Par DDK | 8 Aout 2018 | 978 lecture(s)

Béjaïa

Le squat des aires de stationnement perdure

Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales avait instruit, en 2008, tous les maires et les walis du pays à lutter contre les parkings sauvages. Mais, depuis, rien n'a été fait dans ce sens, du moins, dans la wilaya de Béjaïa. La circulaire en question accorde la priorité aux jeunes chômeurs, dans le cadre de coopératives réglementées. Même si cette formule est jugée adéquate pour mettre un terme au brouhaha qui règne dans la gestion de ces parkings, son application demeure confrontée à plusieurs entraves. En dépit des efforts déployés, à différents niveaux, pour éradiquer ce phénomène dans la wilaya de Béjaïa, les parkings sauvages continuent de proliférer. Le nombre de ces parkings anarchiques à travers le territoire de la wilaya renseigne sur l’ampleur du problème. En effet, le squat des aires de stationnement et l’instauration d’une taxe abusive, sont devenus l’option de tous les peu enclin au travail et l’effort. «Dès qu’on aperçoit votre véhicule pointer du nez pour se garer dans toute rue ou ruelle, un adolescent sort comme par enchantement et vous accoste pour vous, soit disant, aider dans vos manœuvres de stationnement. La contrepartie à débourser est, selon. Mais quand on vous oblige à mettre plusieurs fois la main à la poche dans la même journée, cela devient révoltant », dira un automobiliste de Tazmalt venu garer du coté de la place Gueydon à Béjaïa. Pratiquement, ils ont accaparé la moindre parcelle pour la transformer en parking illégal et payant. Ils n’épargnent même pas les espaces destinés aux enfants. Souvent, ces compères forment des équipes pour assurer la permanence. Ils demeurent toute la journée postés aux angles des rues, guettant les arrivées et départs des automobilistes, sans être inquiétés. «C’est devenu un métier pour ces jeunes, c’est de l’argent facile. Et ils ne sont nullement inquiétés», dira une dame qui a du mal à trouver un endroit où garer au niveau du quartier Amriw. A vrais dire, non seulement les exploitants de ces espaces de stationnement imposent leur logique et leur tarif aux citoyens, mais il se trouve que leur responsabilité civile n’est guère engagée en cas de vol ou de quelque préjudice que le véhicule confié subit. Pour Rafik .S «c’est vrai que c’est révoltant d’avoir à payer à chaque fois qu’on gare, mais je dirais que si cela empêchera de voler, ce n’est rien», ajoutera-t-il. De son coté, Samir, «parkingueur» clandestin dans une rue d’El-Kseur, dira:«Partout mais pas chez nous, moi je suis chômeur et j’habite dans un deux pièces avec toute ma famille. Je n’ai que cela pour subvenir aux besoins de ma famille». À la rue du 1 novembre à Sidi Aich, trouver un endroit où stationner est synonyme d’un miracle pour l’automobiliste. Des jeunes viennent à la rescousse des automobilistes les guidant contre une somme d’argent variable. « Les “parkings sauvages foisonnent et ces jeunes imposent leur diktat », nous avouera un citoyen d’Akbou venu prendre rendez-vous chez un médecin spécialiste. Pour les de nombreux citoyens, la balle est dans le camp des responsables locaux. Les APC se décideront-t-elles un jour à réagir pour réglementer cette activité florissante et renflouer par là même ses caisses ? A notre connaissance, le dossier «location des parkings» n’a généré aucune rentrée financière, dit un citoyen. «Le problème des prétendants ne se pose pas puisque la majorité de nos jeunes sont au chômage et ne demandent qu’à exercer dans la transparence», nous avouera sur le sujet, un élu a l’APW de Béjaïa. A cet effet, les autorités concernées sont sollicitées pour trouver une solution de toute urgence afin d’éradiquer complètement ce fléau dans les 52 communes que compte la wilaya de Béjaïa. Sans omettre de souligner que Béjaïa est une ville dite «touristique » surpeuplée en été. Les élus locaux des municipalités notamment celles du littoral, doivent inéluctablement réglementer les parkings et mettre en œuvre un fichier identifiant les gardiens de parkings en collaboration avec les services de police pour faire face au phénomène des vols de voitures qui a pris de l’ampleur ces dernières années. Cela dit, le phénomène des parkings sauvages a fait son apparition depuis la fin des années 1990, avec la conjugaison de plusieurs facteurs dont le chômage croissant des jeunes victimes de la forte déperdition scolaire, l'explosion du parc automobile national et l'extension urbaine des grandes villes. Les gardiens de parking ont pris possession des grandes artères des villes et l'automobiliste est victime d'un véritable racket au quotidien.

Rachid Z.

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