Par DDK | 14 Novembre 2017 | 946 lecture(s)

M. KAMAL BRAHIMI, candidat tête de la liste du FAN à l’APW de Bouira

«Il faut impérativement créer un CHU à Bouira !»

M. Kamal Brahimi conduit la liste du Front pour une Algérie Nouvelle (FAN) pour l’APW de Bouira. Dans cet entretien, il revient sur les grands axes du programme de son parti.

La Dépêche de Kabylie : Comment jugez-vous vos chances dans les prochaines locales à Bouira?
Kamal Brahimi :
Avant de répondre à votre question, permettez-moi d’exposer d’abord les activités de notre parti au niveau de la wilaya. Notre présence ne date pas d’aujourd’hui, le FAN a son bureau de wilaya à Bouira depuis 2012, j’en suis d’ailleurs le coordinateur, en plus d’être membre du bureau national. Nous nous sommes déjà présentés pour les législatives et les locales de 2012, et aussi pour les législatives de mai dernier. Nos résultats sont en constante évolution, puisque les citoyens de la wilaya de Bouira adhèrent de plus en plus à notre vision politique. Le projet que le FAN défend est dédié à l’Algérie, au développement local et à l’instauration d’une véritable démocratie. Nous aspirons à une meilleure représentation au niveau des instances élues. Dans le contexte de la crise économique actuelle, notre objectif est de faire sortir le pays, et donc notre wilaya, de la dépendance aux hydrocarbures, notamment par l’instauration d’un nouveau modèle économique, qui impliquera les pouvoirs publics, des investisseurs locaux ou étrangers et bien-sûr les citoyens. Si les électeurs optent pour nos listes, nous leur promettons un autre modèle de gestion, basé sur la compétence, la compétitivité et évidement la transparence et la démocratie. Pour en revenir à votre question, je tiens en premier à préciser que le FAN est présent pour ces municipales dans 7 communes de la wilaya, en plus de sa liste pour l’APW. Nous avons toutes nos chances, car nous sommes très bien intégrés, notamment au chef-lieu de la wilaya et dans les communes limitrophes, comme Ath-Leqsar, Ain-Turk, Haizer, Ath-Laâziz et Adjiba. Nous avons pu en juger avec l’accueil chaleureux que nous réservent les citoyens à chacune des sorties de proximité que nous avons effectuées jusque-là. Notre discours les intéresse, ils adhèrent à notre programme et à notre vision de la politique. Sans démagogie, nous pouvons affirmer que nos programmes pour les APC et l’APW portent sur des points qui peuvent être réalisés dans le cadre des prérogatives des futurs élus et de leurs capacités financières. Nous avons des candidats, tous universitaires, déterminés à faire parvenir les revendications citoyennes aux autorités de la wilaya ou du pays. Dès le début de la campagne électorale, une dynamique remarquable s’est constituée autour de nos candidats et de notre parti. Le FAN à toutes ses chances à Bouira.

