Par DDK | 2 Septembre 2018 | 825 lecture(s)

Point d'ordre

Le choléra, on n’en veut pas

Par S. Ait Hamouda
Certaines cultures font peur. Elles sont certes propices à étancher la soif, comme la pastèque, pas bourrée de vitamines, mais elle remplit l’œil avec sa rougeur. Elle peut être vectrice de choléra quand elle est irriguée avec une eau usée. Et l’eau polluée d’où vient-elle ? Eh bien des caniveaux de proximité. Qu’à cela ne tienne, les agriculteurs protestent et écrivent au président de la République pour l’informer de leurs doléances, comme victimes d’accusations gratuites. Le directeur de la Seaal dit que l’eau est propre à la consommation, le ministre parle de situation maîtrisée, le directeur de l’institut Pasteur, placé entre deux feux, estime qu’il n’y a pas le feu en la demeure, les directeurs d’hôpitaux réduisent l’ampleur du choléra, le ministre de l’Agriculture rassure et promet de sévir au cas où… Où est la vérité dans tout cela ? Elle est là où elle devrait être. Pas loin, pas proche, pas à côté. Entre les trois, elle gambade. Elle se gave du risque que les Algériens prennent en écoutant ou en lisant les médias qui reprennent ce qu’annoncent les radios, télévisions et journaux et qui sont contradictoires. Arroser les pastèques et d’autres fruits et légumes avec des eaux usées est, au demeurant, criminel et la menace qu’ils couvent est d’autant plus dangereuse pour le bien-être des citoyens. Dans ce capharnaüm de contradictions à ne rien comprendre, on est mis dans une situation, pour le moins, paradoxale où l’on est dans un état de suspicion radicale. Dans une telle disposition où l’on n’arrive pas à juger qui a raison ou qui a tort. Cette calamité qui frappe l’Algérie n’est pas le fait du hasard, les hommes y sont pour quelque chose, les responsable aussi, au plus haut niveau, et là où chacun raconte ses sornettes à qui veut les entendre, il y a le risque pour tous. Que cela soit vrai ou même enflé, que ce qu’on devise sur le choléra et ses victimes soit palpable ou non, la réalité irrévocable est là qu’on s’en fasse ou pas, parce que le choléra, comme d’autres pandémies, est indésirable et on n’en veut pas.

S. A. H.

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