Par DDK | 29 Aout 2018 | 1124 lecture(s)

Ouadhias

Hommage au regretté Ali Zamoum

Cela fait quatorze ans, jour pour jour, (28 août 2004 - 28 août 2018), qu'un grand chêne est tombé. Il s'agit d'Ali Zamoum, moudjahid, grand militant de la démocratie, des droits de l'homme et de toutes les causes justes, père des démunis et des orphelins. Le membre fondateur de l'association Tagmats a rendu l'âme à l'âge 71 ans. Pour ce quatorzième anniversaire de sa disparition, le bureau de la dite association a tracé un programme de commémoration. En effet, hier matin, les membres de Tagmats, à leur tête son président M. Mohand Akli Lanak, de nombreux citoyens et des amis se sont recueillis sur sa tombe au carré des martyrs de Tizi-N'Tletta, dans la daïra des Ouadhias. Après le dépôt de gerbes de fleurs sur sa tombe et celle de feu Belkacem Saâd (ex-président du comité du village d'Ighil Imoula qui lui succéda juste après sa disparition) et la lecture de la Fatiha, une collation fut offerte à l'ensemble, par Nna Ouiza (veuve d'Ali Zamoum). Dans son intervention, le président de Tagmats a rendu un vibrant hommage au défunt Ali Zamoum, qui s'est engagé dès son jeune âge dans le mouvement national, puis, dans la guerre de libération nationale et qui, après l'indépendance, s'est consacré au développement de la région, notamment son village natal, Ighil Imoula, créant ainsi Tagmats pour prendre en charge les démunis, les malades, les veuves et les orphelins. «Nous sommes toujours sur les traces de notre père Ali Zamoum. Notre association poursuit toujours ses actions de solidarité avec les couches sociales les plus démunies. Nous avons encore d'autres projets à l'avenir, pour honorer, comme il se doit, la mémoire de Dda Ali», dira encore M. Mohand Akli Lanak. Pour la deuxième activité, la procession s'est inclinée, au carrefour de la RN30 (Tizi N'Tletta) vers Ighil Imoula, devant la stèle dédiée à Dda Ali et au grand militant des causes justes et de l'amazighité, le regretté Lounès Matoub. A noter que cette stèle, souillée par des intégristes, a été restaurée par l'association. En dévoilant les portraits flambants neufs des deux grands hommes ? M. Lanak dira : «Dès aujourd'hui (Mardi) désormais, cette stèle est baptisée "Stèle de la liberté et de la fraternité". Ce nom n'est pas fortuit, les deux hommes portaient ces valeurs, et c'est aussi pour dire à ces personnes, que malgré leurs agissements négatifs relevant d'un autre âge, ces deux valeurs rempliront nos cœurs et ceux de toutes les personnes éprises de liberté et de fraternité.» Le président de Tagmats annoncera au passage que le prix Ali Zamoum sera attribué incessamment, lors d'une autre occasion. Ali Zamoum est né un 20 octobre 1933 à Boghni. Fils d'un instituteur et frère de Mohamed Zamoum, alias colonel Si Salah, il est inscrit à l'école de Boghni qu'il quittera à quatorze ans. D’un village où bouillonnait le mouvement national, il fit ses premiers pas aux côtés des militants de la cause nationale. En 1953, il fut arrêté et condamné à une année de prison pour avoir fourni des documents administratifs à l'organisation. A la fin du mois d'octobre 1954, il fut l'artisan de l'impression d'un document essentiel "la déclaration du premier novembre" que lui remit Krim Belkacem dans une maison de son village en présence du journaliste Mohamed Laïchaoui. Ce document fut alors diffusé à l'échelle nationale annonçant le déclenchement de la guerre de libération nationale, la nuit du 31 octobre au premier novembre 1954. Quatre mois après, Dda Ali fut arrêté et condamné à mort, passant sept ans dans des prisons d'Algérie et de France. A l'indépendance, il quitta les rangs de l'ALN car, pour lui, le devoir était accompli. Il occupa pour une courte durée le poste de préfet de Tizi-Ouzou avant de rallier d'autres institutions de l'Etat (ministère du Travail et des Affaires Sociales). Il devint ami avec Kateb Yacine avec lequel il partagea une aventure théâtrale. A la retraite, il se consacra à la culture et aux actions de solidarité avec la création de l'association Tagmats. Il laissa derrière lui un livre-témoignage "Tamurt Imazighen. Mémoires d'un survivant 1940-1962", paru en 1993.

Amar Ouramdane

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