Par DDK | 2 Aout 2018 | 1432 lecture(s)

BOUIRA - Ces commerçants qui exposent en dehors de leurs magasins…

Le squat des trottoirs continue !

La circulation des piétons au niveau du chef-lieu de wilaya relève de l’exploit.

Des commerçants indélicats qui, parfois faute d’espaces dans leurs locaux, exposent des marchandises sur les trottoirs, gênant considérablement les piétons. Pourtant, les services de la direction du commerce, au même titre que ceux de sécurité, interviennent régulièrement pour effectuer des saisies ou dresser des procès-verbaux à l’encontre des contrevenants, qui accaparent les trottoirs. Un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur au fil du temps pendant qu’aucune autorité ne semble pouvoir y mettre un terme. Les commerces les plus «encombrants» sont, sans nul doute, les quincailleries qui disposent grillages, échelles, escabeaux, filets et autres cordages sur le sol, mettent en péril la vie des piétons, notamment les handicapés, les personnes âgées et les femmes enceintes. D’ailleurs, il n’est pas rare de voir des gosses se rabattre carrément sur la chaussée, à cause des cordages exposés à même le sol, comme c’est le cas au niveau de la vieille ville de Bouira, sur l’avenue principale où les quincaillers ont tous pignon sur… trottoir. Les chutes de personnes sont, d’ailleurs, fréquentes à cet endroit-là, même si l’état de ces trottoirs est aussi à mettre à l’index, au vu des carrelages qui s’enchevêtrent les uns sur les autres, en l’absence de réfection. Des magasins de robes traditionnelles, de chaussures et autres rideaux aux couleurs chatoyantes «ornent» ainsi les trottoirs de la ville de Bouira. La marchandise facilement périssable s’invite également sur les trottoirs, comme c’est le cas au niveau de la rue de France. Là ce sont les cageots des fruits et légumes qui obstruent la circulation des passants. Pourtant, des policiers interviennent régulièrement et procèdent même à la saisie de la marchandise des récidivistes, mais force est de constater que ce phénomène a la peau dure, les contrevenants n’étant, semble-t-il, nullement convaincus des dangers que représentent ces amas de marchandises sur la bordure de la chaussée. Même en employant des méthodes dissuasives, les forces de police se disent désabusées par le comportement de certains commerçants peu scrupuleux des normes d’hygiène : «Nous intervenons dès que nous constatons une infraction d’empiètement du trottoir ou de la voie publique, nous ne badinons pas avec ça ! De plus, lorsqu’il s’agit de marchandises destinées à la consommation, nous verbalisons sévèrement et des saisies sont effectuées», indique un policier rencontré en ville. Des marchandises sensibles, comme les grillades et les poulets rôtis à la broche, sont bien exposées entre le trottoir et les gargotes, proposant ces mets à la vente. Auprès de la direction du commerce de Bouira, les bilans de fermeture et nombre de procès-verbaux sont communiqués régulièrement à la presse. A la lumière des statistiques fournies, il apparaît clairement que les services de la répression ne chôment pas. «Chaque semaine, plusieurs dizaines de procès-verbaux sont dressés à l’encontre des contrevenants mais, à l’instar de la lutte contre l’informel, quand un commerçant traqué est surpris en flagrant délit, plusieurs autres accaparent des trottoirs. Dès lors, nos brigades ne peuvent être en permanence présentes sur tous les trottoirs de la ville», reconnaît un agent des services de la direction du commerce de Bouira. Lors d’une simple virée en ville hier après-midi, il a été constaté des denrées extrêmement sensibles exposées, à un soleil tapant, sur des pans de trottoirs. Des produits comme les… œufs ! Des œufs mais également des bouteilles de jus et d’eau minérale, du petit-lait en sachet… Pourtant, en jetant un coup d’œil dans leurs échoppes, il est aisé de constater que ce n’est pas de l’espace libre qui manque. «Nous ne vendons pas ce que nous exposons ici, c’est juste un échantillon pour montrer que le produit existe dans notre local», répond un jeune interrogé devant la devanture d’un commerce situé à proximité de la cité Zerrouki. Les mesures de répression semblent dérisoires au vu de l’ampleur de ce phénomène qui fait tache d’huile. A moins d’une prise de conscience généralisée et d’un élan de civisme de tous les concernés, il y a peu de chance que les pouvoirs publics puissent, à eux seuls, venir à bout de cette «jungle commerciale», qui fait abstraction des lois et de la réglementation, notamment sur le plan sanitaire.

Hafidh Bessaoudi

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