Par DDK | 1 Aout 2018 | 2688 lecture(s)

SADEK REBAI, P/APC d’Aït Smaïl

«Les élus du RCD se sont exclus d’eux-mêmes»

Sadek Rebaï, maire d'Aït Smaïl, d'obédience FFS, revient à travers cet entretien sur la récente installation de l’assemblée qu’il préside après un long blocage dénoué enfin et appelle à la fraternité pour un avenir meilleur.

La Dépêche de Kabylie: Vous étiez en conflit avec certains élus, mais il paraît que vous vous êtes finalement mis d'accord tout récemment...
Sadek Rebaï : Oui, mais c'était plutôt un malentendu politique et rien d'autre. Je tiens à préciser que je n'ai eu aucun problème personnel avec mes opposants. Pour en revenir à votre question, nous avons cédé une vice-présidence afin de régler le problème et procédé au remplacement d’un des nôtres par un des élus du groupe des 6 qui s’est manifesté pour intégrer l’exécutif. Cela va certainement mettre fin au malentendu et créer une symbiose entre les différentes formations politiques que compte l’assemblée. Je profite de l’occasion pour remercier notre élu qui s'est porté volontaire pour céder sa place.

C'est donc la délivrance, puisque les commissions et les antennes administratives sont enfin occupées, après distribution des délégagions...
Évidemment. C'est une bonne chose pour notre commune. Je dois reconnaître qu’on avait un peu perdu de vue tout ce que nous avions promis lors de la campagne électorale. Nous avions tous chanté la grandeur du serment de servir la population sans détour ou démagogie. Personne n’avait promis des blocages, n’est-ce pas. Donc, hormis ceux qui ont refusé de rejoindre l'exécutif, nous avons invité les autres élus, de toutes obédiences, à venir travailler dans des commissions, des antennes administratives, tant que l’exécutif est installé, et d’apporter leurs savoir-faire s’ils veulent… Mais notre appel est resté sans écho durant une bonne période. Mais oublions tout ça, car le bon sens a fini par triompher, tout le monde a pris conscience du fait qu’il fallait mettre la municipalité au-dessus de toute autre considération. Par ailleurs, nous tenons à préciser que nous n’avons rien à craindre, car nous avons arraché les élections avec mérite et non avec des jeux malsains.

À propos de la réunion qui a vu la situation se débloquer, certains courants vous reprochent le fait de n'avoir pas invité les élus du RCD. Pouvez-vous nous éclairer là-dessus ?
Beaucoup de personnes veulent semer la confusion et la discorde. En fait, suite à des discussions et négociations qui ont eu lieu avec les élus du RCD et qui n’ont pas abouti au déblocage de l’exécutif, nous avons ensuite engagé des débats avec ceux du FLN et du RND, qui veulent intégrer l’exécutif. Donc, ils se sont exclus d’eux même et c’est plutôt la conséquence de leur position, de leur refus de rejoindre l'exécutif, qui nous a poussés à intégrer les autres élus qui veulent participer à la gestion de la commune. Il n'y a rien de concret dans ce qu’avancent ces gens-là. Personnellement, je m’insurge contre ce comportement moyenâgeux, parce que c’est exactement ce genre d’attitudes et comportements qui ont entraîné notre chère patrie dans les profondeurs. Sinon, nous serions certainement dans une situation meilleure. A l’APC, comme ailleurs, nous voulons transmettre des messages révolutionnaires, d’union, d’espoir et de militantisme, alors que d’autres souhaitent transmettre des messages de soumission, d’aliénation, de confusion, d’intérêts et de trahison. Il y a beaucoup qui croient que voter contre la composante de l’exécutif communal créerait des problèmes au parti politique qui est aux commandes, au président de l’assemblée et j’en passe. Mais ces gens-là doivent se rendre compte qu’ils se dressent en premier lieu contre le développement et contre les services qu'on peut rendre à nos concitoyens, et contre la stabilité qui peut contribuer au développement dans notre commune.

Vous avez refusé de répondre aux différentes polémiques. C’est par crainte de compliquer la situation ?
Je suis conscient et je ne cesserai de le dire, lorsqu’il s’agit d’une impasse à affronter, la situation doit être résolue avec cran et détermination. C’est pour cela qu’on n’a pas voulu répondre aux différentes polémiques et provocations. Parce que si l'on œuvre sincèrement pour un développement harmonieux dans notre commune, il est nécessaire de réfléchir à toutes les positions qu’on va prendre et à leur portée sur le terrain. Nous devons, tous, changer de comportements et penser avant tout à cette population qui souffre de beaucoup de carences. C’est le moment de mettre nos égos de côté. La mission d’élu est noble et il faut être à la hauteur de la confiance que la population nous a accordée. Ce sont tous ces comportements partisans et politiciens qui éloignent le simple citoyen de la politique et la lui font détester.

Un dernier mot...
Seul le sérieux apporte de bonnes choses et les consolide. Nous sommes donc tous appelés à travailler, tous ensemble élus, associations et citoyens, pour notre commune. Merci à vous et à votre journal.
Entretien réalisé par M. K.

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