Par DDK | 29 Aout 2018 | 870 lecture(s)

Point d'ordre

Les squares de l’absence

Par S. Ait Hamouda
Il fut un temps où les jardins publics étaient un lieu où les gens prenaient du bon temps, se reposaient, où lisaient tranquillement un livre. Aujourd’hui, il n’y a pas de quoi fouetter un chat galeux, ni de quoi se sustenter d’un moment de repos, quant à prendre ses aises, se détendre, s’attendrir, il y a loin de la coupe aux lèvres. Il se peut que tous les espaces réservés à la détente se soient mués en réserves, promus au non-repos et à la débandade immodérée, à la gloire de l’agression et aux ordures. Il en reste quelques poches de sérénité, toutefois rarissimes, mais de peu de délassement. Qu’on en juge, par leur aspect, ils sont sales et jonchés de toutes sortes de détritus, que l’on se croirait dans un véritable dépotoir. Réaliser le pour et le contre, dans ces situations, malheureuses, où le bien est reclus dans les méandres de l’incertitude et le mal trône comme une fleur qui pousse sur le tas de fumier. Les jardins de son enfance, on en a oublié leurs senteurs odorantes qui vous flattent le nez et qui vous mettent dans un état d’extase. Pour l’heure, il n’y a plus rien à attendre de ces squares qui puent par certains endroits et dont l’arbre est absent. Que faut-il faire par ces temps ? Pas grand-chose parce que les autorités ont perdu le sens du beau, le sens du parfait, de l’idéal et condamnent le citoyen à attendre l’arrivée de Godot qui, manque de pot, ne viendra jamais. Qu’à cela ne tienne, qu’il surgira du néant ce sublime personnage qui n’existe que dans l’imagination de certains, ou se présente à tout hasard en plein milieu de ce qu’on croit être la sublime issue pour remettre les choses en place et rendre à la nature son dû. Qu’importe les sereines roses qui ne sont plus ou les jardiniers qui n’existent pas, par les temps qui courent, on laisse flétrir les tendances au repos pour ne plus sentir que les relents de rejet et on se fera à ce qu’indique le moment, tantôt nauséabond et tantôt fétide pour qu’à la fin on saura qu’elle est l’utilité des jardins.

S. A. H.

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