Par DDK | 1 Septembre 2018 | 806 lecture(s)

Point d'ordre

Des universités d’été pour ?

Par S. Ait Hamouda

Les universités d’été qu’organisent des partis politiques ont à priori, pour objectif de former leurs jeunes militants à la compréhension et aux arcanes de la chose politique. Il y a des conférences, des tables rondes et des ateliers qui sont animés par des spécialistes en la matière, quel que soit le parti et quelle que soit son obédience. En principe, elles sont faites pour préparer les militants et sympathisants aux méandres de la sociologie, de la culture, de l’économie, des dogmatismes politiques et aux subtilités politiciennes. Cependant, dans la réalité, ils sont rares, particulièrement de nos jours, les partis qui invitent des intervenants calés dans leur domaine à leurs rencontres estivales. C’est plutôt à des colonies de vacances, pour adultes, qu’ils sont conviés à assister, à bronzer, à rôtir au soleil, à se reposer puis à rentrer chez eux, repus de stratégies guerrières, remplis de haines contre l’autre et saturés d’égocentrismes les plus étroits. Ceux qui connaissent, peu ou prou, les méthodes de ces joutes, savent très bien qu’il n’y a aucun savoir à en tirer sinon l’apprentissage de la discipline organique, de se comporter en soldat de son parti ou en mouton dans le meilleur des cas. Cela peut servir intramuros une formation qui cultive, pas la démocratie, pas le droit à la différence, pas le devoir de mémoire, et pas la culture républicaine et la citoyenneté. Chaque participant sortira de ce séminaire avec des œillères plus sévères que celles qu’il portait quand il est rentré. Toutefois, l’université d’été ne concerne pas seulement les partis politiques, elles concernent aussi les organisations civiles, des droits de l’homme, économiques, sociales, culturelles et regroupent des responsables, des adhérents, des étudiants. On se réunit dans une ambiance de vacances et on s’imprègne des obligations à venir. Ce qu’il faut savoir des tenants et aboutissants des problèmes qui concernent la société dans son ensemble. Mais il y a des choses qui manquent pour en faire une chaire digne de ce nom, les intervenants ne sont pas ce qu’on attend, ni en terme de compétence, ni en connaissances, ni encore en production de sens. Il s’agit en fait de rassemblement pour le rassemblement, point barre.
S. A. H.

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