Par DDK | 28 Aout 2018 | 2314 lecture(s)

Agouni Gueghrane lance aujourd’hui les festivité du centenaire de sa naissance

Slimane Azem fêté par les siens

Agouni Gueghrane est une région féerique sur les flancs de la montagne du Djurdjura, dans la daïra des Ouadhias, au sud du chef-lieu de la wilaya de Tizi-Ouzou.

Cette commune rurale est également connue pour l’hospitalité de ses habitants et pour avoir été un bastion de la glorieuse révolution de Novembre. Pendant la guerre de libération, la région avait été déclarée zone rouge et plusieurs de ses villages ont été bombardés par l’armée coloniale.

Aït Ergane, notamment, fut surveillé jour et nuit pendant toute la durée de la guerre et Aït el Kaid est réputé pour être un haut lieu historique. Mais le nom d’Agouni Gueghrane est également, et à jamais, associé à un véritable astre scintillant de la culture algérienne, un artiste qui a tracé les premiers sillons de la chanson kabyle.

Un chanteur qui fut le précurseur de la chanson engagée. Dans l’un de ses titres, en effet, il appelle "Les sauterelles" à quitter son pays. Il a également chanté l’amour et la patrie, écrit à profusion sur l’émigration, la misère et la séparation. On se souvient aussi de son talent d’acteur, avec des participations marquantes dans plusieurs sketchs et comédies.

Il s’agit bien sûr de Dda Slimane Azem. Un chanteur hors paire et un poète comme il n’en existe plus. Il a été chassé de son pays, s’est exilé en France, mais il n’a jamais coupé les liens avec sa Kabylie, son Algérie qu’il chérissait tant. Il a également inspiré, aidé et écrit pour un grand nombre de chanteurs kabyles.

A une certaine époque, ses chansons étaient interdites de passage à la radio et même interdite de vente sur le marché. Et jusqu’à présent, des années après sa mort, ses os n’ont toujours pas été rapatriés. Aucune stèle, aucun musée et encore moins une école ou un édifice quelconque ne porte son nom.

Est-ce de l’ingratitude ou veut-on tout simplement effacer son nom des mémoires ? A Agouni Gueghrane, hormis sa maison natale, presque en ruines, rien n’indique que l’on est dans la région natale de ce génie de la poésie. Il serait peut-être temps de réhabiliter ce géant de la chanson kabyle.

C’est ainsi que l’APC d’Agouni Gueghrane a décidé de célébrer, à partir d’aujourd’hui et pendant toute une année, le centenaire de sa naissance.

Hocine T.

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