Quels sont les grands axes de votre programme pour la wilaya ?
Nous nous sommes concentrés sur les trois importants secteurs dans la wilaya : l’agriculture, l’industrie et le tourisme. Bouira dispose de beaucoup de potentialités qui ne sont pas bien exploitées. Une fois développés, ces trois secteurs constitueront une manne financière pour la wilaya, des pourvoyeurs d’emplois. Je vous préciserai que je suis investisseur dans l’agriculture, mes propositions pour ce domaine sont donc inspirées de ma propre expérience. Pour développer l’agriculture, nous proposons le maintien des aides de l’Etat pour ce secteur, tout en les développant d’une manière continue. En plus de l’aide publique, je propose de signer des contrats de coopération avec les grandes firmes internationales, spécialisées dans l’agriculture. Beaucoup de grandes entreprises sont intéressées par un investissement à Bouira. Nous proposons une gestion collective des fermes (EAC), pour une certaine durée, afin de bénéficier du savoir-faire étranger, de leurs moyens et méthodes, pour doubler la production de nos fermes, dont la majorité sont en souffrance ou carrément à l’abandon. Cette coopération nous permettra aussi de passer d’une simple agriculture saisonnière à une industrie-agricole rentable et créatrice d’emplois et de richesses. Concernant le secteur de l’industrie, nous nous engageons, en premier lieu, à accompagner les nombreux investisseurs installés au niveau de notre wilaya, qui souffrent des lenteurs bureaucratiques et peinent à lancer leurs projets. La bureaucratie est malheureusement un problème majeur, qui pénalise l’épanouissement de l’industrie dans notre pays. Nous nous engageons à lancer des opérations pour le recensement du tissu industriel de la wilaya et de compléter les opérations d’aménagement des deux zones industrielles (Oued El-Berdi et Dirah) et des ZAC communales. Idem pour le secteur touristique, nous nous pencherons sur les problèmes posés par les investisseurs et lèverons toutes les contraintes administratives dont ils souffrent. Nombreux sites naturels à vocation touristique ne sont toujours pas exploités dans notre wilaya, malgré les nombreuses demandes et propositions. Nous allons donc faire de notre mieux pour débloquer les nombreux projets bloqués pour des raisons purement bureaucratiques. Nous allons aussi plaider pour la réalisation de forêts récréatives au niveau de chaque commune de la wilaya. D’une manière générale, au FAN, nous croyons sérieusement aux capacités du peuple à surmonter cette crise, avec le travail et la libéralisation des initiatives.

Et pour le secteur de la santé ?
C’est très clair, pour améliorer la qualité de la prise en charge médicale au niveau de notre wilaya, il faut impérativement créer un CHU au niveau du chef-lieu de la wilaya. C’est un point très important de notre programme. Il est franchement malheureux qu’une wilaya comme Bouira ne dispose pas d’un CHU. En plus de la création d’un CHU, nous proposons la création d’une faculté de médecine au niveau de l’université Akli Mohand-Oulhadj. Ce sont-là deux solutions pour faire sortir le secteur de la santé de sa léthargie. Nos hôpitaux seront dotés des compétences nécessaires et suffisantes pour répondre à la demande en hausse de nos citoyens.

Que proposez-vous pour la relance des nombreux projets gelés au niveau de la wilaya ?
L’on doit reconnaître qu’il est difficile pour l’Etat de relancer l’ensemble des projets gelés, car les prix des hydrocarbures restent très faibles. Mais cette réalité ne doit pas freiner nos efforts et nous allons œuvrer à leur relance. Les projets d’utilité publique sont une priorité pour nous, c’est le cas par exemple des raccordements à l’eau, au gaz et à l’électricité, de la construction d’hôpitaux et de logements et de l’aménagement de routes. Si nous sommes élus, nous veillerons au déblocage progressif de tous ces projets, nous nous y impliquerons efficacement, en faisant des propositions concrètes aux autorités de la wilaya.

Si vous êtes élus, comment concevez-vous le travail avec les autorités de la wilaya et avec les citoyens ?
Notre travail l’administration sera basé sur une approche de complémentarité. Nous adhérons déjà aux efforts du wali de Bouira, M. Limani Mustapha, qui fait un travail remarquable, d’une manière très intelligente. Nous construirons une relation solide, et avec les autorités et avec la population, basée sur la confiance. Nous prendrons en charge les préoccupations, les demandes et les problèmes des citoyens, en nous impliquant directement dans la recherche de solutions. Nous resterons à l’écoute, dignes de la confiance que les citoyens nous auront accordée. Personnellement, je me suis toujours comporté comme un fils de fellah, je continuerai à le faire. Ce n’est pas à 61 ans que je vais changer. Nos élus travailleront en étroite collaboration avec les associations locales, afin d’établir des canaux plus efficaces de communication et de gestion.

Un dernier mot…
Je lance un appel à l’ensemble des citoyens de la wilaya de Bouira, à unir les efforts pour le bien de notre wilaya. Nous devons travailler la main dans la main. Nous appelons la population à se mobiliser autour du projet de notre parti. Nous appelons aussi à une participation massive aux prochaines élections. Nous sommes tous les enfants de Bouira et nous devons travailler ensemble pour la sauver.

Entretien réalisé par Oussama Khitouche

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