Par DDK | 6 Septembre 2018 | 1454 lecture(s)

Le point du jeudi

Les avocats du diable agissent en toute impunité

Par Sadek Aït Hamouda
Les avocats du diable se déchaînent à Constantine. Ils agressent des femmes, parce qu’elles vivent seules. De plus, ils veulent mettre de l’ordre dans notre désordre et mettre les femmes au pas. Cela veut-il dire que la femme n’est pas suffisamment mûre pour gérer sa vie comme elle l’entend ? Elle n’est pas assez grande pour, avec ou contre l’avis de son tuteur, décider de ce qu’elle veut ou pas? Une bande de voyous, qui n’ont rien compris à l’Islam, s’improvisent muftis obscurs ou avocats du diable, vont déranger des filles qui n’ont pas l’heur de leur plaire par leur comportement. Cela veut-il dire que l’homme est responsable de ce que fait et ne fait pas le sexe dit faible ? Qu’à cela ne tienne, ces moralistes à la petite semaine, dans l’Algérie du XXIe siècle, se donnent la stature de défenseurs du Créateur. Quel défenseur et quel «alem» qui ne connaît que dalle de ce qu’il veut défendre et se met dans la peau du défenseur, non par autorisation, permission ou agrément délivré par l’autorité suprême, mais tout simplement par un droit qu’il croit détenir. Cela ne signifie-t-il pas que n’importe quel farfelu quidam peut se comporter en maître de ces femmes et il avoir sur elles droit de vie et de mort ? Là où on croit posséder un droit sur tout, on doit, en principe, posséder au moins le Texte qu’on cherche à préserver dans sa sacralité ad verbatim, et non dans ses supposés, ou considérés, acquis par préscience. Ce qui en est détenu, est du Texte, le substrat d’un élément qui n’en fait pas la Parole de Dieu, mais de l’homme qui peut se tromper, peut se fourvoyer en conjecture aussi fausses les unes que les autres. Le divin est un concept et une donne auxquels tout le monde peut croire ou non, n’en déplaise à celui qui tient à la raison biscornue des mutants qui se considèrent avocat de Celui qui n’en a pas besoin.

S. A. H.

0