Par DDK | 27 Aout 2018 | 2913 lecture(s)

EL-ESNAM - Ouverture d’une piste entre Aït Ergane et Tikjda

Les appels à l’arrêt des travaux se multiplient

L’affaire de l’ouverture d’une piste à partir du village d’Aït Ergane, une localité relevant de la wilaya de Tizi-Ouzou, vers le site de Tikjda, dans la wilaya de Bouira, continue de susciter des oppositions.

En effet et après l’opposition ferme signifiée par le parc national du Djurdjura (PND), c’est au tour des propriétaires des terrains piétinés par le passage de cette piste de monter au créneau pour réclamer l’arrêt des travaux et l’annulation carrément du tracé.

En effet, et dans une requête adressée au premier responsable de la wilaya de Bouira, les propriétaires de ces terrains qui relèvent de la commune d’El-Esnam réclament l’intervention des pouvoirs publics pour l’arrêt des travaux qu’ils jugent à leur tour «illicites et illégaux».

Les signataires de cette requête également paraphée par plusieurs associations de la commune d’El-Esnam, qualifient l’acte des villageois d’Aït Ergane de «double agression» sur le noyau central de la réserve nationale du Djurdjura et aussi sur des terrains privés : «Les villageois d’Ath Ergane ont ouvert la route vers Thighzert (Tikjda), qui relève de la commune d’El Esnam. Ils ont piétiné sur les propriétés privées sans que les propriétaires des terres traversées par la piste en question en soient informés ni consultés», lit-on dans cette déclaration, dont une copie nous a été remise hier.

«Le parc national de Djurdjura s’est opposé à cette initiative pour des raisons de préservation de la nature, la faune et la flore. Nous, citoyens de la commune d’El-Esnam et propriétaires des terres à Thighzert, nous opposons à ce projet parce qu’il s’agit d’une agression et d’une atteinte à la propriété privée. C’est vrai qu’une piste existait depuis toujours, mais il s’agit d’un chemin muletier emprunté par des randonneurs et des bergers. Cependant, si ce chemin sera bitumé, cela porterait atteinte à la nature, et nous luttons pour que le parc national de Djurdjura demeure vierge», ont-ils aussi affirmé.

Les rédacteurs ont, par ailleurs, souligné avoir déjà rejeté des appels pour un déplacement des citoyens d’El-Esnam vers le site de ces travaux, afin d’éviter toute forme d’affrontements avec les villageois d’Aït Ergane: «Nous essayons d’arrêter ce projet d’ouverture de piste par la voie pacifique et du dialogue et sans aucun affrontement. Nous appelons le wali de Bouira pour faire intervenir les services compétents dans les meilleurs délais, pour l’arrêt définitif des travaux et la remise en l’état des lieux», ont-ils ajouté.

Pour sa part, Hammouche Ainouche, président de l’APC d’El-Esnam, a affirmé que l’assemblée communale va se réunir incessamment en session extraordinaire et des décisions seront prises à ce sujet : «On a appelé toutes les parties concernées par cette affaire, y compris les villageois d’Aït Ergane et les autorités de la commune d’Agouni Gueghrane. Il doit y avoir deux solutions, l’une du côté des populations d’Ath Ergane et l’autre de notre côté. Nous avons besoin d’une solution définitive», a déclaré le P/APC d’El-Esnam.

Oussama Khitouche

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