Par DDK | 12 Juillet 2018 | 2079 lecture(s)

BOUIRA Couverture sanitaire dans le secteur public

22 gynécologues privés en renfort

Bonne nouvelle pour la wilaya de Bouira. La couverture sanitaire sera renforcée à la faveur d’un accord passé entre les gynécologues privés et la DSP de Bouira.

C’est ce que nous a annoncé, hier matin en exclusivité, la directrice de la santé, Mme Ghalem Leila Ilhem, qui tient à rendre hommage aux privés «qui ont consenti d’immenses sacrifices en cette période estivale». Ainsi, la prise en charge de la femme gestante au niveau de la wilaya de Bouira a été résolue avant-hier, suite à une réunion entre la DSP et les praticiens du privé, qui ont donné leur accord pour venir à la rescousse du secteur public, souffrant d’une carence aiguë en gynécologues. «(…) Le manque de gynécologues en milieu hospitalier au niveau de la wilaya de Bouira stressent les parturientes, qui appréhendent le jour J, se demandant si elles seront évacuées ailleurs, où vont-elles accoucher, comment se fera la prise en charge... Autant de questions que se posent toutes les femmes sur le point d’accoucher, d’autant plus qu’un départ massif de gynécologues, qui ont achevé leur service civil, a été enregistré à Bouira», explique Mme Ghalem. Cette responsable souligne, dans la foulée, qu’une naissance est, certes, synonyme de joie, mais l’appréhension d’une mauvaise prise en charge peut tout gâcher : «Cet événement, censé en être heureux, se transforme parfois en cauchemar, aussi bien pour le personnel soignant que pour la femme gestante ou encore sa famille. Beaucoup de gens craignent d’être évacués en dehors de la wilaya. Ils craignent aussi les complications car le travail en gynécologie n’est pas très facile. Toutefois, depuis hier, nous avons réussi à régler définitivement ce problème de manque de gynécologues pour la période estivale. Période, comme vous le savez, lors de laquelle il est enregistré chaque année des pics de natalité. Je tiens à rendre un vibrant hommage aux gynécologues privés de la wilaya pour cet apport et collaboration salutaires. Ils font preuve d’un sens du devoir qui les honore. Ils démontrent par là que le privé n’est pas uniquement motivé par l’aspect pécuniaire, mais aussi pour faire profiter le service public de ses compétences et expérience. L’ensemble des 22 gynécologues privés, en accord avec la direction de la santé, ont tenu à assurer et à couvrir des gardes au niveau des hôpitaux et à consentir des sacrifices au profit de la population de Bouira, pour qu’il n’y ait plus d’évacuations hors wilaya. Ceci est très important pour que la population soit déstressée en cette période de pic de natalité. Il y aura donc, chaque jour, un gynécologue au niveau d’une structure sanitaire. Nous aurons plus de 15 gardes au niveau de Bouira, au chef-lieu, car se trouvant au centre du territoire de la wilaya, avec la présence, bien sûr, de réanimateurs, de pédiatres et de sages-femmes. Le reste des gardes sera réparti sur les hôpitaux de M’Chedallah, Lakhdaria, Aïn Bessem et Sour El Ghozlane, localité où les gynécologues n’ont pas officié dans le secteur public de la santé depuis fort longtemps. Pour cela, je tiens à remercier vivement les gynécologues privés ayant massivement adhéré à cette démarche salutaire et sanitaire. Un praticien, qu’il se soit installé dans le public ou dans le privé, se doit d’être au chevet du malade et rendre service à la population», se félicite la directrice de la santé. Par ailleurs, nous apprendrons qu’à partir du mois d’octobre, il y aura une affectation d’autres praticiens publics, dont des gynécologues. Les gardes reprendront avec des médecins spécialistes du service public le plus normalement possible. «S’installer à titre privé est un choix que nous respectons. Si nous avons eu recours à ces spécialistes, c’est parce que nous n’avions pas eu le choix. Parmi ces gynécologues privés, il y a deux femmes enceintes qui, je tiens à le souligner, auraient pu prétendre à être dispensées des gardes, mais par humanité, elles ont tenu à adhérer à cette démarche en répondant présent», fera savoir Mme Ghalem.

Hafidh Bessaoudi

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