y a un travail qui se fait en termes de préparation pour la saison hivernale. Le problème, c’est le charriage des produits par la pluie. Ce n’est pas un problème de route ou de négligence, mais un problème provoqué et créé. Nos agents d’entretien ramassent régulièrement des bouteilles, des canettes, des sachets… dans les fossés. C’est une charge, on n’arrive plus à suivre. On est tous responsables de cette situation. Il n’est pas normal de décharger les déchets sur les accotements de routes. Un simple petit sachet peut obstruer un avaloir et créer ainsi une inondation, et c’est déjà arrivé. En tout cas, à Tizi-Ouzou, c’est maîtrisable.

On a constaté, sur quelques voies rapides, une défaillance dans l’éclairage. Cela est dû à quoi ?
L’éclairage est pris en charge dans le cadre des projets. Tout ce qui concerne l’entretien et les frais de consommations ne nous concernent pas. Logiquement, la prise en charge revient aux communes. Dans la conjoncture actuelle, où ces dernières manqueraient de budget, la wilaya a créé un Epic qui prendra en charge l’entretien et les frais de consommation. Il sera subventionné par la wilaya. Donc, il y a un travail qui est en train de se faire pour remédier à ce problème.

Entretien réalisé par K. H.

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