Par DDK | 29 Aout 2018 | 887 lecture(s)

BOUIRA Les rares jardins publics dans un état de dégradation avancé

Des espaces publics à valoriser et à protéger

Manque d’entretien, manque d’hygiène et envahissement d’animaux sauvages, dégradations multiples, absence d’animation ou encore absence d’équipements, d’éclairage et de sécurité, sont certains des fléaux qui touchent les rares jardins publics, implantés dans les centres urbains. En effet, et hormis deux jardins publics situés au chef-lieu de la wilaya (le premier à proximité du siège de la wilaya et le deuxième à côté de l’université), qui sont généralement bien entretenus et accueillent d’une manière permanente des familles et des jeunes à la recherche de divertissement et d’air frais, la totalité des jardins publics de la wilaya se trouvent dans un état lamentable. Certains de ces lieux de repos, existant depuis l’ère coloniale, comme ceux des villes d’Aïn-Bessam et de Sour El-Ghozlane, sont carrément menacés de disparition en raison du manque d’entretien, des actes de vandalisme et de dégradations avancées. L’exemple qui illustre le plus cette situation catastrophique, demeure celui du jardin public Si El-Houas du centre-ville de Bouira. A l’abandon, malgré sa récente réhabilitation réalisée avec une cagnotte de 40 millions de dinars, inscrite l’année dernière sur le budget de la commune de Bouira. En effet, et une année seulement après sa réouverture, le jardin Si El-Houas se trouve dans un état déplorable retrouvant l’image dont-il se trouvait depuis les années 1980. Sans éclairage, ni clôture, ses espaces verts et même ses arbres centenaires risquent de disparaitre. A l’intérieur de ce jardin, connu pour être un repère de l’ancienne ville et un lieu de rencontre surtout pour les retraités de cette commune, on ne trouve ni chaise, ni poubelles, ni toilettes ni éclairage, ni le moindre équipement. Les nouveaux équipements installés dans le cadre de l’opération de réhabilitation, sont presque tous saccagés ou vandalisés. L’hygiène manque affreusement et l’intérieur de ce jardin est jonché d’ordures et de déchets abandonnés par les visiteurs dans tous les coins. Cette insalubrité est aussi due à l’absence d’opérations quotidiennes de nettoyages et d’entretien de la part des ouvriers municipaux. Même constat pour l’ensemble des jardins publics de la wilaya. A Aïn-Bessam, le jardin du centre-ville n’est pratiquement plus visité par les riverains ou même les étrangers, car fermé depuis longtemps. Les seuls accès possibles à ce jardin historique, qui englobe également l’ancienne chapelle de la ville, demeurent deux petits commerces exploités comme cafeteria et restaurant. Ces deux commerces qui offrent un accès direct à ce jardin, contrôlent les horaires d’accès. Des accès réservés ‘’exclusivement’’ à leurs clients. Au jardin public de la ville de Lakhdaria, et en plus des problèmes de dégradation et de l’absence d’entretien, on signale un autre problème : celui d’un envahissement par de grands nombres d’oiseaux, qui salissent l’intérieur et les alentours de ce jardin. Ces grands oiseaux, connus sous le nom scientifique d’Aigrettes garzettes, ont pratiquement rendu impossible l’accès à ce jardin, pour les citoyens en quête de repos et d’air frais. Malgré des occasionnelles actions de nettoyage, initiées par les autorités locales, les jardins publics et les rares espaces de repos dont disposent les localités de la wilaya, se retrouvent rapidement dans le même état d’abandon. Dans certaines localités, ces jardins et espaces publics sont ‘’occupés’’ par des groupes de jeunes et même de dealers, qui s’adonnent à la consommation publique de drogues et d’alcool, au grand dam des riverains, qui ne disposent pratiquement plus de lieux publics de détente. De l’avis de tous les citoyens de la wilaya, les pouvoirs publics ainsi que les autorités communales, devraient adopter une nouvelle gestion, pour la valorisation et la protection de ce patrimoine menacé par plusieurs fléaux dangereux.

Oussama Khitouche

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