Par DDK | 16 Mai 2018 | 1371 lecture(s)

BEJAÏA - La wilaya est isolée du reste du pays depuis dimanche

La gestion aléatoire de tous les secteurs mise à nu

Depuis dimanche, la wilaya de Béjaïa est isolée du reste du pays. En cause, les principaux axes routiers reliant la wilaya à Alger, Tizi-Ouzou, Sétif, Bordj Bou-Arreridj et Jijel sont coupés à la circulation par des citoyens en colère suite à la non-prise en charge de leurs revendications.

Des actions de protestation laissant penser que rien ne se fait dans la wilaya de Béjaïa pour améliorer les conditions de vie des populations. Des torrents de récriminations mettant souvent à nu une gestion presque aléatoire de tous les secteurs. Pratiquement, toutes les actions de rue initiées dans telle commune ou autre, durant cette période, avaient pour origine des revendications maintes fois soulevées, mais qui demeurent en suspens jusqu’à maintenant. Des citoyens, ne croyant plus aux discours lénifiants des responsables locaux, occupent la voie publique en signe de protestation pour se faire entendre. Des actions de rue créant un climat d’anarchie indescriptible sur les routes et ruelles de la cité oubliée. Ainsi, des bouchons se forment sur les routes nationales 09, 12, 24, 75, 43 et 26, sur les chemins de wilaya et les routes vicinales. Conséquences ? Des familles prennent leur mal en patience pendant de longues heures dans leurs carrosses dans l’insouciance générale. Dans ce qui s’apparente à un tumulte, l’intervention des pouvoirs publics, aidés dans leur tâche par les élus locaux, se limite à gérer des situations d’urgence en jouant notamment la carte de l’apaisement. La levée des barrages, comme ce fut le cas, hier à Melbou, est souvent conditionnée par l’établissement d’un procès-verbal où seront consignées noir sur blanc les revendications des protestataires et les engagements des pouvoirs publics. C’est dire que les administrés ne croient plus aux discours des administrateurs, car le fossé qui les sépare, ne cesse de s’élargir instaurant par là même un climat de défiance entre les deux parties. Dépourvue d’infrastructures de base, la wilaya de Béjaïa accuse des retards avérés dans tous les domaines. Attendue pour la fin du mois dernier, la livraison de l’échangeur des Quatre-chemins a finalement été reportée sine die. Sur le chantier de la pénétrante, les travaux avancent laborieusement, laissant penser que ledit chantier ne sera jamais livré ! Au niveau du tunnel de Sidi Aïch, une vidéo montrant un ouvrier recouvrant les parois, manuellement, avec du béton, dénote de la qualité des travaux au niveau de cet ouvrage. D’autres projets, tant attendus par la population, CHU, téléphérique, dédoublement de la voie ferrée, complexe pétrochimique, zones industrielles, sont renvoyés aux calendes grecques. D’où, du reste, la multiplication des actions de protestation dans la région.
Dalil S.

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