Par DDK | 7 Décembre 2017 | 2639 lecture(s)

Bain de foule pour Macron hier à Alger

«C’est une page d’avenir que je viens ouvrir»

En visite de travail et d’amitié hier en Algérie, le Président français, Emmanuel Macron, s’est dit venu pour «ouvrir une page avec la nouvelle génération algérienne», promettant la restitution des crânes des résistants algériens tués dans les années 1850.

«C’est une page d’avenir que je viens ouvrir avec la nouvelle génération algérienne, qui doit regarder différemment la France, qui doit regarder différemment les promesses de son pays. C'est pour moi très fort», a déclaré le Président Macron en marge de son bain de foule dans les rues d’Alger, en compagnie de son épouse, Brigitte Macron. Interpellé par un jeune sur la suite de ses déclarations faites à Alger alors qu’il était candidat à la présidentielle de mai 2016, le Président français a rétorqué : «Je ne suis pas quelqu'un d'incohérent, c'est la même personne qui vous parle». Et de poursuivre : «Je ne suis pas là pour juger les anciens et vous non plus. J’ai dit qu’il y a des crimes qui ont été commis, des crimes contre l’humain. J’ai dit aussi qu’il y a des gens qui ont fait des choses bien», marquant ainsi une certaine distance sur sa déclaration initiale sur le colonialisme qu’il avait qualifié de «crime contre l’humanité». Emmanuel Macron qui a donc atterri à l’aéroport international Houari Boumediene à 11h, a mis une vingtaine de minutes avant de descendre de son avion accompagné du ministre des Affaires étrangères et de l’Europe, Jean Yves le Drian et du ministre du Budget, Gerard Darmanin. Il a été accueilli par le président du Conseil de la nation, Abdelkader Ben Salah, du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, du général de Corps d'Armée, Ahmed Gaïd Salah, et du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel. Après un bref échange dans le salon d’honneur, l’invité de l’Algérie s’est dirigé vers le Monument aux Martyrs, où il a déposé une gerbe de fleurs.

«Une France aux côtés de l’Algérie»

Emmanuel Macron qui effectue cette visite après avoir fait le tour de l’Afrique, offrant le privilège aux voisins du Maroc au lendemain de son investiture, a repris, hier, le même «crédo» qu’il souhaite le distinguer de ses prédécesseurs. Le chef de l’État français a donc centré sa politique avec les pays de la rive sud de la Méditerranée sur la jeunesse, pour laquelle il dit vouloir «construire l’avenir». «Je veux une France aux côtés de l'Algérie, une France qui aide à construire l'avenir de ce grand pays et qui aide la jeunesse à réussir. C'est une page d'avenir que je viens ouvrir avec cette nouvelle génération», a-t-il dit aux badauds qui l’ont accueilli dans une bonne ambiance. Dans une interview accordée, sur le champ, aux confrères du journal électronique, TSA, Emmanuel Macron a déclaré : «Je souhaite qu'on ravive la relation entre nos deux pays avec le travail mémoriel, que la restitution des crânes soit décidée». Après un déjeuner avec des intellectuels algériens, dont les écrivains Kamel Daoud et Boualem Sansal et le dessinateur Dilem, l’hôte de l’Algérie se rend à Zéralda, dans l’Ouest de la capitale. Dans une résidence de l’Etat, Emmanuel Macron a reçu le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Les entretiens ont eu lieu en présence du ministre des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et du ministre des Finances, Abderrahmane Raouia. Puis c’est au tour du vice-ministre de la Défense nationale, Ahmed Gaïd Salah. Le Président français, qui doit quitter Alger pour le Qatar où il effectuera, aujourd’hui, une visite d’Etat emprunte de contrats économiques et de politique régionale, a été reçu par son hôte, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, pour un entretien en tête à tête. Une rencontre entre les deux chefs de l’État pour explorer de nouvelles voies pour renforcer la coopération et le partenariat entre l'Algérie et la France et de procéder à une concertation sur les questions régionales et internationales d'intérêt commun. Durant cette courte visite «de travail et d’amitié», les responsables du protocole de l’Élysée ont annoncé aux représentants des médias nationaux et étrangers qu’une visite d’État est d’ores et déjà programmée pour le mois de février 2018, sans toutefois, en préciser la date exacte.

Mohand-Arezki Temmar

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