Par DDK | 9 Aout 2018 | 1504 lecture(s)

Le point du jeudi

Construire là où c’est interdit !

Par Sadek Aït Hamouda

Construire n’importe où, sur le chemin, en bordure des oueds, pourvu qu’on ait un toit sur la tête, c’est un cas. Aller s’accaparer un terrain au bord de la mer, en plein montagne, sur un espace urbain stratégique et irriguer selon la fonction un somptueux building, c’en est un autre cas. Ce dernier est sans commentaire à part que c’est du squat, du vol, du détournement… Pour le premier cas, il y a une sorte de force majeure qui atténue même superficiellement tout ça. Mais il reste que la loi est bafouée. En prenant des risques incalculables, pour les siens et pour soi. Les textes on s’en moque. L’Etat soutient le logement, dans des zones habitables, mais le citoyen s’en fiche parce qu’il doit avoir une habitation. Rien ne sert de courir et de se morfondre dans les abysses de l’incertitude pour avoir une maison habitable et confortable, cependant il n’y a pas le feu en la demeure. Il suffit de le vouloir et cette hésitation, entre le vouloir et le non-vouloir, réside dans le besoin d’avoir une envie de faire et de défaire une ambition pour les arrières de ses lubies. Il faut, toute proportion gardée, mesurer, à l’aune de l’imprévisible prévention des massacres et des illusoires rêveries de situations incertaines où l’opprobre joue à la guerre. Habiter, entre le zist et le zeste, et faire semblant que ça se goupille comme prévu, et que l’on habite comme on l’a espéré ; restons zen et formulons des incantations à n’en plus finir pour exorciser tous les diables qui nous habitent. Qu’il en soit ainsi ! Il incombe aux sataniques suppliques, de fondre sur nous, sans hésitation ni pitié. Nous ne saurions faire attention aux normes qui nous enchaînent à cette envie de construire là où il ne faut pas. Pimenter nos raisonnements ne vaut que la moindre part de coin où bâtir un espace de vie, où on sera tranquille et serein. Mais cela ne manquera pas, tout interdit et tout défendu qu’il soit, de légaliser ce qu’on entreprend, par défiance aux lois. Normalement on se trouve dans le rôle de celui qui, défiant la réglementation, se met à construire une baraque, avec l’attention d’un lamentable maçon, qui met brique sur brique, et à la fin se trouver sans papiers, ni assurance, ni garantie, ni caution, faire comme si de rien n’était à la maison de tartempion pour se loger là où il ne le faut pas.

S. A. H.

0