Par DDK | 2 Septembre 2018 | 2759 lecture(s)

BOUIRA - La gendarmerie découvre des champs arrosés d’eaux usés

Des irrigations criminelles

La gendarmerie en opération, le week-end dernier, sur des champs agricoles des communes d’Aïn Laloui et Aïn Hdjar, a réquisitionné six pompes d’eau et saisi du matériel d’irrigation.

Des procès-verbaux ont été également établis contre ces agriculteurs indélicats. Ces derniers ont été pris en flagrant délit d’irrigation de leurs champs de pomme de terre avec des eaux usées. Ils seront poursuivis en justice pour ces faits. Il faut préciser que cette pratique malsaine est devenue monnaie-courante ces dernières années, notamment dans cette région des plateaux des Arribs. Malgré la mise en service du système du périmètre irrigué et la disponibilité des ressources hydriques, certains agriculteurs indélicats n’hésitent pas à utiliser les eaux usées des nombreux oueds de cette région pour irriguer leurs champs, particulièrement de pomme de terre. Après l’apparition des premiers cas de choléra dans la région agricole de Raouraoua, les services de la wilaya ont enfin décidé de passer à l’action, pour éradiquer ce phénomène néfaste et dangereux pour la santé publique. Des brigades mobiles composées d’inspecteurs de la direction des services agricoles, de celle de l’hydraulique et des services de sécurité, ont été constituées. Elles sillonnent les terrains agricoles de la wilaya et contrôlent le mode d’irrigation de chaque culture. Plusieurs agriculteurs de la région de Raouraoua ont jusque-là été verbalisés pour les mêmes motifs. 11 exploitants agricoles des communes de Bechloul et El-Esnam ont eux été interdits, provisoirement, d’irriguer leurs terrains, en attendant les résultats de l’analyse des eaux qu’ils utilisaient. Les inspecteurs redoutent par ailleurs une contamination par les rejets liquides d’une usine située à proximité de ces champs et des amas de déchets de l’abattoir stockés à proximité de ces exploitations des plateaux du Sahel. Même si les causes exactes de l’apparition de l’épidémie du choléra n’ont toujours pas été déterminées, l’irrigation avec des eaux usées demeure mise en cause.

Oussama Khitouche

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