Par DDK | 25 Aout 2018 | 1786 lecture(s)

Santé - 41 cas confirmés à travers les wilayas d’Alger, Blida, Bouira et Tipaza

Alerte choléra !

Le ministère de la Santé et de la réforme hospitalière a annoncé officiellement avant-hier, l’existence de 41 cas de choléra, qui ont été confirmés par les analyses bactériologiques parmi les 88 personnes hospitalisées dans les wilayas d’Alger, Blida, Tipaza et Bouira.

Vingt-deux de ces cas ont été confirmés parmi 50 patients issus de la wilaya de Blida, 11 cas parmi 18 patients issus de Tipaza et 5 cas parmi 14 patients issus d’Alger, indique le rapport de l’Institut Pasteur d’Alger, dont le directeur M. Zoubir Harrat était également présent à la conférence de presse.

Dans la wilaya de Bouira, trois cas sur les six suspects ont été confirmés, dont une personne est décédée. Tous ont été transférés vers l’hôpital spécialisé d’El Kettar à Alger, où ils ont été mis en quarantaine et pris en charge.

D’après le directeur de l’Institut Pasteur, plusieurs critères environnementaux peuvent expliquer cette contamination.

A commencer par la piste de la contamination des sources d’eau potable non-contrôlées, ou bien même par la consommation de fruits ou légumes irrigués avec des eaux non-propres ou carrément des eaux d’assainissement.

La transmission par promiscuité est le troisième facteur soulevé par le même intervenant, qui soulignera que cette maladie est cernée actuellement dans un cercle familial, puisque la majorité des personnes contaminées sont issues des mêmes familles : «Les résultats des analyses bactériologiques ont confirmé l’existence des vibrions cholériques dans les selles des malades mis en quarantaine dans les quatre wilayas. L’origine de cette épidémie est différente pour chaque groupe. A Boufarik, dans la wilaya de Blida, nous redoutons la contamination de l’eau potable, puisque, au niveau du quartier où les personnes habitent, les points d’alimentation en eau potable ne sont pas contrôlés. A Bouira, la piste de la contamination par eau potable est à exclure, puisque les analyses de l’eau potable que nous avons effectuées ont été négatives, et nous redoutons une contamination d’abord par la consommation d’un produit alimentaire comme un fruit, qui a été irrigué avec de l’eau impure ou d’assainissement, ensuite, le virus s’est transmis dans la même famille par proximité, ou même lors des visites à l’hôpital. D’ailleurs, les cas qui ont été enregistrés à Alger, dans la localité de Baraki, sont dus à ces visites, puisque les patients ont été contaminés après avoir visité leurs proches malades à l’hôpital d’Aïn-Bessem à Bouira», a déclaré M. Harrat, qui précisera que l’origine exacte de cette épidémie n’est toujours pas connue et l’enquête épidémiologique suit son cours actuellement : «La présence de cette épidémie est surveillée autour de 20 points d’eau non contrôlés, surtout à Boufarik, et ce, en plus des analyses de certains produits alimentaires, comme les fruits et légumes».

Tout en appelant à plus de vigilance et au respect des normes d’hygiène, le directeur de l’institut Pasteur, n’a pas exclu l’existence de porteurs sain de ce virus : «A chaque fois qu’un cas a été signalé, nous avons fait subir des analyses à l’ensemble des membres de sa famille et de son entourage direct. L’existence de porteurs sains de virus n’est pas à exclure, et cela peut s’avérer plus dangereux, puisque un porteur sain ne manifeste presque aucun syndrome mais transmet le virus à d’autres personnes. Nous appelons ainsi les algériens à redoubler de vigilance et à respecter les normes primordiales d’hygiène», a-t-il enfin précisé.

De son côté, le directeur de la prévention auprès du ministère de la Santé M. Djamel Fourar, a assuré que les résultats des analyses ont confirmé que les cas d’intoxication admis aux hôpitaux d’Aïn-Bessem et de Boufarik, étaient dus à une épidémie de choléra : «L’Institut Pasteur a expliqué avoir découvert des vibrions cholériques dans les selles des malades mis en quarantaine. En attendant les conclusions finales de l’enquête épidémiologiques, notamment pour connaitre les causes de cette maladie, nous avons renforcé le contrôle sur les produits alimentaires dans les zones touchées, et nous sommes actuellement en phase de recensement de l’ensemble des points d’eau non-déclarés. Je tiens à rassurer les citoyens, que l’eau potable de l’ADE et de la SEAAL est sans risque, et les cas de contamination sont essentiellement intrafamiliaux pour le moment, et la situation est sous contrôle», a-t-il déclaré.

Interrogé sur la situation des personnes hospitalisées au niveau de l’hôpital d’El Kettar, M. Fouar fera savoir que 18 personnes ont déjà été traitées et ont quitté l’hôpital : «Le premier cas a été signalé à Aïn-Bessem dans la wilaya de Bouira. Ce dernier, un homme de 47 ans a transmis le virus à des membres de sa famille à Bouira et à Alger, c’est presque similaire dans les wilayas de Blida et Tipaza. 41 cas ont été confirmés par les analyses bactériologiques et ont subis le traitement nécessaire. Un tiers de ces patients sont des enfants de moins de 12 ans. Actuellement 18 personnes ont été traitées et ont quitté l’hôpital, en attendant la guérison des autres cas», a-t-il aussi souligné.

Oussama Khitouche

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