Par DDK | 31 Juillet 2018 | 2037 lecture(s)

Protestations au Sud, niet au MSP, présidentielle de 2019…

Les mises au point d’Ouyahia

Le secrétaire général du RND et non moins Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a réagi aux dernières protestations du sud du pays, refusant que «l’anarchie» soit un mode de règlement des problèmes sociaux ou économiques.

En marge de la rencontre qui l’a regroupé avant-hier avec les responsables du Mouvement pour la Société et la Paix, le secrétaire général du RND a tenu un point de presse où il est revenu sur diverses questions de l’heure, notamment la grogne sociale qui s’est emparée de certaines villes du sud du pays. A ce propos, il a évoqué «des perturbations», considérant que la manière dont se sont exprimées ces personnes est «anarchique». En effet, selon le secrétaire général du RND, le problème du chômage existe d’In Guezam à la commune d’Hussein dey, ce qui ne devrait pas constituer «un prétexte pour certains jeunes de priver les citoyens de la ville d’Ouargla d’un spectacle culturel». A rappeler qu’un groupe de citoyens avait précédemment empêché dans cette ville un gala artistique du chanteur du raï Kader Japonais, et improvisé une prière collective à la place devant la salle qui devait abriter le spectacle. S’agissant du cas de Béchar, selon Ouyahia, la contestation serait par mécontentement, suite à l’affichage de la liste des bénéficiaires de logements sociaux. Le premier ministre, s’exprimant sous sa casquette partisane, a insisté, encore une fois, sur la manière de revendiquer et d’exprimer un mécontentement. Dans ce sens, il a évoqué les multiples formules de recours prévus par la loi, au lieu de recourir à la rue, soulignant que l’anarchie et le vandalisme ne raèglent pas les problèmes. Ahmed Ouyahia, affirme qu’«au RND, on a le courage de dire les choses clairement. L’anarchie n’est pas une solution pour régler les problèmes sociaux ou économiques». En réponse à une question sur l’accueil qui a été réservé à la délégation de certains ministre du gouvernement qui s’est déplacée à Djelfa pour rendre un dernier hommage à feu le Moudjahid Bencherif, où, pour rappel, la foule a hué cette dernière dénonçant «la venue en retard des autorités», le secrétaire général du RND regrette les faits qu’il a jugés étrangers à notre culture, notre société et notre religion. Toutefois, il a précisé que ces personnes-là ne sont pas de la famille du défunt.

Le niet du RND au MSP

Revenant sur sa rencontre avec le président du Mouvement pour la Société et la Paix (MSP), Abderrazak Mokri, le SG du RND a exprimé clairement le niet de son parti, considérant, néanmoins, que le fait que des partis politiques différents se rencontrent est positif. Il a rappelé, dit-il, au MSP, lors de cette rencontre, qu’ils étaient des partenaires du gouvernement pendant 15 ans, dans le cadre de l’alliance présidentielle. Pour ce qui est du contenu de l’initiative du MSP, Ouyahia rejette catégoriquement l’existence d’une crise politique et le fait d’envisager une période de transition, chose dont il est en désaccord total avec le MSP, refusant ainsi de s’inscrire dans son initiative. Le SG du RND reconnaît pour sa part, l’existence «de difficultés économiques et sociales au pays et que nous évoluons dans un contexte international dangereux. Sur l’existence d’une crise politique ou de problèmes politiques, on ne s’est pas accordés». Concernant la création d’un consensus national sur un candidat consensuel pour 2019, «on les a rappelés que le RND a pris position, et on a appelé le Président Abdelaziz Bouteflika pour la continuité et la stabilité de l’Algérie afin de poursuivre le processus de la construction (…) Ceux qui le critiquent aujourd’hui à propos de son état de santé, sont ceux qui disaient de lui dans les années 2000, 2004 qu’il habite l’avion ou la télévision. Il y a une opposition à sa personne», a-t-il souligné. Toujours à propos du consensus politique autour des présidentielles proposé par le MSP, il a indiqué que «parler d’un consensus à la veille d’un rendez-vous électoral, c’est une remise en cause de la souveraineté populaire et nationale, chacun se présente et le peuple choisit. Sur cette question, on ne peut pas s’entendre», estime-il. Ahmed Ouhayia a réitéré la disponibilité du RND à travailler dans un gouvernement élargi. Sur la question de la transition, il jugera qu’«une période de transition n’est pas logique dans un pays qui respecte ses rendez-vous électoraux». Le MSP a appelé l’Armée à l’accompagnement d’une période de transition politique, un autre point de divergence avec le RND, qui considère que «l’Armée est la deuxième institution constitutionnelle qui incarne l’unité nationale. Il est préférable de ne pas la mêler».Le SG du RND fera savoir que son parti a appelé à un débat politique «sur les mécanismes de construction d’une économie de marché efficace à caractère social.» Notant que «la majorité s’accorde sur le principe des réformes». Pour le RND, «la mère de ces réformes est celle des mentalités». Ce dialogue serait entre «toutes les forces ou du moins celles qui accepteraient de participer, pour construire une économie efficace, avec une justice sociale qui protège les couches démunies», précisera le SG du RND Ahmed Ouyahia.
Kamela Haddoum

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