Elevage de corail et de thon en perspective

Partager

Des projets ambitieux, entrant dans le cadre du développement du secteur de la pêche, sont en vue dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Des projets en aquaculture marine et continentale sont en effet en phase d’installation, à travers la création de zones d’activité. Le directeur local de la pêche, Belaid Abdelhafidh, informera à ce sujet : «Pour développer le secteur de la pêche à Tizi-Ouzou, nous avons prévu des projets en aquaculture marine et continentale. Concernant l’aquaculture marine, nous avons créé deux zones d’activité, la première à Iflissen sur deux hectares, elle est réservée à la conchyliculture (élevage de moules et des huitres). Deux projets sont déjà installés et deux concessions établies. Le premier projet a une capacité de production de 200 tonnes/an. Il est d’ailleurs entré en production et la commercialisation est enclenchée. Le 2ème projet concerne l’élevage de moules, d’une capacité de 50 t/an, l’installation des filières de captage est faite». Au sujet de la 2ème zone d’activité de Mizrana, d’une superficie de 15,5 hectares, dédiée à l’aquaculture mixte (conchyliculture et pisciculture marine), le directeur de la pêche a indiqué : «Dans cette zone, une dizaine de projets sont en vue pour cette année 2018. D’ailleurs, 4 projets parmi les 10 concernent la pisciculture en cages flottantes qui sont déjà en phase d’installation. Ils produiront du poisson loup, de la dorade et du maigre, ils ont une capacité de production de 600 t/an chacun. Trois autres projets de conchyliculture d’une capacité de 200 t/an, deux autres projets d’élevage de corail à Iflissen et un projet, unique en son genre en Afrique, qui produira 100 tonnes par cycle d’élevage. Le dossier est finalisé et n’attend que la délivrance de l’acte de concession pour passer à la réalisation. Le dernier projet, toujours dans la zone d’activité de Mizrana, concerne la production en turbine de la sériole (une espèce de thon), un projet de 400 millions de dinars qui produira 1000 tonnes annuellement. Seuls quelques pays d’Amérique latine maîtrisent la reproduction de la sériole. Le projet, qui se fera par un investisseur algérien, en collaboration technique avec des experts australiens, est une première en Afrique. L’investisseur prévoit également la production d’alevin destinés à l’exportation». Nous avons également appris que d’autres projets, au nombre de neuf, sont en cours de constitution de dossiers. Chaque projet, une fois concrétisé, injectera dans le marché 600 t/an de loup, de dorade et de maigre.

«Développement structuré de la pisciculture continentale»

Au sujet du second volet concernant la pisciculture continentale, le directeur de la pêche insistera sur son développement structuré en exploitant toutes les capacités de la wilaya de Tizi Ouzou. Deux cycles de formation au profit des agriculteurs de Tizi-Ouzou et de la wilaya de Bouira ont été accomplis pour atteindre les objectifs escomptés, à savoir l’empoissonnement des bassins d’irrigation chez les agriculteurs. D’ailleurs, 22 d’entre eux ont été ensemencés à l’antilapia au niveau de la wilaya de Tizi Ouzou. Les eaux provenant de ces bassins empoissonnés sont utilisées à l’irrigation des terres agricoles dont elles triplent le rendement. Du coup, les agriculteurs n’ont plus autant besoin d’acheter de l’engrais, ce qui participe également à la préservation des nappes phréatiques de la pollution par l’engrais chimique. M. Belaid Abdelhafidh annoncera à ce sujet : «Nous avons dans le cadre CNAC/ANSEJ formalisé un dossier pour l’accompagnement des détendeurs de qualifications dans le domaine aquacole pour l’installation de fermes aquacoles continentales. Le plan type est établi par un bureau d’étude qualifié. Nous prospectons un terrain pour créer une zone d’activité en collaboration avec les services de la DSA. La convention est signée. Les agents aquacoles, les TS en aquaculture et les non-qualifiés porteurs de projets seront concernés». La finalité des projets est de susciter l’intérêt des investisseurs privés pour investir dans les écloseries, le conditionnement et la transformation du poisson pour l’exportation». Au sujet de l’accompagnement des investisseurs, le directeur signalera : «L’Etat prend en charge les intérêts bancaires à 100%, il fournit l’assistance technique, la facilitation des procédures, l’attribution de lots de terrain à 1 DA symbolique et à 1 800 DA l’hectare en mer. Le prêt bancaire est de 70% du coût global du projet».

Hocine T.

Partager