Par DDK | 25 Aout 2018 | 3427 lecture(s)

La maladie refait son apparition en Algérie 20 ans après son éradication

Choléra : Ce qu’il faut savoir…

Qu’est-ce que c’est ?
Le choléra est une maladie infectieuse liée à une bactérie : le vibrion cholérique. Elle est responsable d’une diarrhée hydrique majeure dite « cholériforme » dont la gravité est liée à la déshydratation rapide et très importante qu’elle engendre. C’est une maladie très contagieuse à transmission fécale-orale : elle se transmet par les mains sales ou par contamination alimentaire (aliments souillés) et hydrique (eau contaminée). Le principal réservoir du vibrion cholérique est l’Homme : un malade peut éliminer jusqu’à 1010 vibrions par millilitres de selles dans les formes graves. Il existe également des porteurs sains qui participent à sa dissémination. Le vibrion cholérique est présent dans les eaux saumâtres des estuaires dont il va contaminer les fruits de mer, ceux-ci pouvant être à l’origine de cas humains. La phase d’incubation dure de 5 à 6 jours.

Qu’est-ce que je ressens ?
La diarrhée et les vomissements sont les principaux symptômes du choléra. Le principal signe clinique est une diarrhée de type cholériforme caractérisée par : Une diarrhée profuse (pertes de 10 à 15 litres par jour), aqueuse à type de selles « eau de riz », afécale (c'est-à-dire sans présence de selles), de survenue brutale, sans signes avant-coureur ; Des vomissements ; Peu de douleurs abdominales ; Pas (ou peu) de fièvre ; Des signes de déshydratation d’apparition rapide parfois sévères : collapsus cardio-vasculaire (hypotension majeure voire décès), anurie (c'est-à-dire absence d’urines). Il existe aussi des formes bénignes, beaucoup plus fréquentes, qui donnent un tableau de diarrhée banale. Ces formes participent à la dissémination du vibrion cholérique et donc de la maladie.

Comment le mal agit ?
L’intestin grêle a pour fonction l’absorption des nutriments apportés par l’alimentation. Il reçoit et absorbe tous les jours environ 9 litres d’eau provenant surtout des sécrétions du tube digestif. La diarrhée profuse du choléra n’est pas due à une lésion directe du vibrion cholérique sur les cellules de l’intestin. Il sécrète une toxine qui dérègle le fonctionnement des cellules tapissant l’intestin grêle, ce qui entraîne la sécrétion active d’eau et d’électrolytes (c'est-à-dire d’ions tels que le sodium et le potassium) par l’intestin grêle et donc la déshydratation rapide du patient atteint.

Quels examens ?
Les examens pratiqués peuvent être de différentes natures. Devant une diarrhée cholériforme avec signe de déshydratation, on réalisera plusieurs examens : Une prise de sang afin de préciser l’importance de l’état de déshydratation qui fait toute la gravité du choléra. Un examen des selles à l’état frais : il permet de mettre en évidence très rapidement la présence de vibrions (bactéries en forme de virgule) dans les selles. Une coproculture (mise en culture des selles) qui permet d’identifier le vibrion cholérique et donc de confirmer le diagnostic de choléra.

Quel traitement ?
Le traitement du choléra repose essentiellement sur la réhydratation des patients par soluté de réhydratation orale (SRO) et si possible par voie veineuse, sous surveillance médicale. Il comprend également l’isolement des malades et la décontamination des selles et vomissements par eau de Javel. Le traitement comprend aussi, au second plan, derrière la réhydratation, un antibiotique par doxycycline ou fluoroquinolones pendant 3 jours.

Quelle prévention ?
La prévention repose sur : L’isolement des malades avec décontamination des selles et vomissements. Les mesures d’hygiène générale comme le lavage systématique des mains, le traitement des eaux usées, la construction de latrines dans les zones de regroupement humains isolées des points d’eau potable, l’hygiène alimentaire (peler les aliments et les laver à l’eau potable). Il existe une vaccination anticholérique mais le Conseil Supérieur d’hygiène publique de France stipule que celle-ci ne doit pas être proposée pour les voyageurs mais réservée aux personnels de santé amenés à travailler dans des camps de réfugiés en période épidémique.

Quelle évolution ?
Le choléra peut entraîner la mort L’évolution spontanée de la maladie, sans traitement, est responsable de tableaux de déshydratation majeure et rapide avec une mortalité de l’ordre de 50%. La mort survient rapidement par collapsus cardio-vasculaire en 1 à 3 jours. Quand le traitement est accessible (réhydratation), la mortalité chute à 1 ou 2%.

In le Figaro Santé

0