Par DDK | 19 Aout 2018 | 3239 lecture(s)

APC de Béni Douala - Commissions non installées, Compte Administratif non approuvé, BS non voté…

Le maire dénonce et accuse le chef de daïra

Le meeting auquel a appelé le maire d’Ath Douala et l’ensemble de ses élus, hier, sur la place de la mairie, a drainé des dizaines de citoyens, venus s’enquérir de la situation de blocage dont est victime leur APC.

Le maire de la commune, M. Fekhar Amar, n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour dénoncer la situation que vit son assemblée : «Nous avons été installé comme P/APC, conformément à la réglementation.

Nous avons entamé notre programme par la composition de l’exécutif et des commissions permanentes, pour être rapidement efficaces et prendre en charge les doléances de nos concitoyens, car notre APC a connu un long blocage durant le mandat précédent. Nous avons tout fait dans les règles de l’art et en conformité avec la législation en vigueur.

Hélas, l’approbation de la daïra n’a pas été au rendez-vous. L’installation des commissions n’a pas eu l’aval de la daïra malgré nos tentatives de débloquer la situation. Nous avons même fait appel au wali et adressé une lettre ouverte au ministre de l’Intérieur et des collectivités locales», a-t-il assuré. Allant plus loin, le maire avertira : «Béni douala n’est pas à vendre, le peu de foncier encore disponible doit être réservé pour des projets d’utilité publique. Aucun millimètre ne sera cédé hors du cadre de ce que permet la loi».

Dans sa lancée, le maire signalera : «Je suis menacé physiquement, mes déplacements sont surveillés et les provocations se multiplient. Je le dis et le répète, le foncier de Béni Douala ne sera pas bradé. Je me suis engagé devant les citoyens à respecter la légalité».

Et de rappeler : «Nous avons effectué toutes les démarches, nous avons saisi la tutelle, la justice, en vain. C’est un blocage administratif. Les élus n’ont rien à voir dans cette situation, il n’y a aucun différend entre nous, le blocage vient de la daïra».

Plus loin dans son intervention, M. Fekhar déplorera : «Si les commissions ne sont pas installées, ni le compte administratif approuvé ni le Budget Supplémentaire voté, c’est inévitablement le blocage. Nous avons demandé un arbitrage, mais c’est malheureusement le statu quo. On veut pousser le maire vers l’erreur, mais je me suis interdit ce genre de comportement, je prône la collégialité et la démocratie».

Le P/APC ajoutera : «On me reproche de figurer comme membre dans la commission des finances… Eh bien, dans d’autres APC, ce sont les maires qui président les commissions des finances. Le CA est la clé vers le BS et si ce dernier n’est pas voté, on sera dans l’incapacité de payer les fonctionnaires, on nous coupera l’électricité, l’eau et le gaz. La situation urge ! C’est pourquoi nous avons appelé à cette rencontre, en vue d’informer la population sur ce qui se trame au niveau de notre APC. Nous n’avons pas le droit de nous taire».

Après cet appel à la population, la situation tendait à se débloquer, mais le maire s’interroge et crie à une tentative d’humiliation : «Dès l’affichage invitant la population à ce meeting, le chef de daïra a invité les 18 élus de l’APC à une réunion, avec pour ordre du jour le fonctionnement normal de l’APC, excluant le maire. Suis-je venu de la planète Mars ? Et comme par enchantement, on ne parle plus de blocage ! Ce comportement a pour dessein de diviser et humilier. On m’a également appelé de la wilaya pour me demander de ne pas tenir ce meeting et me dire qu’ils sont prêts à signer même à blanc. Non ! La population a le droit de savoir, mais jamais plus de violence ni de chaos».

Le maire fera également savoir : «Lors de cette réunion de la daïra, les cadres de l’APC ont été insultés. Nous dénonçons ce genre de comportement, nos fonctionnaires et notre SG sont compétents et intègres. Nous sommes pour des solutions concertées et pacifiques avec les comités de villages, le mouvement associatif et la population. Non à l’abus de pouvoir et non à la violence d’où qu’elle vienne».

A signaler que d’autres élus, même ceux de l’opposition, ont pris la parole et dénoncé un «blocage administratif», appelant à des solutions «pacifiques» pour la prise en charge des préoccupations des citoyens et assurer le développement de la commune des Ath Douala. Un débat avec la population a également été engagé, avec l’intérêt de la commune comme principal sujet.

A rappeler que les élections locales du 23 novembre 2017 ont donné une majorité de sièges à la liste indépendante «Timlilit» avec 5 sièges. Le FFS a lui aussi obtenu 5 sièges, mais avec moins de voix. Le RCD a eu 4 sièges, le RND 3 et le FLN 2. Une alliance s’est constituée entre la liste indépendante, le RCD, le RND et le FLN. Les élus du FFS ont eux préféré rester dans l’opposition.

Hocine T.

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